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  • Paroisse Saint Louis

Homélie du 2ème Dimanche du Temps ordinaire


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2ème Dimanche du Temps ordinaire


« Où demeures-tu ? »

Frères et sœurs,

Nous voici de retour dans le temps ordinaire pour quelques semaines, temps ordinaire qui nous amène à sanctifier, à rendre saint, le cours de notre vie ordinaire. Les textes que nous entendons aujourd’hui nous amènent à réfléchir sur notre condition de disciple de Jésus : comment devenons-nous disciples de Jésus et comment vivre cette condition de disciples ?

Le premier élément que nous pouvons noter est que devenir disciple implique d’entrer dans une relation personne avec Dieu. Dans la première lecture, le jeune Samuel au début, bien que vivant au Temple, ne connaît pas Dieu. Il ne distingue pas la voix de Dieu de celle du prêtre Élie. Dans l’Évangile, les deux disciples de Jean-Baptiste qui vont devenir disciples de Jésus, vont devoir s’engager personnellement au sens où Jésus ne les laisse pas Le suivre comme cela. Jésus leur demande : « Que cherchez-vous ? » C’est-à-dire : que voulez-vous ? qu’attendez-vous en devenant mes disciples ? Devenir disciple de Jésus, devenir chrétien, implique un engagement personnel pour suivre Jésus et présuppose en cela une relation personnelle avec Lui. J’ai eu dernièrement l’occasion d’évoquer la réalité de la déchristianisation de notre société et de notre pays. J’ai évoqué à cet égard à plusieurs reprises la catéchèse vide donnée pendant de nombreuses années qui pouvait prendre plusieurs visages : ou bien des cours d’histoire, ou bien des cours de morale du vivre-ensemble, ou bien des activités manuelles…bref, ce qui a surtout manqué est l’éducation à la prière pour permettre une vraie rencontre de Jésus, comme le petit Samuel le découvre dans la première lecture.

L’Évangile nous apprend en outre que pour devenir disciple de Jésus, il faut dépasser la question de ce que nous apporte la foi. Nous pouvons par exemple facilement en rester au fait que la foi m’apporte un bien-être, un mieux-être, une plus grande paix, un espace de respiration dans un rythme de vie soutenu…mais il faut aller plus loin et en arriver à la personne de Jésus. C’est d’ailleurs la réponse des deux disciples de Jean-Baptiste à Jésus. Ils ont compris et ils sont prêts à être disciples : ils ne répondent pas sur ce qu’ils attendent, mais sur le lieu où trouver Jésus : « Où demeures-tu ? » En répondant « Venez et vous verrez », Jésus leur précise que le lieu où trouver Jésus est de l’ordre d’une relation, d’une expérience à vivre. Nous dépassons ainsi le lieu géographique pour entrer dans une autre réalité qui est celle de la relation dans laquelle s’épanouit l’expérience de Dieu.

Cette relation se construit dans la prière. La prière est donc d’abord le lieu d’une rencontre au moins entre deux personnes : Dieu et moi. Avant d’être une obligation, un devoir, un engagement, la prière est le lieu d’une rencontre avec Dieu. Le récit de l’histoire du petit Samuel nous apprend que fondamentalement, la prière, avant d’être le lieu où je parle à Dieu, est le lieu où je me mets à l’écoute de Dieu, où je me rends disponible à ce que Dieu a à me dire : « Parle Seigneur, ton serviteur écoute. » Profitons-en pour revoir notre vie de prière : la vivons-nous comme le lieu d’une rencontre ? Est-elle un monologue ou réellement un dialogue dont Dieu a l’initiative ? Est-ce que je laisse d’abord l’initiative à Dieu ? La prière ne doit pas être une prolongation de son « moi », elle ne doit pas être d’abord une occasion de se chercher ou de se rechercher ou encore de mieux se comprendre, mais elle doit d’abord être la recherche de Dieu. Et c’est en trouvant Dieu que l’on se trouvera soi-même, que nous serons toujours plus en vérité avec nous-même.

Apprendre à écouter Dieu dans la prière suppose d’arriver à reconnaître sa voix et à la distinguer des autres voix : celle du prêtre Élie dans la première lecture, celle de Jean-Baptiste dans l’Évangile. Pour nous, cela peut vouloir dire apprendre à discerner la voix de Dieu de celles qui nous ont conduit à Dieu, de notre propre voix intérieure. Et cela s’apprend. Pour ce travail de reconnaissance, nous avons besoin de silence, d’écoute et de quelqu’un qui nous aide et nous apprend à reconnaître la voix de Dieu, comme le petit Samuel dans la première lecture.


Devenir disciple de Jésus implique que nous avons besoin des autres. Nul ne peut être disciple tout seul, tout comme nul ne se donne la vie à lui-même. Samuel a besoin du prêtre Élie ; André et un autre disciple ont besoin de Jean-Baptiste ; Simon a besoin d’André. La foi nous est transmise, nous la recevons, nous avons donc besoin des autres.

Ce dimanche, je vous propose de rendre grâce au Seigneur pour tous ceux qui nous ont permis de connaître Dieu et d’entrer dans une relation personnelle avec Lui.

Celui qui a rencontré Jésus de manière personnelle devient à son tour missionnaire : il conduit les autres à Jésus. Ainsi André va conduire son frère Simon à Jésus. Benoît XVI parlait ainsi de « disciple-missionnaire ». Le disciple accompli n’est plus seulement disciple, mais il devient missionnaire, permettant ainsi à l’autre de rencontrer Jésus. À nouveau, demandons-nous si nous avons nous-même été missionnaire autour de nous : avons-nous permis à tel ou tel de rencontrer personnellement Jésus ? Et si nous n’avons pas encore eu cette chance, prions pour ceux qui nous sont proches, dont nous aimerions qu’ils rencontrent personnellement Jésus. Je vous invite à prier particulièrement pour tous les enfants qui nous sont confiés au travers de la catéchèse : prions pour qu’ils découvrent en profondeur Jésus au travers de leurs années de catéchisme. Prions de manière plus générale pour que les chrétiens approfondissent leur vie de prière s’attachant toujours plus à Jésus et pour que les disciples que nous sommes donnent l’envie à d’autres de devenir aussi disciple de Jésus. Amen !

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