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  • Paroisse Saint Louis

Homélie du 2ème Dimanche de Pâques


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2ème Dimanche de Pâques

« Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas. ! »


Frères et sœurs,

L’épisode de Thomas nous montre à la fois le désir profond de toucher du doigt le mystère de la Résurrection pour y croire et à la fois le fait que Jésus est désormais accessible par la foi et par les sacrements.


La première partie de l’Évangile que nous entendons aujourd’hui nous montre Jésus Ressuscité transmettant les pouvoirs sacramentels à ses Apôtres : « Recevez l’Esprit-Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. » À première vue, il s’agit ici du pouvoir de remettre les péchés, donc du sacrement de la confession ; ceci-dit, cette parole de Jésus a également été interprétée comme l’institution par Jésus du sacrement de la confirmation, avec notamment cette invitation à recevoir l’Esprit-Saint et le fait que Jésus souffle sur eux. Dans cette perspective, St Jean met donc en lien le don de l’Esprit-Saint à la Pentecôte avec la Résurrection de Jésus, puisque cette scène se déroule le soir même de la Résurrection, pour montrer qu’il ne s’agit en fait que d’un seul et même mystère qui se déploie.


Mais la pointe n’est pas là. Ce que St Jean nous dit ici, c’est que les sacrements deviennent pleinement efficaces une fois la Passion et la Résurrection de Jésus effectuées. En clair, la grâce divine issue des sacrements, devient efficace une fois la Résurrection de Jésus passée, parce que les sacrements tirent leur efficacité et leur énergie, si l’on peut dire, de la Résurrection même de Jésus. Vous pourrez m’objecter que Jésus a institué l’Eucharistie avant sa Passion et sa Résurrection. Certes…mais Il dit bien à ses Apôtres : « Vous ferez cela en mémoire de moi ». Donc, si ce sacrement a été célébré une fois avant la mort de Jésus, il « n’entre en fonction » qu’après sa mort et sa Résurrection, comme actualisation de sa mort et de sa Résurrection.


Qu’il s’agisse ici dans l’Évangile du sacrement de la rémission des péchés ou de celui de la confirmation, ou des deux, la finalité est la même. Jésus souffle sur ses Apôtres. Peut-être le souffle renvoie-t-il à la Pentecôte comme évoqué plus haut ? En tout cas, le souffle renvoie surtout à la Création où Dieu transmettait son souffle de vie à l’homme qu’Il venait de créer. Il s’agit donc ici d’un geste de re-création, montrant ainsi qu’après la Résurrection de Jésus nous devenons des êtres re-créés, libérés du péché, lui-même évoqué dans la parole suivante de Jésus : « À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. » Les sacrements, qui tirent leur efficacité de la Passion et de la Résurrection de Jésus, nous libèrent de l’emprise du péché et contribuent à faire de nous des êtres nouveaux, re-créés dans la puissance de vie du Ressuscité. Ils nous donnent en quelque sorte accès au Ressuscité.


Regardons maintenant l’Apôtre Thomas et sa rencontre avec Jésus. Thomas n’est pas là lorsque Jésus Ressuscité apparait à ses Apôtres. Il va refuser de croire en la Résurrection de Jésus à partir du témoignage de ses amis. Avec Thomas, nous entrons dans ce que nous appelons la foi apostolique, la foi qui repose sur le témoignage des Apôtres. C’est, généralement, de cette manière-là que la foi nous a été transmise à chacun d’entre nous. Par la réponse que Jésus fera à Thomas « Cesse d’être incrédule, sois croyant », Jésus fait du témoignage des Apôtres un chemin d’accès à la foi en la Résurrection.


Pour autant, Thomas n’est pas pleinement engagé dans la foi : il doute, mais surtout il veut des preuves tangibles. Il n’accepte pas de recevoir des autres ; il veut maitriser. La foi consiste à accepter de recevoir des autres et à croire sans l’appui des preuves. L’épisode qui consiste à vouloir toucher les plaies de la Passion, à mettre les doigts dans le côté est intéressant à contempler. Le côté ouvert est celui duquel jailliront de l’eau et du sang, symboles des sacrements du baptême et de l’Eucharistie. Thomas nous dit par là qu’on accède au Ressuscité par les sacrements du baptême et de l’Eucharistie. Après avoir fait entrer l’Église dans la foi apostolique, Thomas nous révèle que l’accès au Ressuscité passe désormais par la voie sacramentelle. Par ailleurs, l’insistance à vouloir toucher du doigt les plaies de la Passion renvoie aussi Thomas à sa pauvreté, à sa désertion au moment de la Passion, à sa lâcheté. Il est certainement habité d’un sentiment de culpabilité. La Passion de Jésus le renvoie à sa pauvreté. C’est précisément en touchant les marques de la Passion qu’il trouve la guérison : il est renvoyé à sa lâcheté et en même temps il se rend compte de l’Amour que Jésus a pour lui en lui permettant de toucher ce qu’il a fui et en lui procurant le pardon et la guérison ; un peu comme Pierre à qui Jésus permettra de racheter par trois fois son triple reniement. Dans cette scène, tout est rempli de miséricorde, comme le signifie l’étymologie du mot : miseri-cor-dare : donner du cœur aux pauvres. Jésus donne son cœur, son Amour, à ceux qui se reconnaissent pauvres. La miséricorde n’est pas d’abord le fait que Jésus prenne pitié de la faiblesse de notre foi, de nos doutes ou de nos pauvretés, et qu’Il y réponde, mais le fait que c’est dans sa Passion que nous faisons l’expérience de notre indigence, de son Amour et de notre guérison.

Cet épisode évangélique nous redit que la foi en la Résurrection, accessible désormais par l’Église, le témoignage apostolique et la voie sacramentelle, passe par la Passion. Thomas a manqué la Passion : pour croire que Jésus est ressuscité, il doit toucher du doigt la Passion. La foi en la Résurrection passe par la Passion, parce que c’est dans la Passion que nous faisons l’expérience de notre pauvreté, de notre péché et de la guérison que Jésus nous offre. Prions pour tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, sont aujourd’hui rejoints par la Passion du Christ ; prions pour tous ceux qui n’ont pas encore rencontrés Jésus dans leur passion. La Passion et la Résurrection sont les deux volets de la manifestation de la miséricorde divine. Écoutons pour terminer les paroles du Seigneur Ressuscité à Sainte Faustine Kowalska : « Sache mon enfant que mon cœur est la miséricorde même. De cet océan de miséricorde, les grâces se répandent sur le monde entier. Aucune âme qui s’est approchée de moi, ne m’a quitté sans consolation. Toute misère sombre dans ma miséricorde, et toute grâce jaillit de cette source, salvatrice et sanctifiante. Mon enfant, je désire que ton cœur soit la demeure de ma miséricorde. Je désire que cette miséricorde se répande sur le monde entier par ton cœur. (…) Tu connais tout l’abîme de ma miséricorde, puise donc pour toi et spécialement pour les pauvres pêcheurs. Le ciel et la terre retourneraient plus vite au néant, avant qu’une âme confiante échappe à ma miséricorde. » Amen !

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