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Homélie du 2ème Dimanche de Pâques


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2ème Dimanche de Pâques


« Avance ta main et mets-la dans mon côté. »

Frères et sœurs,

Les Évangiles que nous entendons pendant ce temps pascal abordent tous la question de la corporéité de Jésus Ressuscité ; ce qui est un mystère. Que pouvons-nous en dire ? que le Ressuscité n’est plus marqué par les limites spatio-temporelles de notre temps. Jésus apparaît comme cela au milieu de ses disciples et Il s’en va de la même manière. Il peut apparaître à plusieurs personnes en même temps. Il a un corps qui a gardé les traces de la Passion (je reviendrai sur cet aspect plus loin). Parfois, Il mangera devant ses Apôtres pour bien leur montrer qu’Il n’est pas un fantôme et qu’Il a un corps. Mais la chose la plus surprenante, c’est que ses disciples, ses Apôtres, ne le reconnaissent pas. C’est-à-dire qu’on ne peut pas reconnaître le Ressuscité avec des critères humains, avec nos sens. L’accès au Ressuscité ne se fait désormais que par la foi. Il faut entrer dans le régime de la foi.

C’est ici précisément, frères et sœurs, que l’Apôtre Thomas est intéressant. Par ce qu’il est celui qui va résister au régime de la foi et qui va chercher à croire en la Résurrection à partir des critères habituels humains que sont son expérience, sa vue, son ouïe et son toucher. Jésus le fait entrer dans le régime de la foi : « Cesse d’être incrédule, sois croyant. » Mais pour croire en la Résurrection de Jésus, Thomas demande à voir les stigmates de la Passion : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas. » Il est curieux de voir que tous les Apôtres, les disciples, n’ont jamais voulu comprendre ce que Jésus leur annonçaient à propos de la Passion, que tous l’ont fuie, mais que finalement ils ont besoin d’en constater les traces pour croire que Jésus est ressuscité. En fait, ils nous redisent qu’on ne peut accéder à la Résurrection qu’en passant par la Passion. Il est vrai que pour que Jésus ressuscite, Il doit d’abord être mort. Alors, il nous faut bien prendre cette mesure, parce que, tous, nous aimerions vivre de la Résurrection ou encore accéder à la Résurrection sans passer par la Passion…mais, ce n’est pas possible. Du reste, Jésus l’a bien annoncé à ses disciples : « Celui qui veut être mon disciple, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. » Passion et Résurrection sont indissociables, et si notre expérience nous amène à rencontrer la Résurrection, comme Thomas, tôt ou tard, nous serons ramenés à la Passion.

Pour Thomas, l’entrée dans le régime de la foi a fait défaut parce qu’il a manqué la Passion, mais aussi parce qu’il refuse le témoignage des Apôtres. Nous touchons ici une réalité importante de l’accès la Résurrection : on accède à la foi en la Résurrection par le témoignage des Apôtres qui ont vécu la rencontre avec Jésus ressuscité. Lorsque dans le Credo, nous disons que nous croyons en l’Église une, sainte, catholique et apostolique, par l’adjectif « apostolique » nous voulons dire que non seulement l’Église repose sur les 12 Apôtres, mais encore que les vérités de foi qui nous sont enseignées par l’Église reposent sur les Apôtres qui les ont reçues de Jésus et nous les ont transmises. En étant guéri de son incrédulité, Thomas est aussi guéri dans son lien à l’Église. L’accès à la Résurrection de Jésus nous lie de manière intime à l’Église.

C’est sur ce dernier point que je souhaiterais méditer avec vous en ce dimanche : notre propre lien à l’Église. Par les Apôtres qui nous transmettent la Bonne Nouvelle de la Résurrection de Jésus, l’Église nous annonce la Résurrection. Le cas de Saul qui deviendra Paul est intéressant. Saul va faire l’expérience du Ressuscité de manière indépendante. Puis, une fois qu’il a été touché et converti par le Ressuscité, il va rejoindre l’Église pour en devenir un des premiers Apôtres. D’ordinaire, les gens adhèrent à la Résurrection par la médiation d’une personne de l’Église ; chez Saul, c’est l’inverse : son expérience du Ressuscité le conduit à adhérer à l’Église. Mais son cheminement confirme le lien entre la Résurrection et l’incorporation à l’Église.


Le passage d’Évangile de ce jour précise encore le lien avec l’Église. On peut dire que c’est avec cette apparition du Ressuscité que les sacrements deviennent efficaces. « Recevez l’Esprit-Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. » Dans cette parole de Jésus, nous voyons à la fois le don de l’Esprit-Saint aux Apôtres, ce qui correspond à l’institution du sacrement de la confirmation ; et nous voyons également la transmission aux Apôtres du sacrement de la rémission des péchés. Les sacrements deviennent efficaces suite à la Résurrection de Jésus ; ils tirent, pourrait-on dire, leur efficacité et leur force, de la Résurrection de Jésus. Ils découlent de la Résurrection en même temps qu’ils permettent d’en vivre, partiellement, une expérience. Je n’ai pas évoqué le sacrement de la messe, mais il s’agit de la même réalité. Le rite que Jésus a confié à ses Apôtres au soir du jeudi Saint devient maintenant pleinement efficace puisqu’il redonne de manière sacramentelle l’offrande de Jésus et les effets de sa Résurrection. Les sacrements qui découlent de la Résurrection de Jésus nous lient de manière encore plus forte à l’Église qu’ils contribuent à faire grandir.


Enfin ce lien à l’Église que la Résurrection de Jésus permet nous est montré dans la première lecture à travers une image, certes utopique, de la première communauté chrétienne où tout le monde vit dans l’amour les uns avec les autres, dans la paix, la prière, et met tout en commun. C’est une image idyllique parce que quelques pages après, il est question de personnes malhonnêtes qui vont détourner de l’argent à leur profit et qui d’ailleurs, mourront suite à cette malhonnêteté. Mais ce que St Luc nous dit derrière, c’est que le témoignage de cette communauté chrétienne est fondamental pour la croissance de l’Église : « Ils louaient Dieu et avaient la faveur du peuple tout entier. Chaque jour, le Seigneur leur adjoignait ceux qui allaient être sauvés. » Ils vivent tous de la Résurrection du Seigneur et, leur vie transformée, est appelante. Ce qui est derrière, c’est la manière dont les disciples vivent de la réalité de la Résurrection de Jésus ; et c’est cela qui est source d’appel à rejoindre la toute jeune Église. Alors nous, il est vrai que nous vivons dans le temps de manière beaucoup plus éloignée de la Résurrection de Jésus ; il est vrai que l’Église s’est accrue par rapport au temps des Apôtres, et avec cette croissance, les problèmes aussi. Mais ne perdons pas de vue que c’est notre manière de vivre en communauté les uns avec les autres qui sera source de croissance pour l’Église ; et ne perdons pas de vue que c’est notre manière de vivre de la Résurrection de Jésus qui est la source de tout. Si l’Église est dans nos pays, nos sociétés occidentales décadente et vieillissante, c’est qu’elle ne vit pas suffisamment de la Résurrection de Jésus, enferrée qu’elle est dans des problèmes internes, de rivalités, d’ego ou empêtrée dans le monde.

Frères et sœurs, demandons à Jésus Ressuscité d’être renouvelé par la puissance de sa Résurrection ; puisse-t-Il renouveler également notre lien à l’Église pour qu’elle redevienne pleinement le corps du Christ Ressuscité. Amen !

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