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  • Paroisse Saint Louis

Homélie du 2ème Dimanche de l’Avent


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2ème Dimanche de l’Avent

« Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. »


Frères et sœurs,


Aujourd’hui, nous retrouvons Jean-Baptiste, une grande figure de l’Avent, Jean-Baptiste qui nous invite à préparer les chemins du Seigneur, qui nous invite à nous convertir, c’est-à-dire, à nous tourner vers Dieu, à ré-orienter nos vies vers Dieu.

Préparer les chemins du Seigneur dans notre vie nous conduit à nous tourner vers Dieu, à nous convertir. Toute conversion passe par le fait de poser un regard vrai sur soir et donc par conséquent à reconnaître et à assumer son péché. C’est d’ailleurs le sens du baptême qu’administre Jean-Baptiste : il s’agit d’un baptême de conversion. Aujourd’hui, demandons-nous : est-ce que nous nous reconnaissons pécheur ? Il semble qu’une des difficultés actuelles de ce sacrement consiste justement dans la difficulté à se reconnaître pécheur, à identifier son péché. Un regard vrai sur soi, sur sa vie est nécessaire. Où n’avons-nous pas fait le choix de l’amour ? de la vérité ? du bien ? Le sens du péché diminue quand le sens de Dieu s’estompe. Le sens du péché diminue quand nos lois permettent et légalisent ce que la Loi de Dieu interdit. Loin de nous déprécier, de nous diminuer, le fait de reconnaître son péché est profondément libérateur et nous grandit. C’est le signe que nous sommes en vérité avec nous-mêmes, que nous avons la force et le courage de cette vérité. La diminution de la fréquentation du sacrement de la confession entraine une diminution du sens du péché et favorise une plus grande habitude et complicité avec son péché. Bien sûr, il y les gros péchés que nous pouvons commettre qui pèsent sur notre conscience, qui abîment ou cassent notre relation à Dieu ; mais il y a aussi tous ces petits péchés qui, sans casser la relation à Dieu, viennent l’abîmer et la salir. Jean-Baptiste reproche aux Pharisiens et aux Saduccéens d’être une ‘engeance de vipères’ ! Ces deux groupes très religieux tuent avec leur langue : la vipère tue avec sa langue. Voici un effort que nous pouvons faire par rapport à un péché que l’on trouve fréquemment dans les paroisses : les rumeurs, les ragots, parler sur les gens, mais pas aux gens…Ces péchés, même s’ils paraissent insignifiants, constituent un véritable poison qui détruit la charité et abîment les personnes (et accessoirement les paroisses…) Bienheureux ceux qui savent garder et habiter le silence !

Si se reconnaître pécheur est la première étape de toute conversion, reconnaître son péché ne donne pas le pardon ; c’est simplement l’étape préalable au pardon. Fondamentalement, on ne se donne pas le pardon à soi-même ; on le reçoit. Ceux qui ont fait l’expérience d’un pardon reçu et libérant savent combien il a été important pour eux d’entendre cette parole venant d’un autre : « Je te pardonne ». Le fait d’entendre cette parole et de recevoir le pardon d’un autre nous permet alors de nous pardonner à nous-mêmes. Nous touchons une réalité profondément chrétienne : nous avons besoin des autres pour nous libérer, pour vivre. L’altérité est nécessaire à la vie. Depuis quelques décennies, une conception protestante a gagné bon nombre de fidèles quant à la question du sacrement de la confession. On s’imagine se confesser tout seul, on s’arrange soi-même avec Dieu en se passant du ministère des prêtres. Cette dérive conduit à plusieurs impasses. La première, sur un plan exclusivement psychologique, réside dans le fait qu’il n’y a pas de libération profonde puisque nous avons besoin des autres ou tout du moins d’un autre pour se libérer. La deuxième, c’est que nous n’avons aucune certitude d’être pardonné. La troisième, c’est que cela revient à mettre de côté le rôle de médiateur et de rédempteur de Jésus. C’est Jésus qui pardonne les péchés. Ce n’est pas nous-mêmes. Nous pouvons pardonner les offenses, le mal qui a été fait, mais pas le péché en lui-même. Le pardon que Jésus nous offre découle de son sacrifice sur la croix : c’est son offrande qui rachète notre péché et notre monde et fait couler de la Croix cette parole : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. » Or, ce rachat, ce pardon nous est désormais donné à travers le sacrement du baptême (celui de Jésus évoqué par Jean-Baptiste dans l’Evangile) et après le baptême, par le sacrement de la confession.

Et si nous sommes dans un état de vie qui ne nous permet pas de recevoir l’absolution sacramentelle, cela ne nous empêche pas d’aller implorer le pardon de Dieu en faisant une démarche pénitentielle, nous souvenant, selon la phrase de St Jean, que « notre cœur aurait beau nous accuser, Dieu est plus grand que notre cœur et Il connaît toutes choses. » Dieu n’est pas enfermé dans les sacrements.

Il manque la dernière étape de la conversion : nous reconnaissons et nous assumons notre péché, nous recevons le pardon de Dieu et nous convertissons notre manière de vivre : « Produisez donc un fruit qui exprime votre conversion ! » lance Jean-Baptiste à ceux qui viennent recevoir le baptême de conversion. L’absolution sacramentelle a cette grâce de nous aider à mieux vivre et à lutter plus efficacement contre le péché : à travers cette grâce, Dieu vient nous aider à perfectionner notre vie. La pénitence qui nous est donnée contribue également, tel un médicament, à nous aider à guérir du péché et de ses conséquences. Mais nous pourrons faire tous les efforts que nous pourrons, avec l’aide de Dieu, nous savons que la perfection n’est pas de ce monde. La perfection réside dans les actes de charité que nous pouvons poser et qui transfigurent notre vie et rachètent notre péché. Nous sommes habitués à réfléchir sur la charité quant aux besoins humains; cependant il est une charité encore plus grande qui est de permettre à ceux qui ne connaissent pas Dieu de Le connaître. Nous pouvons alors reprendre cette invitation de Jean-Baptiste « Préparez le chemin du Seigneur » non plus seulement pour notre vie, mais pour la vie des autres. Comment préparons-nous le chemin du Seigneur chez les autres ? Comment les aidons-nous à s’ouvrir à la présence de Dieu en eux ? Ainsi, permettez-moi de vous suggérer quelques pistes paroissiales. Il serait bon de prier pour tous les enfants qui sont inscrits au catéchisme afin qu’au cours de ces années, ils rencontrent véritablement Jésus et qu’ils apprennent à aimer l’Eglise et leur paroisse. Nous pourrons à l’avenir proposer un parrainage spirituel entre les paroissiens et les enfants. Je vous invite aussi à prier pour les catéchumènes afin que le Seigneur puisse faire son chemin en eux et qu’ils puissent trouver leur place dans la paroisse. Et puis, nous pourrions prier pour tous les enfants de chœur afin qu’à travers leur service de l’autel, du prêtre, de l’assemblée, ils deviennent disponibles à ce que le Seigneur peut leur proposer comme chemin de vie. Le Seigneur n’a jamais arrêté d’appeler des hommes et des femmes à sa suite, mais ses appels ne sont plus forcément entendus, ni reçus ni soutenus !

Profitons de ce temps de l’Avent pour nous tourner vers Dieu, pour recevoir avant Noël le sacrement du pardon et pour travailler à l’avènement du Seigneur dans notre vie et dans celles de nos frères et sœurs. Amen !

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