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  • Paroisse Saint Louis

Homélie du 2ème Dimanche de Carême


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2èmeDimanche de Carême

La Transfiguration


Frères et sœurs,

Avant de prendre la route pour Jérusalem pour subir la Passion et pour souffrir, Jésus a voulu confirmer la foi de ses disciples en sa divinité. Finalement, Pierre, Jacques et Jean repartiront de cet Évènement avec cette parole entendue : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! »

Je voudrais entrer un peu avec vous dans cet Évènement sur-naturel qui défie notre logique et notre compréhension. Et je voudrais partir de la réflexion de Pierre qui dit à Jésus : « Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes. » Cette allusion aux tentes peut nous amener à penser que l’épisode de la Transfiguration se déroule lors de la fête juive des Tentes. La fête des Tentes est une fête de l’automne que l’on appelle Soukkhot. Les fêtes juives comportent toujours une triple dimension : elles proviennent de la célébration de la religion de la nature ; elles se transforment ensuite en souvenir de l’agir de Dieu dans l’histoire, pour devenir fête de l’espérance du Seigneur qui vient. Transposons : la fête des Tentes, avec son sacrifice de l’eau, permettait d’implorer la pluie nécessaire pour la terre desséchée et les récoltes à venir. Elle devient commémoration de la traversée du désert par le peuple d’Israël au cours de laquelle les Juifs habitaient sous des tentes (Soukkhot). Les tentes, cabanes, étaient le signe de la protection divine dans le désert, mais étaient aussi une préfiguration des tentes dans lesquelles les Justeshabiteront à la fin des temps. Et nous arrivons à la dernière dimension de la fête des Tentes : fête de l’espérance du Messie qui vient.

Ainsi, la signification est on ne peut plus claire : les réalités préfigurées par les rites de cette fête s’accomplissent en Jésus. Les Temps messianiques sont accomplis. Jésus est la tente sacrée dans laquelle Dieu habite. Ce que confirme la présence de la nuée qui renvoie à l’exode et qui est plus précisément le signe de la présence de Dieu qui guidait et protégeait son peuple au désert. La nuée qui réapparait lors de la Transfiguration confirme que le Christ est la nouvelle demeure de Dieu avec les hommes. La transformation de la blancheur du visage de Jésus et de ses vêtements vont dans le même sens : ces lumières éclatantes accompagnaient toujours les théophanies du Dieu d’Israël.

Jésus révèle donc son ici sa nature divine voilée de manière ordinaire sous les aspects de l’humanité, mais dévoilée ici quelques instants. Il redit sa divinité à Pierre, Jacques et Jean, afin qu’ils ne perdent pas de vue que, sous le drame de la Passion qui va avoir lieu, Dieu est pleinement présent et agissant en Jésus.

Outre la confirmation de la divinité de Jésus, le cœur du message de la Transfiguration réside dans l’invitation faite aux disciples à écouter Jésus. Ecouter ne veut pas seulement dire « entendre », cela veut dire entendre, suivre et obéir. Un peu comme dans l’épisode des pèlerins d’Emmaüs, où une fois que les disciples ont reconnu Jésus sous l’aspect du pain partagé, Il disparaissait à leurs yeux, Moïse et Elie vont disparaitre une fois la Parole du Père entendue : « Ecoutez-le ! » Certes, Dieu parlait à travers la Loi (Moïse), à travers les Prophètes (Élie), mais maintenant, Il parle par le Fils, par Jésus, et par conséquent, Moïse et Élie disparaissent. Profitons de ce temps de Carême pour écouter davantage Dieu, et notamment pour mieux écouter, faisons et habitons le silence. Sachons nous taire pour écouter la Parole du Seigneur qui nait toujours du silence. Profitons des messes de Carême, où le silence a une plus grande place, pour écouter le Seigneur qui murmure au fond de nos cœurs.


Sacrement des malades :

Alors que nous commémorons cet Évènement de la Transfiguration de Jésus, un certain nombre de nos frères et sœurs vont recevoir la grâce de Jésus au fond de leur être pour qu’Il vienne les soutenir de sa force, de sa Vie, et de sa paix à travers le sacrement des malades. Les sacrements, celui des personnes malades comme celui de l’Eucharistie, sont des sacrements qui nous transfigurent en Jésus. Prions pour nos amis qui vont recevoir ce sacrement dans la foi, afin qu’ils laissent pleinement Jésus se déployer en eux, pour que sa Puissance de Vie transforme et vainque nos forces de mort. Amen !


Engagement des charitons et parrainage des catéchumènes et des enfants de chœur :

L’écoute de Dieu nous conduit nous aussi à obéir au Seigneur, à ses invitations, un peu comme Abraham dans la première lecture. Aujourd’hui, l’écoute du Seigneur, l’attention portée à ses appels, conduit un certain nombre de nos frères et sœurs à prendre des engagements spirituels et caritatifs en ce temps de Carême au sein de la paroisse. Après le chant du Credo, deux parrainages spirituels auront lieu : des paroissiens volontaires ont accepté d’accompagner les catéchumènes de la paroisse, pour pouvoir répondre à leurs questions et leur permettre d’entrer plus facilement dans la communauté paroissiale ; d’autres paroissiens ont accepté de prier tous les jours pour un enfant de chœur, pour qu’il grandisse humainement et spirituellement en sagesse et dans une belle disponibilité à la volonté du Seigneur. Merci à vous, chers paroissiens qui avez répondu à ces appels. Présentez au Seigneur vos parrainés tous les jours ainsi qu’à la Sainte Vierge, afin qu’elle veille sur eux et protège leur foi et leur fidélité.

D’autres ont choisi de se mettre au service de nos frères et sœurs endeuillés, gratuitement, dans une société où la mort est de plus en plus l’objet d’un commerce, en entrant dans la confrérie de charité St Martin de la Paroisse. La confrérie de Vernon s’est éteinte il y a 127 ans et a recommencé tout doucement son service il y a un an avec 5 frères. Aujourd’hui, ces 5 frères confirment leur engagement au service de nos frères et sœurs défunts et de leurs familles et amis endeuillés, et 3 nouveaux frères vont entrer dans la confrérie. Ce service de la charité envers nos morts nous redit l’importance que les chrétiens accordent au respect du corps de l’homme, fait à l’image de Dieu, ainsi qu’à la promesse de la résurrection bienheureuse au terme de notre vie. Si le service des frères de charité dans nos campagnes normandes était vu il y a quelques siècles comme un rite viril du passage de l’adolescence à l’âge adulte, en se mettant au service des morts et des familles de défunts, ce service aujourd’hui manifeste la gratuité d’un temps qu’on donne pour accompagner le deuil et pour nourrir la foi en la Résurrection. L’Église classe ce service parmi les œuvres de charité corporelles qu’elle nous invite à pratiquer. Présentons au Seigneur ses humbles serviteurs qui s’engagent après tant de milliers de personnes qui les ont précédés pour que leur service serve la gloire de Dieu et le respect et la dignité de tout être humain. Amen !

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