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Actualités de la paroisse: Blog2

Homélie du 19ème Dimanche après la Pentecôte


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19ème Dimanche après la Pentecôte


« Amice, quomodo huc intrasti, non habes vestem nuptialem ? »


Frères et sœurs,


Cet Évangile peut nous surprendre parce qu’il peut nous donner l’impression que le Roi n’est jamais content : il n’a de cesse que de vouloir que la salle des Noces soit remplie et pour cela il envoie ses serviteurs chercher au loin les invités, et alors qu’il devrait être content que des invités soient venus, il va en mettre dehors parce qu’ils ne se sont pas habillés correctement. Une lecture à un premier degré peut nous donner l’impression que ce Roi est injuste. Nous pouvons lire d’une autre manière cette parabole et y voir les multiples alliances que Dieu a conclues avec le peuple juif, qui finalement n’accueillera pas, dans son ensemble, le Messie, ce qui constituera la cause de l’ouverture de la foi aux païens. Par son refus, le peuple d’Israël se condamnera aux ténèbres, évoquées par Jésus dans le passage d’Évangile, et la colère du Roi qui envoie des troupes pour exterminer les meurtriers et raser la ville peut être une annonce du massacre des Juifs et la destruction du temple de Jérusalem en 70 après Jésus-Christ par les armées de l’empereur Titus.


Pour ma part, au-delà de ces lectures, je voudrais attirer votre attention sur l’appel continu et inlassable de Dieu qui veut que la salle des Noces de son Fils soit pleine. Dans l’Évangile, le Roi lance par trois fois des invitations ; il ne se résout pas au refus des invités. Cette persévérance à inviter est l’image de Dieu qui inlassablement nous appelle au salut et ne s’arrête jamais à nos refus. Et si par malheur, il nous arrivait de passer à côté d’ une invitation de Dieu, n’ayons pas peur, Il reviendra. Ce n’est jamais Lui qui ferme la porte.

À travers cet appel continu, nous voyons également que Dieu appelle en allant toujours plus loin. Il envoie ses serviteurs aux carrefours ; les carrefours, ce ne sont pas forcément les périphéries géographiques chères au Pape François ; il peut s’agir également des carrefours de l’existence, des moments où dans notre vie, nous ne savons pas quelle direction prendre, des moments où nous sommes perdus, des moments où nous avons des choix à poser. En somme, nous pouvons retenir que l’appel de Dieu est universel ; personne n’en est exclu.


La Parabole nous montre après différentes réponses à cette invitation. Il y a ceux qui déclinent, ceux qui vont tuer et ceux qui vont accepter. Ceux qui déclinent sont ceux qui ne sont pas intéressés ou encore ceux qui ont toujours une bonne excuse pour faire passer autre chose avant. Mais, Frères et sœurs, si nous regardons bien dans nos vies, nous pouvons tous avoir toujours quelque chose d’autre à faire avant de répondre à l’appel de Dieu : ou bien c’est la fatigue, ou bien des raisons personnelles. Mais nous pouvons toujours trouver de bonnes raisons. Jésus ne nous dit pas que tout ce qui fait notre vie n’est ni intéressant ni important, mais Il nous appelle à Le mettre en premier. Si nous lisons cette invitation aux Noces comme une invitation à la messe où se réalise les Noces de Jésus avec notre humanité en même temps que s’actualise notre communion à ces Noces, nous demeurons frappés aujourd’hui de constater que l’immense majorité des baptisés ne pratique pas le dimanche et trouvera toujours de bonnes raisons pour justifier leur non-pratique. Il y a aussi ceux qui trouveront toujours de bonnes excuses pour ne pas répondre aux appels lancés par l’Église pour prendre part au travail de la Vigne. Et pourtant, avant de rendre un service à l’Église, travailler à la Vigne est d’abord une grâce et un honneur que Dieu nous fait, car nous ne méritons rien.


Après, il y a ceux qui vont tuer. Ceux qui vont tuer, ne s’inscrivent pas dans la même ligne que ceux qui se défaussent, qui ne vont pas au bout. En tuant, ils éliminent ce qui vient leur rappeler qu’ils ne sont pas à leur compte. Il y a la volonté de faire disparaître ce qui nous rappelle que nous dépendons ultimement de Dieu, que nous nous recevons d’abord de Dieu puis des autres. Sans forcément arriver à avoir de la haine contre Dieu, ceux qui tuent les serviteurs sont aussi ceux qui estiment ne pas avoir besoin de Dieu, ceux qui se suffisent à eux-mêmes, qui sont leur propre référence et norme. On peut appeler ce danger le Pharisianisme. Ce danger peut tous nous guetter et il nous guette non pas dans tel ou tel groupe d’Église, mais il nous guette dès l’instant que nous nous prenons pour la norme de ce qui est bien et juste ou dès l’instant que nous prétendons être la norme de Dieu. Dans l’Évangile, les Pharisiens sont persuadés d’être dans le vrai et d’avoir la juste compréhension et application de la Loi. Et pourtant nous voyons combien Jésus a corrigé leur manière de voir et de vivre. Peu nombreux sont ceux qui étaient réellement ouverts à Dieu et qui ont accepté de bouger. Frères et sœurs, nous pouvons avoir des convictions, des choses auxquelles nous tenons, des affirmations que nous tenons pour justes ; il n’empêche qu’il faut toujours avoir l’humilité de ne pas nous mettre à la place de Dieu et laisser à Dieu sa place. Sinon, malgré nos meilleures intentions, la meilleure pratique, nous risquons de nous mettre à la place de Dieu et en fait d’instrumentaliser Dieu.


Enfin, la Parabole nous évoque ceux qui vont répondre à l’invitation du Roi, mais qui ne prennent pas au sérieux l’invitation en ne revêtant pas la robe nuptiale. Il faut tout d’abord nous redire que l’invitation qui nous est faite n’est ni plus ni moins qu’une invitation à vivre de la vie divine. C’est de cela dont il est question. Après, nous pouvons nous interroger sur ce qu’est la robe nuptiale. Le vêtement des Noces, c’est le vêtement du baptême qui nous fait entrer dans les Noces entre Dieu et son peuple. Plus qu’une tenue vestimentaire au sens strict, il s’agit ici d’une invitation à vivre son baptême en convertissant sa vie, sans arrêt, jusqu’à rencontrer Dieu. St Paul nous éclaire sur le contenu de la conversion du disciple de Jésus : « Renouvelez-vous dans l’esprit de votre intelligence et revêtez l’homme nouveau. » À nouveau, il est question de vêtement. L’homme nouveau est l’homme qui vit de la vie nouvelle de Jésus, qui a été libéré et délivré du péché, et qui ne cesse de mourir au péché pour vivre selon la grâce. La vie baptismale, nourrie par le sacrement de la Sainte Communion, est ce qui fait de nous des hommes nouveaux. Cette nouveauté nous est donnée ; nous n’avons pas à la créer ; il nous faut simplement l’accueillir, la laisser se développer et ne pas la bloquer. Elle grandit dans et par la conversion.

St Paul termine son exhortation en nous invitant à modifier notre manière de vivre ; puisque nous sommes déjà des êtres nouveaux, il nous appelle à vivre dans la vérité les uns envers les autres et dans la charité. Telles sont les exigences liées à l’invitation aux Noces. Un chrétien qui ne se convertit pas ou qui refuserait de travailler à sa conversion est un chrétien qui passe à côté de l’invitation au Salut que Jésus lui offre. C’est un chrétien qui va mourir.


Frères et sœurs, prenons au sérieux l’invitation qui nous est faite ; soignons notre réponse à l’invitation du Seigneur et nous pourrons vivre de la vie divine offerte en Jésus. Amen !


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