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  • Paroisse Saint Louis

Homélie du 15ème dimanche du Temps Ordinaire


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15ème Dimanche du Temps Ordinaire



Frères et Sœurs,

« Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » « Avoir en héritage la vie éternelle… » Voici une question ambigüe. La vie éternelle ne s’achète pas. Elle s’accueille ! Elle est un don de Dieu, pas quelque chose que l’on gagnerait à la force du poignet. La réponse, Jésus la donne : aimer. Pour entrer dans la vie éternelle, il faut aimer : aimer Dieu et aimer son prochain. L’amour appelle une attitude de décentrement de soi. Quand on aime, on se décentre de soi pour se donner à d’autres. L’amour repose fondamentalement sur une logique de dépossession, non d’acquisition, d’héritage.

Arrêtons-nous d’abord sur la première partie de la réponse de Jésus : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit. » Le commencement de tout est d’aimer Dieu. Dieu en premier. Parce que c’est Lui qui est l’Amour, c’est Lui qui est la source de tout amour. On ne peut pas aimer les autres complètement et en vérité si notre capacité d’aimer n’est pas enracinée en Dieu. Mais, cet amour de Dieu qui est premier doit être total : il s’agit d’aimer de tout son cœur, de toute son âme, de tout son esprit, de toute sa force. Nous avons ici les quatre dimensions de l’Amour, les quatre dimensions qui font que l’Amour est total : aimer avec son cœur, avec son âme, avec sa force et avec son esprit. Trop souvent, nous réduisons l’amour à sa seule dimension affective. Mais l’affectivité n’est qu’une dimension de l’Amour. Aimer de tout son cœur, c’est aimer avec les sentiments, avec son affectivité ; aimer de toute son âme, c’est aimer spirituellement, avec son âme. Tout amour a aussi une dimension spirituelle. Aimer avec toutes ses forces, c’est aimer physiquement, avec toutes ses énergies, ses puissances ; aimer de tout son esprit, c’est aimer avec son intelligence, avec son psychisme, avec sa mémoire.

Ce matin, nous pouvons déjà nous demander si nous honorons, dans l’Amour que nous portons à Dieu, toutes ces dimensions. Prenons garde à ne pas réduire l’Amour de Dieu à la seule dimension affective ou à du sentimentalisme. Comment nourrissons-nous notre amour de Dieu dans notre intelligence ? Que lisons-nous par exemple pour nourrir notre foi ? Comment nourrissons-nous notre amour de Dieu dans notre âme ? Quelle vie de prière avons-nous ? Comment sollicitons-nous nos forces, nos énergies pour aimer Dieu ?

Venons-en maintenant à la deuxième partie de la réponse de Jésus : « et tu aimeras ton prochain comme toi-même. »

L’Evangile enchaine immédiatement sur une question importante : qui est mon prochain ? Vous connaissez tous la parabole du Bon Samaritain. Qui est mon prochain ? réponse de Jésus : Celui qui se trouve à mes côtés. La proximité dont il est question peut être géographique, physique, affective. On peut distinguer plusieurs cercles de proximité. Le premier, celui qui nous est naturel est celui du sang, de la famille. Dans son prolongement, on peut distinguer un cercle plus large qui est celui d’un peuple qui partage une identité commune, une histoire commune, une langue commune à l’échelle d’une région par exemple, ou d’une nation. Un autre cercle est constitué de ceux qui partagent la même foi et qui, de ce fait, font partie de la même famille. Et puis, de manière encore plus large, on peut voir un autre cercle constitué de tous les hommes qui partagent la même humanité.

Il est intéressant de voir comment Jésus se débrouille dans ces différents cercles. Ce que l’on peut dire, c’est qu’Il ne s’est jamais laissé enfermer dans aucun. Par rapport au cercle familial : « Qui sont ma mère, qui sont mes frères ? » répondra-t-Il à des personnes de sa famille. Jésus ne se laisse pas enfermer dans les liens du sang. Au contraire, Il ouvre le lien familial à toute personne cherchant à faire la volonté de Dieu. Il ne se laissera non plus jamais enfermer dans le cercle de l’Israël identitaire. Il ne cessera jamais de récuser le titre de « Roi des Juifs ». En revanche, Il édifie un cercle nouveau, ouvert à tous, mais constitué de ceux qui le reconnaissent comme Messie, Fils de Dieu : « Tout homme qui fait la volonté de Dieu est mon frère, ma sœur, ma Mère » dira Jésus.

Frères et sœurs, il nous faut aussi réfléchir sur nos propres cercles de proximité. Comment les honorons-nous ? Tout d’abord par rapport à notre famille. Est-ce que nous ne délaissons pas tel ou tel ? Est-ce que nous ne risquons pas de nous laisser enfermer dans ces cercles ? Et puis, demandons-nous aussi comment nous honorons ceux qui nous sont proches par la foi…Par exemple, quel souci portons-nous envers des gens qui sont nos frères et sœurs par la foi, qui se font tuer, martyriser, à quelques heures d’avion de l’Europe, parce qu’ils sont chrétiens ? Prenons garde à ne pas nous laisser manipuler par les faiseurs d’opinion, par ceux qui vont nous désigner de qui il faut être proche. N’oublions pas nos frères et sœurs chrétiens qui paient de leur vie leur fidélité au Christ…

Pour terminer, je voudrais m’arrêter sur ce qui peut passer pour un détail dans l’Évangile, mais qui ne l’est pas pour un chrétien. Le Bon Samaritain va prendre soin de l’homme qui a été agressé et verser sur ses plaies de l’huile et du vin. Puis il le conduit dans une auberge. Nous savons que l’huile, le vin ont des vertus curatives. Le Samaritain soigne les blessures de l’homme agressé. Mais, pour un chrétien, l’huile et le vin sont aussi des signes de la grâce des sacrements. L’huile peut représenter à la fois le baptême qui vient guérir notre humanité abîmée par le péché, telle la grâce de Dieu qui se déverse sur nos blessures ; le vin représente le sacrement de l’Eucharistie qui nous redonne des forces. Quant à l’auberge où le blessé va continuer à être soigné, elle est une image de l’Eglise qui prend soin de ses enfants malades et qui les soigne. Ces détails sont importants car ils disent aussi la mission des baptisés qui est de prendre soin du bien de nos proches, tant sur le plan physique et sur le plan spirituel. Le meilleur médicament à apporter à un blessé de la vie est de lui faire rencontrer le Christ, le Seul et Vrai Médecin, Celui qui soigne toutes les blessures de notre humanité. On touche ici du doigt la différence entre ce que l’on peut appeler l’humanisme, la philanthropie qui consiste à aider et à aimer tout homme, parce qu’il est homme, et la charité qui consiste à apporter à tout homme l’amour que vient de Dieu et que Dieu a pour cette personne à travers l’amour et le service que je lui porte.

Demandons au Seigneur la grâce que les baptisés aient toujours une conscience plus grande et plus profonde de la mission qui est la leur d’être des instruments de la charité et de se faire le prochain de tous ceux que le Seigneur met sur notre route. Amen !

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