Rechercher
  • Paroisse Saint Louis

Homélie du 14ème Dimanche après la Pentecôte


+

14ème Dimanche après la Pentecôte



Frères et sœurs,

Aujourd’hui, Jésus nous invite à réfléchir sur nos engagements de chrétiens, à prendre la mesure de nos « oui ». Quand on est chrétien, on ne peut pas dire « oui » à tout et n’importe quoi.

Nos « oui » sont à la mesure de nos « non ». En l’occurrence, dire « oui » à la foi chrétienne, dire « oui » à Jésus implique de dire « non » à ce qui nous éloigne de Lui ou à ce qui est en contradiction avec l’Evangile ou l’enseignement de l’Eglise. Mais là, mes pauvres amis, nous vivons dans un monde de consensus ! consensus mous qui reposent non pas sur l’Evangile, sur la Loi naturelle, ni sur la recherche du Bien Commun, mais sur un relativisme général qui fait que tout se vaut, tout est respectable et plus rien n’est mal. Beaucoup de chrétiens se laissent gagner par l’esprit du monde et entrent dans une attitude de compromission. Que se passe-t-il à terme ? L’Evangile et la foi vécue perdent de leur puissance interne et ne parviennent plus à convertir le monde. Il faut remettre l’Eglise sur la place du village ! Ce n’est pas au monde de convertir l’Evangile et la foi, mais c’est à l’Evangile et à la foi de convertir le monde. Mais ce que je dis peut rester trop théorique. Quelques exemples concrets des renoncements que nous sommes appelés à vivre : la pratique de notre foi ne s’accorde pas avec des pratiques plus ou moins occultes : tirage de cartes, consultation de voyantes, spiritisme, pactisation avec la Franc-Maçonnerie, atteintes à la vie humaine (dans le ventre de la maman comme au soir de la vie terrestre), atteinte aux droits de l’Enfant qui n’a pas à devenir l’objet du désir des adultes, etc…Même si ce que je dis est à contre-courant des modes de pensées actuels, la réalité l’accrédite : les Eglises, les communautés chrétiennes dynamiques et fécondes sont celles qui restent fidèles à la substance de la foi et qui ne se compromettent pas avec le monde et ses manières de pensées perverties. Tandis que celles qui ont fait ce jeu, aujourd’hui vieillissent (mal), ne se renouvellent ni ne rajeunissent, bref, elles meurent ! Il s’agit pour nous d’être fidèles à l’Evangile et de demeurer libres par rapport à l’Esprit du monde : « Aucun homme ne peut servir deux maîtres : ou bien il détestera l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. » nous dit Jésus.

Il y a aussi une autre manière de comprendre cette parole de Jésus. Jésus nous appelle à être au clair sur nos priorités, à Lui laisser de la place dans nos choix, à le placer en premier : « Ne vous faîtes pas tant de souci pour votre vie, au sujet de la nourriture, ni pour votre corps, au sujet des vêtements. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? » Concrètement, qu’est-ce que cela veut dire pour nous qui vivons dans un contexte de déchristianisation et de nivellement par le bas assez généralisé, tant dans la société que dans l’Eglise ? Dans les journées que nous avons, que nous travaillions ou que nous soyons à la retraite, nous avons tout un tas d’occupations, de choses à faire. Est-ce que nous réservons en premier lieu un temps pour la prière ? un temps gratuit que je donne à Dieu pour Lui-même ? Et qu’en est-il de la messe du dimanche ? Est-ce qu’elle n’entre pas parfois en concurrence avec d’autres activités ? Dans des décisions que j’ai à prendre, au milieu de multiples facteurs humains, affectifs, de devoirs, est-ce que je fais passer l’intérêt de Dieu d’abord ? Pour les familles qui inscrivent leurs enfants au catéchisme : quelle place je donne à Dieu non seulement dans l’éducation chrétienne (la catéchèse), mais aussi à la messe, au milieu du sport, de la musique, des loisirs, des compétitions ? Est-ce que Dieu passe en premier ? Pas souvent ! Et parfois on entend tristement au sein même de l’Eglise : « C’est déjà bien qu’ils viennent au catéchisme…N’en demandons pas plus ! » certes…mais, c’est dans ce cas réduire le catéchisme à une discipline scolaire et ce n’est pas conforme à l’Evangile. Examinons si c’est Dieu qui l’emporte dans nos choix ! Si nos choix étaient plus gagnés et offerts à Dieu, les chrétiens seraient des chrétiens plus brûlants que tièdes.

Frères et sœurs, si vous êtes débordés par tout un tas de choses, si vous n’arrivez plus à voir le jour, si vous avez l’impression d’être écrasés, il faut faire du tri et ordonner les choses. Demandez-vous ce qui est urgent, ce qui est important, ce qui est secondaire par rapport à mes devoirs d’état, mes engagements... Et surtout, où ai-je placé mon temps de prière avec Dieu ? L’Eglise par prudence et sagesse invite toujours à placer nos temps d’oraison, de prière le matin plutôt que le soir, car si nous n’avons pas réussi à les honorer le matin, on peut toujours les replacer dans la journée ; tandis que s’ils sont prévus en fin de journée, et qu’un imprévu survient, l’ensemble risque d’être compromis. « Dieu Premier servi ! » disait Sainte Jeanne d’Arc ! Il y a une grande sagesse dans cette parole.

Cette attitude obéissante qui consiste à placer Dieu en premier dans notre temps, nos préoccupations, nos activités et à placer en second nos autres préoccupations sera facilitée si nous nous abandonnons à la Providence, si nous faisons confiance à Dieu : « Mais votre Père céleste sait de quoi vous avez besoin. Cherchez d’abord son Royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. » Les choses se passent le plus souvent selon ce que Dieu veut lorsque nous les laissons faire plutôt que lorsque nous cherchons à les organiser. Dieu est toujours là et ne fait jamais défaut. De plus, l’abandon à la Providence divine nous évitera aussi de prononcer des jugements hâtifs et faussés.

A l’heure des rentrées où nos rythmes de vie se remplissent et s’accélèrent, accueillons l’enseignement de Jésus qui se préoccupe de notre qualité de vie : remettons Dieu en tête de nos priorités, abandonnons-nous davantage à la Providence, laissons Dieu agir dans nos existences et nous vivrons mieux. Amen !

37 vues

©2019 by Paroisse Saint Louis Pays de Vernon. Proudly created with Wix.com