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  • Paroisse Saint Louis

Homélie du 13ème Dimanche du Temps Ordinaire


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13ème Dimanche du Temps Ordinaire

Frères et sœurs,

« Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi. » Avec de telles paroles qui, à la première écoute, nous choquent, Jésus nous provoque en quelque sorte et nous pousse à réfléchir à la qualité de l’amour que nous Lui portons ainsi qu’aux autres. Disciples de Jésus, nous sommes des disciples de son enseignement, et par conséquent des disciples de l’Amour. Mais, il faut aller voir un peu plus précisément ce à quoi Jésus nous invite.

Comment comprendre cette parole de Jésus : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi. » ? Le sens de cette parole ne peut résider dans un appel à ne pas aimer son père ou sa mère, ou à les aimer moins que Dieu. Cela serait contraire au 4ème commandement du Décalogue : « Tu honoreras ton père et ta mère. » Il faut nous rappeler que l’amour de Dieu est un amour inclusif et non exclusif, c’est-à-dire que l’amour de Dieu implique d’aimer les autres. Et l’amour des autres est d’ailleurs un critère qui vérifie et authentifie la qualité de notre amour de Dieu. Il ne faut donc pas comprendre cette parole de Jésus en opposant l’amour que l’on porte à ses parents à celui que l’on doit porter à Dieu.

On peut comprendre cette parole de Jésus comme donnant une priorité à l’amour de Dieu parce que Dieu est la source de tout Amour et que tout amour découle de lui. L’amour de nos parents, de nos enfants, de nos familles, de nos amis, de votre mari ou de votre femme est une participation à l’Amour de Dieu. Du reste, dans tous les domaines évoqués, c’est Dieu qui nous apprend à aimer, notre famille, nos amis, votre mari, votre femme.

Mais il y a une autre manière de comprendre cette parole de Jésus. Ce qui gêne en fait, c’est la préposition : « plus que ». Or, si l’on prend le texte original en grec, la préposition utilisée est la préposition  qui signifie certes plus que, au-delà, mais aussi mieux que. Et essayez la parole de Jésus avec la dernière acception, et vous obtenez : « Celui qui aime son père ou sa mère mieux que moi n’est pas digne de moi. » Alors là, cette parole prend un tout autre sens, et nous invite à réfléchir à la qualité d’amour que nous offrons à Dieu. Est-ce que nous soignons l’amour que nous portons à Dieu autant ou même davantage que celui que nous portons à nos proches ? En terme de temps offert, d’attentions… « Dieu est Amour », c’est bien joli, mais comment est-ce que nous honorons cette dimension dans notre propre vie d’abord par rapport à Dieu ?

Dans son enseignement sur l’Amour, Jésus va sans cesse lier l’amour du prochain à l’amour de Dieu. Être des disciples de Jésus, de l’Amour, nous amène à réfléchir sur la qualité de notre amour du prochain. Et les textes abordent une très belle tradition biblique qui est celle de l’hospitalité. La première lecture rapporte l’hospitalité que reçoit le Prophète Elisée. La Bible nous enseigne que celui qui accueille un hôte accueille Dieu. Tout hôte est un envoyé de Dieu, et par conséquent toute personne qui accueille chez elle un hôte reçoit en échange la bénédiction de Dieu. C’est le sens de cette fécondité mystérieuse qui sera accordée au couple qui accueille l’Envoyé de Dieu.

La Bible rapporte en plusieurs endroits cette belle et noble tradition. Les moines, dans leur règle, ont repris cette tradition. St Benoît dira qu’il y a la présence du Christ en chaque personne (retraitant, pèlerin, pauvre) frappant à la porte du monastère pour être accueilli. Ceci-dit, les textes aujourd’hui parlent de l’hospitalité, non pas de manière générale, mais de manière plus précise : il s’agit d’accueillir le Serviteur de Dieu. La femme dans la première lecture dit à son mari : « Je sais que celui qui s’arrête chez nous est un saint homme de Dieu. » Jésus, dans l’Evangile, dit bien à ses disciples : « Celui qui vous accueille m’accueille. » Au-delà de la lecture que nous faisons de ces paroles, j’y entends aussi un appel à nous demander de quelle manière nous pouvons aider, soutenir, ceux qui travaillent à l’œuvre de Dieu.

Au sujet de la tradition biblique de l’hospitalité, je vous fais juste remarquer que la question de l’hospitalité est une question personnelle. Lorsque nous sommes confrontés à une telle question, c’est à chacun de nous de répondre en son nom propre. Il n’est pas juste d’imposer aux autres une hospitalité que personnellement nous ne pouvons pas assumer.

Le dernier point que je reprendrai dans cette méditation sur notre qualité de disciples de l’Amour est que l’amour est ce qui perfectionne notre vie chrétienne, c’est ce qui nous rachète de notre propre péché, ce qui répare ce que nous avons abîmé ou pas réussi. C’est tout l’enseignement de Jésus. La perfection chrétienne, le salut, se joue dans l’amour que nous portons et que nous donnons ; pas dans l’accomplissement de préceptes religieux. On peut accomplir parfaitement tous les préceptes évangéliques, si nous n’aimons pas, cela ne sert à rien. C’est ce que le jeune homme riche qui vient rencontrer Jésus dans l’Evangile n’a pas compris : « Comment être parfait ? j’ai observé tous les commandements depuis ma naissance. » Il n’est pas heureux, et il sent l’insuffisance de sa vie. C’est ce que Marie-Madeleine, malgré ses nombreux péchés a compris. Au terme de notre vie, nous serons jugés sur l’amour que nous aurons donné dans notre vie, pas d’abord sur nos manques, parce que c’est précisément l’Amour qui rachète nos manques.

Puissions-nous dans notre prière au cours de cette semaine réfléchir concrètement sur l’Amour que nous portons à Dieu et aux autres. Amen !

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