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Homélie du 12ème Dimanche du temps ordinaire


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12ème Dimanche du temps ordinaire

« Les vagues se jetaient sur la barque, si bien que déjà elle se remplissait. Lui dormait sur le coussin à l’arrière. »

 

Frères et sœurs,

 

            L’Évangile que nous entendons ce matin nous pose au moins deux questions : il y a celle du repos et il y a celle des épreuves, des tempêtes de nos vies. La question du repos est suggérée à travers la parole de Jésus : « Passons sur l’autre rive. » En fait, il faut revenir au contexte de l’Évangile. Saint-Marc prend bien soin de nous dire que Jésus a enseigné la foule toute la journée. Et le soir Il invite ses disciples à passer de l’autre côté. Nous imaginons bien que Jésus et les disciples ont besoin de se reposer. Ce qui est remarquable, c’est que Jésus les invite au repos. Le repos fait partie de nos rythmes de vie. Dieu l’a intégré dans le temps; c’est le sens du septième jour, le Shabbat, jour où Dieu s’est reposé et qui est consacré au repos et à Dieu, les deux. Je vais revenir sur cet aspect-là. Mais la Bible nous dit aussi, de manière imagée bien sûr, que Dieu endort l’homme à plusieurs reprises. Le repos dans la Bible est quotidien « Il y eut un soir, il y eut un matin » ; il est hebdomadaire, il est aussi après les grandes fêtes liturgiques, notamment Pâques dans l’Ancien Testament ; et puis il va avoir lieu tous les 50 ans (ce qui va être à l’origine de nos Jubilés) c’est-à-dire l’année supplémentaire au cycle des 7 X 7 années, année qui marque un repos avant un nouveau cycle (Lv 25, 10-13). Dieu a donc inscrit le repos dans nos rythmes de vie, mais si nous regardons bien, il s’agit d’un repos avec Dieu, non pas sans Dieu ou en mettant Dieu de côté. La meilleure illustration est avec le Shabbat, à la fois journée de repos et journée consacrée à Dieu.

            Frères et sœurs, comment nous reposons-nous ? Est-ce que parfois, il ne nous arrive pas pour nous reposer de mettre Dieu de côté, finalement comme si c’était Lui qui nous fatiguait ? Comment envisageons-nous notre lien à Dieu pendant les vacances qui vont arriver ? Comment vivons-nous les jours qui sont fériés pour des raisons religieuses ? Le repos ne consiste pas à ne rien faire ; il n’est pas l’oisiveté. Il y a des personnes qui se fatiguent plus en ne faisant rien. Le repos consiste à nous unir d’une certaine manière à Dieu qui est source de paix. Attention à ne pas nous tromper lorsque nous avons besoin de nous reposer. Beaucoup de surmenage aujourd’hui, dû aux rythmes de vie remplis, parfois plus que remplis, ont leur cause dans un excès au travail. Tous les « burn-out » comme on dit aujourd’hui, ont leur cause dans un surmenage lié au travail ; après les choses peuvent se compliquer parce qu’à côté il y a la famille dont il faut s’occuper, les différents engagements associatifs, paroissiaux etc…attention à ne pas se tromper dans le diagnostic du surmenage : s’il est dans le travail, on ne le résoud pas forcément en coupant les autres activités à côté. Cela tombera à côté.

            Mais la disponibilité à Dieu est de l’ordre du combat. Le démon saura toujours nous suggérer quelque chose à faire passer avant de prendre un temps de disponibilité à Dieu. Combat intérieur ; combat extérieur aussi, comme dans l’Évangile, où alors que les disciples partent se reposer, survient une tempête qui semble remettre en cause la quête de repos à laquelle les disciples aspirent.

            J’en viens donc à la tempête. Les tempêtes, il y en a dans la vie : des tempêtes intérieures, des effondrements, qui appellent des reconstructions, les trahisons, la maladie, la perte d’un emploi, la mort d’un proche etc…Il y a aussi des tempêtes extérieures la famille, la paroisse ou l’Église, notre pays, son évolution etc…Les tempêtes dont nous parle l’Évangile ne sont pas des contrariétés, des frustrations, c’est plus profond ; il s’agit d’épreuves qui manquent de nous faire couler ; on craint de mourir, voire on touche la mort ou la peur de s’écrouler. Comment vivre ces tempêtes ? Jésus nous donne la clé : en ayant la foi : « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? » demande Jésus à ses disciples. La foi nous redit essentiellement deux choses : que Dieu est présent dans nos tempêtes et qu’Il est Maître des éléments qui se déchainent. La réponse de Dieu à Job entendue dans la première lecture redit la même chose : présence de Dieu et confiance en son action et sa puissance.

 

            Mais cela est toujours plus facile à dire qu’à faire. C’est pourquoi, je voudrais regarde cela d’un peu plus près avec vous. Comment vivre de manière chrétienne les tempêtes de nos vies ?

 

            La première réalité qu’il faut avoir en tête, c’est que lorsque nous sommes nous-mêmes dans l’épreuve, nous sommes centrés sur nous, sur nos problèmes, sur nos difficultés. Et ceci est tout à fait normal, c’est naturel. L’attitude à adopter est l’attitude inverse : il faut nous décentrer de nous pour nous centrer sur Dieu. Saint-Paul dit la même chose de manière théologique dans la deuxième lecture : « Car le Christ est mort pour tous, afin que les vivants n’aient plus leur vie centrée sur eux-mêmes, mais sur lui qui est mort et ressuscité pour eux. » Lorsque nous sommes dans l’épreuve, il faut regarder Jésus. Par la foi, nous savons qu’Il est présent dans notre vie, nous savons que c’est nous qui avons du mal à être ouverts et disponibles à sa présence. Et toute la Bible nous enseigne que Dieu nous répond et nous aide.

            La deuxième attitude importante, c’est en regardant Jésus, de laisser notre regard se convertir. Trop souvent, nous voyons et nous espérons Dieu, comme nous le redisons dans notre foi, comme une réalité toute puissante qui a le pouvoir de nous éviter le Mal  ou de nous en sortir immédiatement. Ce regard peut être vrai pour une part, mais il ne l’ est pas totalement. Lorsque nous regardons Jésus nous voyons effectivement la toute-puissance de Dieu à l’œuvre dans sa divinité, mais nous voyons aussi le serviteur souffrant, celui qui a accepté de porter le mal sur Lui pour le transformer. Dans les épreuves, nous sommes invités à découvrir en Jésus celui qui souffre avec nous, et non pas celui qui nous impose la souffrance ; nous sommes invités à découvrir la communion qu’Il nous offre avec la paix qu’Il peut nous donner, même dans l’épreuve et la souffrance. Et c'est la communion avec Jésus qui sera source de bien, de guérison, et de vie. Et ce même au cœur de la souffrance. Jusqu’où ira la fécondité d’une telle communion avec Jésus ? Parfois jusqu’à la guérison complète, parfois jusqu’à la transformation profonde de la souffrance qui fera jaillir de notre être une source de vie pour les autres. En tout cas, seul Dieu a la puissance de faire jaillir la vie de la mort, de faire jaillir d’un mal, le bien. Saint Paul évoque aussi cette réalité dans la deuxième lecture : « Si donc quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né.» Seul Dieu peut faire de nous des êtres nouveaux, renouvelés, vivant d’une vie nouvelle.

            Frères et Sœurs, personne d’entre nous ne recherche les tempêtes et les épreuves dans sa vie, mais elles nous arrivent d’elles-mêmes. En tant que chrétien, nous sommes appelés non pas à les rechercher, non pas à les fuir, mais à les vivre avec Dieu et en Dieu. Pour cela, la foi nous est nécessaire ainsi que la communion avec Jésus. Demandons la grâce au Seigneur Jésus, qu’Il renforce notre foi et demandons à la Vierge Marie qu’elle nous aide à être disponibles à Dieu qui Lui nous est toujours présent même si nous avons l’impression qu’Il est absent, comme Jésus dormant dans la barque. Amen !

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