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  • Paroisse Saint Louis

Homélie de la Solennité du Sacré-Cœur de Jésus


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Solennité du Sacré-Cœur de Jésus

Consécration de la Paroisse au Sacré-Cœur

Dimanche 13 Juin 2021

Chers frères et sœurs,

Nous nous retrouvons ce dimanche pour célébrer ensemble la Messe du Sacré-Cœur de Jésus à l’occasion de la consécration de notre paroisse au Sacré-Cœur de Jésus. L’an dernier, alors que, dans un contexte difficile dû à l’épidémie de COVID, nous préparions comme nous le pouvions la Consécration de la Paroisse à la Sainte-Vierge, un certain nombre d’entre vous se sont tournés vers moi pour réclamer, toujours dans ce contexte épidémique, la consécration de la Paroisse au Sacré-Cœur de Jésus afin de vous mettre et de nous mettre sous la protection de Jésus.

Mais au-delà de cette demande, c’est Jésus lui-même qui a fait en premier cette demande à Sœur Marguerite Marie Alacoque en juin 1675 au cours de l’octave du Saint-Sacrement. Si nous devons l’institution de cette fête liturgique à la petite sainte de Paray-le-Monial, la révélation du Cœur Sacré de Jésus, la révélation de l’Amour tout-puissant de Dieu, remonte à l’histoire du Salut. La première lecture s’en faisait l’écho : Dieu révélait déjà au prophète Osée l’amour infini qu’Il avait pour Israël, malgré son péché, malgré l’endurcissement de son cœur et malgré ses refus. L’Évangile retenu pour la fête du Sacré-Cœur cette année nous rapporte le transpercement du Cœur de Jésus sur la Croix. St Jean voit alors jaillir du Cœur de Jésus du sang et de l’eau. La première lecture que nous pouvons faire de cet évènement est que Jésus révèle sa double nature à la fois divine, par le sang, et humaine par l’eau. Nous retrouvons ici d’ailleurs un rite de l’offertoire que les enfants de chœur connaissent bien ; c’est le rite dans lequel le prêtre verse dans le calice du vin et une goutte d’eau, signes de la divinité et de l’humanité de Jésus. Au-delà de la révélation de la double nature de Jésus, il s’agit de la révélation de la divinité de Jésus, voilée sous une apparence humaine. Jésus a choisi un cœur d’homme pour révéler et déverser son amour divin sur nous-mêmes et sur notre monde. Fêter le Sacré-Cœur de Jésus, c’est non seulement obéir à Jésus qui nous le demande, mais c’est aussi accueillir l’amour de Dieu qui se donne à travers son cœur d’homme. C’est adorer Dieu gratuitement, pour l’Amour qu’Il nous donne gratuitement et non par intérêt ou par calcul. Puisons à la source de cet Amour gratuit pour devenir toujours plus généreux et gratuit dans nos actes et nos engagements. Dans un monde qui met en avant le « donnant-donnant », qui favorise l’action ou les relations par intérêt ou par calcul, sachons être gratuits, purs, sans attendre de retour, car c’est ainsi que Dieu nous aime.

Mais la révélation du Cœur Sacré de Jésus à Sainte Marguerite-Marie est aussi un cœur douloureux, blessé, qui saigne d’Amour. En effet, Sainte Marguerite-Marie voit après la première apparition de Jésus lors de la St Jean 1673 un cœur qui se présente comme un trône de flammes entouré d’une couronne d’épines. Et dans l’octave de la fête du Saint-Sacrement en 1675, Jésus présente lui-même son Sacré-Cœur en disant : « Voici ce cœur qui a tant aimé les hommes, qu’il n’a rien épargné jusqu’à s’épuiser et se consommer pour leur témoigner son amour et pour reconnaissance, je ne reçois de la plupart que des ingratitudes, par leurs irrévérences et leurs sacrilèges, par les froideurs qu’ils ont pour moi dans ce sacrement d’amour. Mais ce qui m’est encore le plus sensible est que ce sont des cœurs qui me sont consacrés qui en usent ainsi. » Amour gratuit de Dieu, certes, mais un Amour blessé. Blessé par deux causes : par le péché de l’homme qui vient attaquer ce cœur pur et par l’indifférence pour ce don d’amour. Il n’y a rien de pire pour l’amour que de ne pas être accueilli. Le Cœur Sacré de Jésus révèle un Amour blessé, qui n’est pas accueilli, dont on se moque, ou que l’on ne respecte pas. Que c’est actuel ! Et même au sein de l’Eglise. Bien sûr, il y a notre péché, mais aussi toutes les critiques faites sur l’Église, sur ses serviteurs, ses ministres, sur les célébrations…On cherche trop à aimer l’Église telle que nous la pensons ou la voulons, oubliant de la recevoir comme Jésus nous l’a donnée, à la fois divine et humaine, à la fois sainte et pécheresse, à la fois Épouse du Sacré-Cœur et Épouse blessée.

Mais il y a deux manières de regarder ce cœur transpercé ; deux manières qui ne s’opposent pas mais qui se complètent. Nous pouvons voir dans le transpercement du Cœur la blessure due au péché des hommes ; mais il faut y voir aussi le trop plein d’amour de Dieu qui ne peut plus être contenu, et qui, profitant du transpercement, jaillit de toute sa force et coule sur le monde. Le Sacré Cœur de Jésus est à la fois la blessure d’Amour et le remède qui coule de ce cœur blessé. Il est d’ailleurs intéressant de noter que St Jean, le disciple de l’Amour, celui qui est resté fidèle tout le temps à Jésus, celui qui a assisté au transpercement du Cœur Sacré, écrit : « mais un des soldats avec sa lance ouvrit le côté. » Il n’écrit pas : il frappa le côté, il blessa le côté, mais il « ouvrit » le côté. St Jean présente donc cette blessure comme l’ouverture d’une porte de vie, d’amour. La cause de la blessure de l’amour est immédiatement guérie et soignée par ce qui coule du Cœur transpercé. C’est un cœur blessé, mais dont la blessure guérit, répare et donne la Vie. À nouveau, nous contemplons le sang et l’eau qui jaillissent du Cœur transpercé. Nous n’y voyons plus seulement la divinité et l’humanité de Jésus, mais les signes des sacrements du Baptême et de l’Eucharistie qui soignent, guérissent et réparent. L’efficacité des sacrements qui nous donnent la vie divine et nous guérissent provient de la Passion de Jésus et, ultimement, de l’Amour inconditionnel et parfait de Dieu qui permet et soutient la Passion de son Fils.

Il y a dans cette fête une autre dimension qui est celle de la réparation. Réparation pour l’ingratitude des hommes, pour leurs péchés, comme le dit Jésus à Sainte Marguerite-Marie. En vivant cette messe, offrons-nous nous-aussi à Dieu en réparation des offenses qui lui sont faites : pour les nôtres d’abord, conscientes ou inconscientes, pour celles des autres involontaires, ou volontaires. A la suite de ce que Jésus a demandé à Sœur Marguerite-Marie, n’hésitons pas non plus à offrir notre communion le premier vendredi du mois pour réparer toutes les offenses faites à Dieu. Offrons-nous en réparation pour les communions négligées ou sacrilèges, pour les offenses envers la Très Sainte Eucharistie. Demandons au Seigneur la grâce de l’unité en reconnaissant les blessures que nous avons pu commettre contre l’unité. La Sainte Communion, qui nous donne accès au Cœur Sacré de Jésus, a été ces derniers temps l’objet de division, pas seulement dans la Paroisse, mais plus généralement dans l’Église : surveillance, dénonciations. Puisse chacun dépasser le « J’ai raison » pour humblement, sans juger les autres, revenir à Jésus, source de l’unité. Nous avons la chance sur la Paroisse d’avoir l’Adoration perpétuelle du Saint-Sacrement : n’hésitons pas à venir adorer le Cœur Sacré de Jésus dans le Saint-Sacrement, gratuitement, en réparation des blessures infligées à Jésus, à son Eglise, à ses enfants ; en souvenir aussi de l’abandon que Jésus a vécu lors de son agonie à Gethsémani, alors qu’il demandait le soutien physique, spirituel et affectif de ceux avec qui lui étaient proches : Pierre, Jacques et Jean.

Adorer le Sacré-Cœur, nous consacrer au Sacré-Cœur de Jésus, nous conduit aussi à avoir un cœur véritablement humain, un cœur de chair, non un cœur de pierre. Il doit y avoir dans l’Eglise, dans les paroisses, dans notre paroisse, une qualité d’amour les uns envers les autres que l’on ne trouve pas dans le monde, non pas parce que l’amour n’existe pas en dehors de l’Eglise, mais parce que nous devons aimer de manière exemplaire, comme Jésus. Nous devons nous soutenir, nous aider, nous entraider, nous pardonner. Nous sommes la famille de Jésus. Quelle horreur que des chrétiens qui s’évitent, se fuient, s’offensent et ne se demandent ni ne se donnent le pardon. « C’est à l’Amour que vous aurez les uns pour les autres, que l’on verra que vous êtes mes disciples » dit Jésus à ses disciples.

Que cette fête du Sacré-Cœur renouvelle l’Amour que nous recevons de Dieu et qu’elle nous aide à grandir dans l’Amour envers Dieu et les uns envers les autres ! Amen !

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