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Homélie de la Solennité des Saints Pierre et Paul


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Solennité des Saints Pierre et Paul

 « Pierre, tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église. »


 

Chers Frères et Sœurs,

 

            J’ai choisi de partir de cette parole de Jésus pour orienter ma méditation en cette solennité des Saints Apôtres Pierre et Paul. Effectivement, il me paraît important de réentendre que l’Église a été voulue par Dieu, qu’elle a été voulue par Jésus. Ces derniers temps ont effectivement fait ressortir un visage parfois sale de l’Église. Au point qu’on en vient à voir toutes les défaillances humaines qui existent en son sein et qui ternissent non seulement l’institution divine de l’Église, mais aussi sa finalité divine. À ne regarder l’Église que sous le prisme de l’humanité, on en vient à la percevoir comme une institution humaine comme une autre, qui a ses qualités, ses performances, ses défauts, ses erreurs et ses pauvretés. Mais alors, nous oublions qu’elle a été voulue par Dieu et qu’une des missions que Jésus a eue a été d’instituer et de former cette Église.

 

            Car, sur quoi repose notre foi chrétienne ? Sur le fait que Jésus est le Fils de Dieu, qui est mort et ressuscité pour nous. C’est ce qui nous définit comme chrétien. Notre foi en Jésus, Fils de Dieu ne repose que sur le mystère de sa mort et de sa résurrection. On pourrait donc considérer l’institution et la mission de l’Église comme quelque chose de secondaire. Or, ce n’est pas ce qui s’est passé. Jésus a délibérément appelé 12 apôtres à sa suite pour signifier, dans la continuité des 12 tribus d’Israël, que sa mission concernait  la totalité du peuple de Dieu. Jésus a confié la responsabilité de l’unité de l’Église à Saint-Pierre. Ces deux aspects-là, l’appel des 12 et la primauté de Pierre, n’ont pas été ajoutés dans le temps par l’Église pour s’auto-justifier. Ils sont l’expression des paroles et des actes-mêmes que Jésus a posés durant son ministère. Alors frères et sœurs effectivement malgré ses hauts et ses bas, malgré ses beautés et ses pauvretés, malgré ses défaillances et ses limites, l’Église est voulue par Dieu pour servir notre salut.

 

            La difficulté de l’approche du mystère de l’église réside dans la maturité que doivent avoir ses membres. Il faut tenir que l’Église est à la fois d’institution divine et de nature divine, mais habitée et dirigée par des hommes qui ne sont pas des saints mais des pécheurs appelés à devenir saints. Saint-Pierre et Saint-Paul nous redisent cette vérité. Saint-Pierre, qui a reçu la mission de gouverner et de guider l’Église est celui qui par trois fois va renier Jésus. Il est celui qui par orgueil va refuser que Jésus le purifie et lui lave les pieds. Mais Jésus lui fera comprendre que lui aussi a besoin d’être sauvé et même en premier s’il veut présider à la mission que Jésus lui confie, à savoir de contribuer au salut des hommes du Peuple de Dieu. Quant à Saint-Paul, il est celui qui tuait les chrétiens. Vous voyez que les deux principaux apôtres nous redisent tout du mystère de l’Église : à la fois qu’ils ont été choisis par Jésus, qu’ils sont des pécheurs avec leurs limites et leurs pauvretés, mais surtout qu’ils ont accepté d’accueillir le salut dans leur vie et de convertir leur vie. C’est en ce sens qu’ils sont pour nous des exemples de sainteté.

            Lorsque nous réfléchissons au mystère de l’Église, il nous faut donc tenir compte de cette double nature et nous garder d’oublier sa nature divine, sous prétexte de ses manquements humains. Et d’ailleurs, même sous un regard exclusivement humain, ce regard se révèle incomplet et devrait être complété par tout ce que l’Église a fait en œuvre d’éducation, de charité, tout au long de son de son existence. Le vrai mystère qui dit l’amour total de Dieu pour chacun de nous est que Jésus s’abandonne dans les mains d’hommes pécheurs. Il accepte de se livrer à une institution qui a ses faiblesses mais qui est aussi appelée à être un instrument de sanctification et de sainteté. Deux dangers guettent l’Église aujourd’hui : d’une part le catharisme, hérésie qui a surgi au XIIe et XIIIe siècle, qui consiste à ne vouloir une Église que de gens purs, qui ne commettent pas de péchés. L’Église a toujours condamné cette hérésie parce que, par nature, l’Église est faite pour les pécheurs. Le deuxième danger qui guette l’Église aujourd’hui est le fait de ne la considérer que comme une institution humaine oubliant qu’elle est un instrument de sanctification et de sainteté aux mains de Dieu et que Dieu la guide. La toute-puissance de Dieu ne se donne pas avoir dans le fait qu’Il choisisse des hommes qui soient des saints et des hommes parfaits pour conduire l’Église, mais qu’Il choisisse des êtres pécheurs qui, malgré leurs péchés et leurs limites, vont réussir à faire avancer l’Église tel que Dieu le veut.

 

            Les textes que la liturgie nous propose aujourd’hui nous redisent également quelle est la mission de l’Église. En premier lieu, continuer et prolonger la mission de Jésus en priant. La première lecture nous donne à voir la puissance de la prière de la toute jeune Église qui va implorer de Dieu la libération de Pierre. St Luc prend bien le soin de nous dire dans la première lecture : « Tandis que Pierre était ainsi détenu dans la prison, l’Église priait pour lui avec insistance ». Et cette prière sera exaucée puisque deux anges vont venir libérer Pierre de ses chaînes. L’Église a pour première mission de prier pour le monde, pour ceux qui souffrent. C’est d’ailleurs le premier engagement que prennent ceux qui reçoivent le sacrement de l’ordre, que cela soit dans le diaconat ou le sacerdoce ; ils s’engagent à prier le bréviaire. La prière du bréviaire n’est que la prière des psaumes que priaient Jésus et les Juifs.

La deuxième mission de l’Église et d’ouvrir le ciel. C’est le sens des clés que Jésus remet à Pierre en lui disant : « Je te donnerai les clés du Royaume des cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. » L’image est très claire : l’Église a mission de faire accéder au Ciel. Cela ne veut pas dire que les hommes ne peuvent pas rejoindre Dieu aussi en dehors de l’Église, mais cela veut dire que c’est la mission que Jésus a confié à l’Église parce qu’elle est l’instrument principal du salut.

L’Église reçoit aussi la mission de guider les gens, de répondre à leurs questions et de les conduire au Christ. C’est le sens du dialogue entre Jésus et ses apôtres au début du passage d’Évangile que nous avons entendu. Il leur demande d’abord qui est le Fils de l’Homme aux dires des gens ; puis dans un deuxième temps qui il est pour eux. L’Église doit dire aux hommes d’aujourd’hui qui est Dieu, qui est Jésus. Et la réponse de l’apôtre Pierre : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant », nous redit que l’Église doit contribuer à faire connaître et à mettre en relation avec Dieu. La réponse de Jésus à Pierre : « Heureux es-tu Simon, Fils de Jonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux », nous redit que l’Église a également mission d’enseigner au nom de Dieu.

 

            Frères et sœurs, voici quelques aspects relatifs à l’institution et à la mission de l’Église que je tire rapidement des textes entendus aujourd’hui. Confions à l’intercession des Saint Pierre et Saint-Paul l’Église, notre paroisse, les prêtres dont notre Église a besoin pour pouvoir être fidèle à la mission que Jésus lui a confiée. Amen !

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