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Homélie de la Solennité des Rameaux


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Solennité des Rameaux


Chers Frères et sœurs,


Nous voici entrés dans la Semaine Sainte, la semaine la plus importante de notre année liturgique, qui va nous conduire à la Résurrection de Jésus en passant par bien des tribulations. Aujourd’hui demandons-nous comment est notre cœur, dans quel état d’esprit sommes-nous, à l’entrée de cette semaine sainte. Pour la vivre de manière féconde, suivons Jésus tout au long de cette semaine.


Suivre Jésus, c’est tout d’abord entrer dans son mouvement intérieur qui le conduit à se donner jusqu’au bout. Peut-être parfois sommes-nous des disciples lointains de Jésus, en tout cas lointains par le cœur, par les sentiments qui nous habitent. Suivre Jésus dans cette semaine, c’est se défaire de son moi, se dépouiller de notre ego, de nos certitudes. Regardez, tous les disciples, tous sauf un Jean, vont tomber. Jésus va les amener à faire l’expérience de leur limite, de leur pauvreté, de leur péché. Et Jésus continue à avancer : de Dieu, Il s’est fait homme ; d’homme, il est traité comme un coupable, un criminel. Il assume l’injustice, le mépris, les insultes, les violences verbales, physiques jusqu’à la mort. Il va tomber, par trois fois. Le Verbe, la Parole de Dieu, se fera silence, laissant croire aux forces du mal qu’elles ont eu le dernier mot. Quel est le sens profond de cet anéantissement de Jésus ? Le sens profond est que Jésus descend jusqu’à la dernière place pour rejoindre tous ceux qui souffrent et tous ceux qui se sentent les derniers, les mal-aimés, les exclus. Il ira même jusqu’à s’identifier à ceux qui se sentent abandonnés de Dieu, notamment en faisant sien cette prière : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Être disciple de Jésus, Le suivre, c’est d’abord Le laisser nous rejoindre dans notre pauvreté, dans notre péché, c’est mettre notre cœur à nu devant Dieu, c’est nous défaire de notre mondanité, de notre superficialité, pour ensuite nous rendre accessibles à tous, aux plus simples et aux plus pauvres.


La Passion de Jésus nous interroge également sur notre place : où nous situons-nous ? Faisons-nous partie de la foule qui l’acclame comme le Sauveur ? ou de ceux qui vont réclamer sa crucifixion, ou alors encore sommes-nous de ceux qui et L’acclament comme le Messie et quelques jours après vont réclamer sa mort ? Peu sont les disciples qui lui resteront fidèles jusqu’au bout. Les vents contraires sont trop forts ; la pression du nombre, de ceux qui cirent le plus fort, la pression du monde aussi. La lâcheté et la peur prennent le dessus sur l’Amour et la fidélité. Être fidèle à Jésus est dur. Il faut pouvoir résister, rester fidèle, ne pas se faire manipuler, quelles que soient les pressions qui s’exercent autour de nous. Frères et sœurs, en ce moment, on pousse les mentalités à accepter, comme une réalité inéluctable, le fait de donner la mort pour soulager les souffrances. Certes, il est vrai qu’il y a des situations qui sont humainement terribles à vivre, d’abord en terme de souffrance pour les malades, puis pour l’entourage. Mais, quelle perspective horrible que de donner la mort comme solution à la souffrance, alors qu’il existe d’autres solutions pour permettre aux gens de ne plus souffrir et de partir apaisés ! Mais bien sûr on saura toujours prendre des cas particuliers pour émouvoir la population et faire bouger les lignes. Donner la mort ne peut pas être une solution. Mieux vaudrait chercher à accompagner la vie jusqu’au bout. Pensez aux personnes âgées de vos familles qui vont finir leur jour dans l’angoisse de ce que pourra décider le corps médical ou bien leur famille. Déjà, un grand nombre de nos anciens craignent parfois d’être un poids pour les leurs. Et pensez au corps médical, aux personnes qui ont donné leur vie pour soigner la vie de leurs frères et sœurs : ils ne se sont pas engagés pour donner la mort ! Ne nous laissons pas manipuler par les faiseurs d’opinion. Gardons notre bon sens ! Gardez votre bon sens ! La vie doit être protégée du début de sa conception jusqu’à la fin. Jésus a choisi de vivre ce dépouillement total justement pour nous montrer que toutes les phases de la vie sont dignes d’être vécues. Si nous nous mettons à dire qu’à tel stade telle vie a le droit de vivre et qu’à tel autre, elle n’a plus le droit, quelle société construisons-nous ? Oui, Frères et sœurs, suivre Jésus dans sa Passion, ce n’est pas que aller à la messe, ce n’est pas que pratiquer la charité dans sa vie, c’est aussi être capable de lui rester fidèles même, surtout plutôt, quand les vents lui sont contraires.


Enfin, suivre Jésus, c’est aussi vivre de la Vie qui jaillit de la Passion. La Passion est source de vie sur plusieurs points. Tout d’abord, elle nous offre la rémission des péchés. Nous sommes délivrés de nos péchés et de la mort, conséquence de nos péchés, par le sacrifice de Jésus qui triomphe de la mort. Et puis, c’est au cours de la Passion que Jésus nous fait don de la Messe, de ce rite sacramentel, qui nous redonne tous les effets de son sacrifice. La Puissance de Vie qui jaillit de la Résurrection nous est donnée dans chaque messe. Jésus fait jaillir la Vie au cœur de la mort. Si nous suivons Jésus au cœur de la Passion, c’est aussi pour recevoir et communier à la Vie qu’Il y institue. La Passion, vécue en communion avec Jésus, devient source de Vie.


Puissions-nous suivre Jésus tout au long de cette semaine dans sa Passion pour accueillir la puissance de Vie de sa Résurrection. Bonne semaine sainte à tous, Amen !

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