Rechercher
  • Paroisse Saint Louis

Homélie de la Solennité de St Pierre-Saint Paul

et Inauguration et bénédiction du vitrail réalisé et offert par Monsieur Célestin Messagio



+


Solennité de St Pierre-Saint Paul

Inauguration et bénédiction du vitrail réalisé et offert par Monsieur Célestin Messagio


Frères et sœurs, chers habitants de St Pierre d’Autils,

Nous nous retrouvons en ce jour pour fêter dans cette église dédiée à Saint Pierre nos saints patrons Pierre et Paul, patrons de l’Église universelle, et plus particulièrement Saint Pierre, patron de cette église et de notre village. En ce jour de fête, nous sommes heureux également d’accueillir officiellement par la bénédiction de Dieu le vitrail, les vitraux, offerts à l’église de St Pierre d’Autils par Monsieur Célestin Messagio, inauguration et bénédiction plusieurs fois reportées en raison de l’épidémie de COVID. L’œuvre a été voulue pour honorer Saint Pierre et je vous propose en ce jour de fête de méditer sur les 3 évènements de sa vie figurés sur ce vitrail, en lien évidemment avec les textes de la liturgie de ce jour.

Le premier tableau, en haut à gauche, nous montre à la fois le coq, signe du reniement de Pierre, et la clé, signe du pouvoir que Jésus confie à Pierre, d’ouvrir et de fermer les portes du Ciel. Ce premier tableau nous plonge tout de suite dans le mystère de l’Église, à la fois de nature divine et de nature humaine, à la fois sainte et pècheresse. Nous entendons la parole de Jésus à Pierre dans l’Évangile : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux Cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clés du Royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les Cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »

Cette parole de Jésus nous révèle plusieurs choses. Tout d’abord, Jésus n’a pas appelé à sa suite des Apôtres parfaits, des hommes parfaits. Les ministres qu’Il choisit, qu’ils soient Pape, évêque, prêtre, diacre, sont des hommes pécheurs. L’Église, composée de fidèles et de clercs, est une Église de pécheurs, et c’est d’ailleurs sa raison d’être. L’Église est faite pour les pécheurs, et plus justement dit, l’Église est faite pour la conversion des pécheurs et leur sanctification.

Ensuite cette parole de Jésus nous révèle que Dieu agit au milieu de notre humanité : « Ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est Cieux. » Dieu inspire par l’Esprit-Saint l’Église, composée d’hommes et de femmes, qui continue à enseigner au Nom du Christ. Il y a ici une profonde raison de se réjouir et de corriger, ou tout du moins ajuster, certaines visions que nous pouvons porter sur l’Église, lorsque nous sommes parfois déroutés ou lorsque des choses ne nous plaisent pas dans l’Église : au-delà de l’aspect humain, Dieu habite son Église, Il la conduit et ouvre un chemin de salut au milieu d’hommes pécheurs. C’est ce que nous montre la première lecture : l’Ange du Seigneur ouvre les portes et libère Pierre, alors en prison. Dieu ouvre toujours les portes, ouvre un chemin, Il libère. Gardons dans notre cœur ce mystère et méditons dessus : Jésus, Celui qui est saint par nature, a choisi de s’abandonner aux mains d’hommes pécheurs et Il confie son Église à Celui qui l’aura renié et à Celui qui tuait ses disciples !

Mais, il y a un Mais…Ces hommes, St Pierre et St Paul, n’étaient pas parfaits ; ils se sont reconnus pécheurs et ont accepté de se convertir, d’accueillir le salut de Jésus dans leur vie. C’est ce sens qu’ils nous sont montrés comme des modèles. Nous passons au deuxième tableau, en haut à droite : Jésus lave les pieds de Pierre. Scène très importante. Pierre refuse spontanément, car il se dit que ce serait plus à Lui de laver les pieds de Jésus, et non l’inverse, un peu comme Jean-Baptiste dont nous avons fêté la Nativité il y a quelques jours qui voulait que Jésus le baptiste plutôt que, lui, baptiser Jésus. La comparaison est intéressante car Jean-Baptiste est humble et il va accepter ; Pierre est orgueilleux et il refuse dans un premier temps. Pierre n’a pas compris que le lavement des pieds est le signe du pardon des péchés que Jésus offre. Symboliquement, en lavant les pieds, Il le lave de ses péchés. En refusant de prime abord, Pierre refuse que Jésus lui remette ses péchés ; et c’est précisément ce qu’il ne comprend pas dans cette scène. Et même en revenant sur sa réaction et en disant à Jésus : « Pas seulement les pieds, mais le tout le corps », Pierre montre encore qu’il n’a rien compris ! Le refus du lavement des pieds, puis son acceptation, renvoie à son orgueil avant la Passion : « Je te suivrai partout où tu iras », à son reniement et enfin au pardon de Jésus qu’il accepte. Jésus confie son Église à des hommes pécheurs, qui ne sont pas meilleurs que les autres, mais qui acceptent le Salut offert par Jésus et la conversion qui va avec. C’est là que réside la différence essentielle avec le Protestantisme. Partant du fait que les médiations ne sont pas parfaites, les Protestants résolvent le problème en dégageant toutes les médiations : les ministres, les saints, l’Église. Les Catholiques les assument en prenant en compte à la fois leurs imperfections mais aussi leur institution divine par Jésus. Le lavement des pieds interroge encore chacun de nous : acceptons-nous que Jésus nous lave de nos péchés, de notre orgueil ? de notre suffisance ? Est-ce que nous puisons ce pardon, nous qui sommes déjà baptisés, au sacrement de la confession ? Que tous ceux qui critiquent l’Église, en général ou en particulier, s’interroge aussi sur leur propre rapport au sacrement de la rémission des péchés.

Enfin, troisième et dernier tableau en bas du vitrail, la scène du « Quo vadis ? » Cette scène renvoie à la parole de Jésus à la fin de l’Évangile selon St Jean : « Amen, je te le dis ; quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture et allais là où tu voulais ; quand tu seras devenu vieux, c’est un autre qui te mettra ta ceinture pour t’emmener là où tu n’aurais pas voulu. » Pierre avait pris la décision d’aller à Rome, capitale de l’empire romain. À Rome, les choses commencent à mal tourner pour les chrétiens : on commence à martyriser cette « secte » du Judaïsme et à mettre à mort tous les disciples de Jésus. Pierre prend peur et, alors qu’il fuit la capitale pour échapper aux persécutions, Jésus lui apparaît qui marche vers Rome. Pierre le reconnaît et lui demande : « Quo vadis Domine ? » (Où vas-tu Seigneur?). Et Jésus lui répond qu’Il se rend à Rome pour y être crucifié une seconde fois. Pierre à nouveau comprend le message, se rappelle la parole de Jésus « Quand tu étais jeune etc… » et repart à Rome où il sera crucifié la tête à l’envers. L’Église a conservé le lieu de cette apparition : c’est sur la Via Appia Antiqua où non seulement on peut voir la marque du pied qu’aurait laissé Jésus dans le sol en apparaissant à Pierre et où l’on a construit une Église qui s’appelle Santa Maria in palmis ou l’Église Quo vadis. Cet épisode nous redit que tous les Apôtres, hormis Jean, le disciple bien-aimé, ont été martyrisés. Ils ont tous été au bout du don de leur vie, à la suite de Jésus. « Le serviteur n’est pas plus grand que son maître » leur avait dit Jésus. La première lecture évoquait la décapitation de Jacques, celui qui avec son frère voulait les premières places dans le Royaume et à qui Jésus répondait : « Pouvez-vous boire à la coupe à laquelle je dois boire ? » Il avait répondu « oui » avec son frère Jean et Jésus leur avait dit : « Ma coupe vous y boirez ! » St Paul est mort martyr, décapité lui-aussi, avec sa tête qui a rebondi trois fois. On rapporte qu’à chaque lieu où la tête a rebondi ont surgi 3 sources. On visite ce lieu également dans Rome sur la Via Laurentina. Le site appelé Abbaye Tre Fontane est devenu une abbaye tenue par des Cisterciens, aujourd’hui toujours visitable.

Alors frères et sœurs, que retenir de ces épisodes ? Qu’il nous faut sans arrêt purifier notre image et vision de l’Église, qu’il faut se rappeler que si l’Église est sainte par nature, par fondation, elle est composée d’hommes pécheurs appelés à se convertir et à accueillir le salut. On ne pourra jamais épuiser la méditation sur l’Amour de Dieu qui va jusqu’à s’abandonner à l’Église, à se remettre entre les mains des pécheurs. Puissent nos saints patrons Pierre et Paul nous aider à approfondir et à purifier notre lien à l’Église. Amen !





11 vues

Posts récents

Voir tout