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Homélie de la Solennité de Pâques


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Solennité de Pâques

« Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts. »



Chers Frères et Sœurs,


Même si la Résurrection de Jésus est le cœur de notre foi, même si elle est l’Évènement le plus grand et le plus important de l’histoire, nous éprouvons une réelle difficulté à la définir et même à y accéder. Tout d’abord parce que le seul qui l’a vécu, c’est Jésus. On dit que Lazare est ressuscité d’entre les morts, certes, c’est vrai ; mais Lazare a dû mourir après. Donc le seul a avoir vécu la Résurrection, c’est Jésus. Par conséquent, nous n’en avons nous-mêmes aucune expérience. Et puis, croire en la Résurrection ne repose que sur la Foi. La Résurrection ne peut pas se démontrer, elle ne peut pas se prouver. En terme de preuves, nous n’avons qu’un corps disparu et des linges qui ont entouré un cadavre qui trainent par terre. En fait, on a une absence de preuves. Et puis, comment la définir ? Certes, la Résurrection est un évènement qui s’est produit dans l’histoire. Mais que peut-on dire ? S’agit-il d’un retour à la vie ? Mais la vie après la Résurrection ne sera pas la même qu’avant la Résurrection ; donc, on ne peut pas parler proprement d’un retour à la vie. Il serait plus juste de dire qu’il s’agit de l’entrée dans une autre vie. L’an dernier, j’avais orienté ma méditation sur la Résurrection en en parlant comme d’une énergie divine. Dans cette même ligne, je vous propose de regarder la Résurrection comme la victoire de l’Amour de Dieu. C’est-à-dire que l’Amour de Dieu est tellement fort, tellement parfait, tellement pur, tellement tout-puissant qu’il a traversé la mort pour en être vainqueur. On pourrait dire que la Résurrection est la manifestation de l’Amour tout-puissant de Dieu qui triomphe de la mort et du péché. Cette approche de la Résurrection a le mérite d’expliquer comment Jésus Ressuscité peut être en tel ou tel endroit, en telle ou telle personne en même temps. L’Amour de Dieu ne peut être arrêté ou contenu par des limites. Il les dépasse. Et donc Jésus peut être à la fois dans le pain consacré, la Sainte Hostie à la messe, et en même temps avec deux ou trois disciples, dans les Écritures. Frères et sœurs, le corollaire de ce que je vous dis là, c’est que lorsque nous choisissons d’aimer l’autre, nous participons d’une certaine manière à la Puissance de la Résurrection de Jésus ; nous en vivons, nous la mettons en œuvre, même si cela n’est pas parfaitement.

Quant à la question de l’accès à la Résurrection en tant que vérité de foi, je vous ferais remarquer que nous accédons à la foi en la Résurrection par le témoignage des Apôtres. La première lecture s’en faisait l’échos : « Et nous, nous sommes témoins de tout ce qu’il a fait dans le pays des juifs et à Jérusalem. Celui qu’ils ont supprimé en le suspendant au bois du supplice, Dieu l’a ressuscité au troisième jour. » Même si nous avons reçu la foi en la Résurrection par nos parents, par des catéchistes, par nos grands-parents, par des prêtres, des religieux, ultimement, nous l’avons reçu par les Apôtres. Cela veut dire que, fondamentalement, la foi en la résurrection de Jésus est intimement liée à l’Église et qu’elle ne peut en être dissociée. Ne l’oublions pas, surtout en ces temps où l’Église traverse une crise importante qui met en cause sa crédibilité.


Maintenant, que nous donne la Résurrection de Jésus ? certes c’est une bonne nouvelle, mais que nous apporte-t-elle ? Elle nous apporte une vie nouvelle. St Jean nous montre cette nouveauté par plein de petits détails dans son Évangile. Le constat de la Résurrection coïncide avec le « premier jour de la semaine ». C’est avec cette indication que nous passons du Shabbat comme jour du Seigneur au dimanche et que le dimanche devient le premier jour de la semaine. De plus, le premier jour de la semaine suggère le début d’un nouveau cycle, ce que nous exprimons à travers les baptistères qui sont octogonaux, 8 côtés, c’est-à-dire 7 + 1, 7 étant le chiffre de la totalité. Le baptistère, qui a 8 côtés, signifie que le baptême donne une vie nouvelle, la Vie du ressuscité, qui marque le début d’un nouveau cycle. St Jean nous montre encore cette nouveauté à travers l’indication temporelle du « grand matin ». Marie-Madeleine va au tombeau au début de la journée ; d’ailleurs St Jean nous dit que c’est encore les ténèbres.

Alors, Frères et Sœurs, que nous apporte cette vie nouvelle, issue de la Résurrection ? je vous propose de nous arrêter sur 3 dons de cette vie nouvelle. Tout d’abord, elle nous donne l’éternité. La vie du Ressuscité n’est plus marquée par les limites temporelles : il s’agit d’une vie qui n’a pas de fin, plus d’obstacles. En somme, c’est la vie éternelle, la vie qui n’a plus de fin, qui durera toujours. Par le sacrement du baptême, la vie éternelle nous est donnée.

On peut dire ensuite que c’est une vie nouvelle à travers le pardon qui nous est donné. Le pardon que Jésus nous offre permet de nous libérer du péché et de ses conséquences, dont, entre-autre choses, la mort. Bien sûr, avant la Passion de Jésus, nous pouvions pardonner; mais avec la Passion et la Résurrection, le pardon devient total et parfait parce que c’est Dieu qui pardonne. L’origine du péché et des désordres qui lui sont liés est réparée. Désormais, nous pouvons recevoir ce pardon parfait à travers le sacrement de la confession, et nous pouvons être réellement libérés et vivre de manière nouvelle.

Enfin, la vie du Ressuscité qui nous est donnée, a la capacité de transformer le mal en bien, la mort en vie. La Résurrection de Jésus est la manifestation de cette transformation. A nouveau, le sacrement du baptême nous donne la capacité de transformer notre vie et nos réalités. La Résurrection est une puissante dynamique de transformation qui caractérise la vie nouvelle qui nous est donnée.


Il y a une autre caractéristique de la résurrection que les textes de ce jour nous montrent ; c’est que la Résurrection est la source d’un dynamisme évangélique et missionnaire. Ce dynamisme missionnaire est le prolongement de la puissance de transformation dont je viens de parler. Regardez à nouveau combien l’expérience de la Résurrection est intimement liée à l’annonce de la Résurrection. Marie-Madeleine est la première témoin de la Résurrection de Jésus et Jésus lui donne mission d’aller prévenir ses Apôtres et d’annoncer qu’Il les précèdera en Galilée. Les Apôtres vont progressivement faire l’expérience de la Résurrection et vont l’annoncer aux Juifs d’abord, aux païens ensuite. Cette annonce de la Résurrection est liée à la force elle-même de la Résurrection. Cela veut dire, Frères et Sœurs, qu’à nous qui célébrons aujourd’hui et dans les huit jours qui viennent la Résurrection du Seigneur, nous sommes renouvelés dans notre dynamisme missionnaire et évangélique, don ô combien nécessaire dans un monde qui n’est plus chrétien ni dans sa société, ni dans ses structures, ni dans son gouvernement. On peut dire que l’on mesurera notre foi en la Résurrection au dynamisme missionnaire que nous mettons en œuvre. La Résurrection de Jésus est une bonne nouvelle à offrir et à annoncer au monde. Elle ne peut se contenter d’un enfermement de la foi dans une vision essentiellement privée. La foi a une expression et une dimension publique qu’il faut avoir le courage d’habiter et de vivre.


Frères et Sœurs, accueillons en ce jour saint la vie du Ressuscité. Puisse-t-elle venir nous renouveler dans notre existence, dans notre foi, dans notre dynamisme missionnaire. Amen, Alléluia !


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