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Homélie de la Solennité de Pâques


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Solennité de Pâques



Chers frères et sœurs,

En cette messe, nous célébrons la Résurrection de Notre Seigneur Jésus-Christ d’entre les morts. Les textes que nous entendons en ce jour nous redisent bien toute la particularité de notre foi en la Résurrection. L’Evangile nous montre la disparition du corps de Jésus. Il n’y a pas de preuve de la Résurrection. La première lecture nous montre St Pierre qui rapporte à un Centurion l’Evènement de la Résurrection. Telle est la manière dont nous appréhendons aujourd’hui la Résurrection : il n’y a pas de preuve ; mais nous croyons en la Résurrection parce qu’on nous a transmis la foi en cet Evènement extraordinaire.

Comment pourrions-nous définir la Résurrection à une personne qui n’a pas la foi ? Nous pourrions dire tout d’abord que la Résurrection est un Evènement qui s’est déroulé dans le temps, à un moment donné. Elle est un fait historique. Et puis, nous pourrions dire dans un deuxième temps que cet Evènement, qui a Dieu pour origine, est en quelque sorte une puissance, une énergie d’Amour et de Vie, qui s’est manifestée dans le retour à la Vie de Jésus. Cette vie nouvelle, dans laquelle entre Jésus qui est passé par la mort, nous est donnée par le sacrement du baptême, sacrement qui nous donne la Vie de Dieu, la vie du Ressuscité.

Je voudrais en ce jour regarder avec vous comment les vertus que nous appelons théologales, la foi, l’espérance et la charité, dons du baptême et par conséquent de la vie du Ressuscité, tirent toute leur puissance de l’Evènement de la Résurrection du Christ et nous permettent de vivre en hommes nouveaux.

Regardons tout d’abord la foi. Il y a deux manières d’envisager la foi. Ou bien nous entendons par la foi l’assentiment qui nous pousse à croire telle ou telle vérité, chose. Par exemple : je crois que Dieu peut agir dans telle ou telle situation. Ou bien, nous entendons par la foi l’objet même de ce qui est à croire. Par exemple : la Résurrection. Certes, la foi comme assentiment existe avant même la Résurrection de Jésus. De son vivant, Jésus dira lui-même à plusieurs reprises : « Ta foi t’a sauvé ! », « Jamais, je n’ai trouvé une telle foi en Israël ! » Mais la foi comme vérité objective à croire ne peut exister avant la Résurrection, puisque c’est la Résurrection de Jésus qui est la plus haute manifestation de la puissance divine. Il faut donc attendre cette manifestation glorieuse pour que la puissance divine se déploie pleinement, au plus haut point, sur notre monde. Depuis la Résurrection de Jésus, cette énergie divine qui s’est manifestée dans la Résurrection ne cesse de se déployer dans le monde, telle une onde qui s’étend dans le temps et l’espace. Cette puissance donne toute sa consistance à la foi, à la grâce qui agit dans les sacrements, à l’Evangélisation. Avec la Résurrection de Jésus, la foi devient une vertu complète : elle n’est plus seulement assentiment, mais elle devient en plus vérité consistante et efficace. Elle n’est plus seulement moyen d’accès, mais devient aussi l’objet que l’on peut atteindre. De fait, on ne peut accéder à la Résurrection que par la foi. La Résurrection n’est pas de l’ordre d’une vérité scientifique ni mathématique. Elle est accessible par la foi qui en est, en même temps, la source.

La foi en la Résurrection devient source d’espérance. Parce que nous savons et nous croyons que la puissance divine a triomphé du mal et de la mort, nous espérons vivre ce que Jésus lui-même a vécu. Nous passons de l’espoir à l’espérance. Si Jésus n’était pas ressuscité, nous ne pourrions pas avoir d’espérance. Car sur quoi se fonderait-elle ? D’où tirerait-elle sa force ? Nous n’en serions restés qu’à de l’espoir.

Enfin, la charité. La charité est un peu comme la foi. Elle existe avant la Résurrection, mais de manière non aboutie, non accomplie. On aimait avant la Résurrection. Jésus ne dit-il pas : « Tu aimeras Dieu de tout ton cœur, de toute âme, de toute ta force. (…) et tu aimeras ton prochain comme toi-même. » ? Mais la Résurrection perfectionne la charité parce que la Résurrection est la manifestation même de l’Amour tout-puissant de Dieu, de l’Amour tellement puissant de Dieu qu’il triomphe du mal et de la mort. La Résurrection de Jésus est la réponse d’Amour du Père au sacrifice d’Amour du Fils. Et comme en Dieu l’Amour et la Vie ne sont qu’une seule et même réalité, cette manifestation d’Amour devient source de Vie et rend la Vie à Jésus. Du reste, St Jean, le disciple appelé le « disciple bien-aimé », croit immédiatement à la Résurrection de Jésus parce qu’il aime. L’amour fait accéder immédiatement à la foi en la Résurrection.

La Résurrection de Jésus donne toute sa force et sa consistance à nos trois vertus théologales que nous recevons lors du Baptême. Alors, en ce saint jour, où nous renouvelons notre baptême, nous accueillons de manière renouvelée la vie du Ressuscité. La foi, l’espérance et la charité nous permettent au jour le jour de déployer dans notre vie la Vie du Ressuscité ; elles nous permettent de vivre en hommes nouveaux ; elles nous permettent de développer en nous et de fortifier la vie divine. Comment vivre aujourd’hui de la Résurrection de Jésus ? En mettant en œuvre dans notre vie la foi, l’espérance et la charité. Puisse la Résurrection de Jésus perfectionner en nous ces 3 vertus pour être aujourd’hui, dans notre monde, les témoins et les disciples du Ressuscité. Amen !


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