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  • Paroisse Saint Louis

Homélie de la Solennité de la Toussaint


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Solennité de la Toussaint

« Nous lui serons semblables car nous le verrons tel qu’il est. »

Chers frères et sœurs,

Nous fêtons la Toussaint dans un contexte bien particulier…mais cette fête a justement quelque chose à nous dire par rapport à ce que nous vivons en ce moment. Notre contexte est marqué par une anxiété ambiante importante. On vit dans la peur, peur de l’épidémie, peur des attaques terroristes. Nos journées semblent être conditionnées à l’annonce des chiffres décisifs ou bien à l’annonce d’un nouvel attentat... Tout devient incertain : notre emploi du temps, nos calendriers, nos rythmes de vie. La possibilité d’exercer son métier, de suivre un enseignement, de se réunir en famille, semble soumise aux caprices d’un être microscopique, qui à l’inverse de nous, a toute licence de se déplacer à toute heure sur le territoire national. Beaucoup d’événements et d’échéances sont remis en question par l’évolution de l’épidémie, par le confinement dans lequel nous sommes entrés pour nous ne savons pas combien de temps… Je pense également aux professionnels directement concernés par les restrictions imposées. Ce n’est pas seulement une activité qui est suspendue pour des travailleurs, mais une inquiétude qui grandit pour la famille dont ils ont la charge.

C’est dans ce climat que la fête de la Toussaint vient orienter nos regards et nos cœurs vers la Jérusalem céleste, vers cette assemblée de fête qui se réjouit éternellement dans la louange de Dieu et qui attend ses enfants au terme de leur pèlerinage terrestre. La fête de la Toussaint dégage donc une lumière de joie, de paix qui dépasse la mort qui marque le terme de notre vie humaine. Ainsi notre horizon, aujourd’hui trop souvent limité aux informations, aux médias, à la peur de ne pas mourir, à l’anxiété, se trouve déchiré pour être à nouveau ouvert à Dieu et à la vie après la mort. La fête de la Toussaint vient nous redire l’importance de ne pas se préoccuper seulement que de notre sort sur la terre, mais aussi de se préoccuper du Ciel. Bien sûr, il est légitime que chacun de nous cherche à ne pas être contaminé, à ne pas contaminer les autres, à ne pas mourir ; mais le but ultime de notre vie n’est pas de ne pas mourir, mais de vivre avec Dieu, de voir Dieu pour toujours et par conséquent de préparer saintement cette rencontre et notre mort. Car, nous mourrons tous un jour ! Nous pouvons regretter parfois un manque de cohérence et de discernement dans la manière de nous comporter devant la pandémie; mais la raison de tout cela n’est-elle pas l’absence de Dieu dans nos vies et dans nos manières de penser ?

Justement la fête de la Toussaint vient nous redire ce que c’est que de vivre chrétiennement : c’est de vivre en union avec Dieu par la Communion que nous avons avec Jésus. La communion avec Jésus, nous avons à la construire tout au long de notre vie. Elle passe par le chemin des Béatitudes qui est le chemin que Jésus a lui-même emprunté. Jésus a vécu totalement chacune de ces Béatitudes pour nous ouvrir, dans toutes ces situations, un chemin vers Dieu, source de bonheur. Avons-nous à choisir nos béatitudes, celles que nous sommes appelés à vivre ? Non ! elles se présentent à nous. Simplement, nous avons à reconnaître en elles le lieu d’une communion avec Jésus qui les a déjà vécues. « Heureux les pauvres de cœur » : Jésus a vécu cette pauvreté radicale, dans l’abaissement de sa divinité en notre humanité. « Heureux ceux qui pleurent » : Jésus a pleuré au moins deux fois : lors de la mort de son ami Lazare, sur la dureté de cœur de Jérusalem qui « tue et lapide les prophètes qui lui sont envoyés ». « Heureux les doux » : Jésus a invité tous ceux qui souffrent à venir à Lui car Il est « doux et humble de cœur ». « Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice » : Jésus n’a eu de cesse que la justice ne soit rétablie en réconciliant les hommes avec Dieu, source de toute justice. « Heureux les miséricordieux » : « C’est la miséricorde que je veux et non les sacrifices » enseignera Jésus à ses disciples. « Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu » : « Qui m’a vu a vu le Père » répondra Jésus à Philippe. « Heureux les artisans de paix » : « Je vous donne ma paix; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne » dira Jésus ressuscité à ses disciples. « Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice » : Jésus subira la Passion. « Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute… » : la Passion à nouveau illustre cette Béatitude. Jésus a vécu chacune de ces Béatitudes, faisant de chacune d’elles le lieu d’une Communion avec Lui. De ce fait, nos propres béatitudes deviennent un chemin vers le bonheur en Dieu.

Cette communion doit marquer notre manière de vivre ici-bas. Soignons notre communion avec Dieu dans tous les moments de notre vie : dans les moments heureux que nous vivons, comme dans les épreuves. Jésus nous est présent. Sachons ré-ouvrir l’horizon de notre monde à Dieu pour permettre à nos frères et sœurs qui ont abandonné Dieu, qui se sont détournés de Lui ou qui ne le connaissent pas, de pouvoir à nouveau respirer, espérer, vivre dans la confiance, la sérénité et la paix. Nous devons donner à nos contemporains le beau témoignage d’une attente de la rencontre avec Dieu et du sens profond de la vie qui en découle. Pour autant, vivre notre vie, la période présente, dans la sérénité et la paix n’implique pas de nous taire sur le respect de nos droits. Nous qui vivons dans la patrie des droits de l’Homme, comme on aime à nous le répéter sans cesse, est-il juste que la liberté de culte soit à nouveau remise en cause ? On nous répondra l’épidémie… certes. Mais alors, on laisse les gens aller faire les courses les uns à côté des autres dans les supermarchés ? Les commerces essentiels nous répondra-t-on ! Et que fait-on de la nourriture essentielle pour un chrétien, la Sainte Communion ? Est-il juste d’affirmer le droit au blasphème d’un côté et de ne pas honorer le droit des citoyens à pratiquer leur culte de l’autre? N’y aurait-il pas justement une occasion au pays de la laïcité pour montrer une conception ouverte de la laïcité, qui permet et protège les cultes ? Frères et sœurs, n’hésitez pas à faire entendre votre voix pour réclamer le droit à la messe!

Que la Sainte Vierge, Reine de tous les saints, fasse grandir en nos cœurs la foi en la Résurrection de Jésus et l’espérance du Ciel, source de joie profonde dans nos vies et qu’elle nous aide à vivre cette période troublée en Dieu, dans la paix et la confiance. Amen !

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