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  • Paroisse Saint Louis

Homélie de la Solennité de la Toussaint


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Solennité de la Toussaint

« Une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches, avec des palmes à la main. »



Chers frères et sœurs,

En cette solennité de la Toussaint, nous fêtons la sainteté de « tous les élus » comme le dit la Collecte de la Messe, c’est-à-dire la sainteté de tous ceux qui sont auprès de Dieu, comme nous redisons que la sainteté est notre vocation à chacun d’entre nous. Il y a une sainteté de fait que nous reconnaissons et une de vocation pour laquelle nous prions. Qu’est-ce que la sainteté ? Pour répondre à cette question, je vous propose de partir de 3 images tirées des lectures de ce jour.

A la lumière des textes de ce jour, la sainteté apparaît comme un chemin de bonheur et comme une promesse de bonheur. La première lecture évoque ce bonheur : « Après cela, j’ai vu une foule immense que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches, avec des palmes à la main. Et ils s’écriaient d’une voix forte : ‘Le Salut appartient à notre Dieu qui siège sur le Trône et à l’Agneau.’ » Cette foule porte l’habit des Noces, l’habit du baptême : elle habillée de blanc et elle adore le Seigneur. L’Evangile, lui, nous redonne à entendre cet appel au bonheur : « Heureux les pauvres de cœur, heureux les doux, heureux ceux qui ont faim et soif de la justice etc… » Dans les deux images que nous donne l’Ecriture, le bonheur est lié à Dieu, au fait d’être en présence de Dieu. Voici un des premiers enseignements de la fête de la Toussaint : la vie chrétienne nous conduit au bonheur et le Vrai Bonheur est en Dieu. Aujourd’hui, en raison de très favorables conditions de vie de nos sociétés, beaucoup de nos frères et sœurs perdent le sens d’un bonheur vrai, durable et profond en Dieu pour rechercher un bonheur utopique dans ce monde-ci. Mais la réalité de notre monde se rappelle à un moment donné à nous et si nous ne sommes pas tournés vers Dieu et enracinés en Dieu, alors notre recherche de bonheur risque de s’écrouler. Le bonheur est un don de Dieu ; c’est un état profond de sérénité et de paix que rien ne peut troubler ni entacher parce que nous savons que Dieu est avec nous en toutes choses et en toute circonstances. Le vrai bonheur, fruit d’une communion avec Dieu, ne craint pas les épreuves, la mort. Il permet au contraire de les vivre et de les supporter. La première lecture nous apprend que ce bonheur est offert à tous ; il n’est pas réservé à des chanceux, ou à un peuple seul. Il est universel : « Et j’entendis le nombre de ceux qui étaient marqués du sceau : ils étaient 144 000, de toutes les tribus des fils d’Israël. » Symboliquement, 144 000, c’est la totalité des habitants du monde.

L’Evangile nous redit que ce bonheur est le résultat d’un chemin à parcourir, chemin que Jésus nous trace : il s’agit de celui des Béatitudes. Le chemin des Béatitudes est le chemin qui nous conduit au vrai bonheur en Dieu. Jésus les a vécues totalement ces Béatitudes et Il nous invite à faire de même.

Les textes nous montrent la sainteté comme le fruit d’une communion à la Croix, comme le résultat d’un combat intérieur. La foule vêtue de blanc tient des palmes à la main. La palme est le signe du martyr. Un des Anciens dira d’ailleurs : « Ils viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs robes dans le sang de l’Agneau, ils les ont blanchies par le Sang de l’Agneau ». C’est-à-dire que cette foule a connu le martyr. Les Béatitudes évoquent dans ce chemin vers Dieu des routes de souffrance : « Heureux ceux qui pleurent ; heureux ceux qui ont faim et soif de la justice ; heureux ceux qui sont persécutés pour la justice ; heureux serez-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous. »

Ces paroles nous redisent qu’ici-bas, il n’y a pas de chemin vers Dieu sans la souffrance et sans la croix. Mais celui qui vit la souffrance en communion avec Jésus qui l’a vécue pour nous, s’ouvre à une communion profonde avec Jésus. Cette communion avec le Christ donne accès à la fécondité de la Croix. Tous les saints ont souffert dans leur vie : intérieurement, physiquement, moralement, spirituellement. Saint Jean-Paul II a souffert dans son corps. Mère Thérésa a souffert spirituellement de nuits de la foi. Ste Thérèse de Lisieux a souffert de maladies etc…La souffrance que l’on ne choisit pas, mais que l’on offre, est le lieu d’une véritable sainteté. En ce jour de la Toussaint, demandons-nous comment nous vivons la souffrance dans notre vie. Est-ce que nous acceptons d’être fidèles à Jésus dans notre témoignage de vie auprès de notre famille, des enfants, dans notre milieu professionnel, dans nos relations ? Est-ce que nous acceptons de nous convertir, d’accueillir la vie divine dans nos lieux de péché, de compromission, de complicité ? Avant d’être un combat extérieur, la sainteté est toujours un combat intérieur. Si notre vie chrétienne n’est pas l’occasion d’un combat intérieur et extérieur, nous ne sommes pas en route vers la sainteté !

Enfin, les textes nous montrent la sainteté comme le lieu d’ouverture et d’accueil de la vie divine. A l’écoute des textes, c’est comme si le Ciel s’ouvrait et que nous voyions ce qui se passe là-haut. Nous découvrons une liturgie céleste dans laquelle les élus, les Anges, se prosternent devant le Trône de Dieu. Voici une image de la vie éternelle. Vivre de l’éternité dès ici-bas grâce à notre baptême, vivre de la joie et du bonheur éternels, ce n’est pas ignorer les pleurs, les larmes, les souffrances qui mouillent nos yeux ou ceux de nos contemporains, mais c’est recevoir la consolation de Dieu et la retransmettre autour de nous. Pour consoler nos frères et sœurs, pour les aider, il nous faut accueillir ce don de la vie divine. Mais aujourd’hui, beaucoup de portes de notre cœur restent fermées à Dieu ou sont bien cadenassées. Et Dieu se tient derrière. Combien de temps devra-t-il attendre pour que nous accueillions sa vie ? Si l’éternité se répand en notre cœur par le sacrement du baptême, elle se nourrit de la grâce des sacrements, de la Sainte Communion, de la confession, elle se nourrit de la prière, elle se nourrit de la liturgie où l’on s’ouvre et l’on s’offre en profondeur à Dieu. Elle se construit par des actes de charité que nous posons dans toutes les petites choses de la vie, comme le pardon, le fait de faire les choses par amour dans nos devoirs d’état respectifs (époux, épouse, père de famille, mère de famille, consacrés), par le don de soi gratuit et désintéressé.

Que la Vierge Marie, d’une sainteté inégalable par la grâce de l’Immaculée Conception, nous aide à accueillir le don de la vie divine, à entrer en Communion avec son Fils à travers les Croix que nous portons, qu’elle nous accompagne sur le chemin de la sainteté pour être profondément et vraiment heureux. Amen !

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