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  • Paroisse Saint Louis

Homélie de la solennité de la Sainte Trinité


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Solennité de la Sainte Trinité

Frères et sœurs,

La solennité de la Sainte Trinité vient clôturer la traditionnelle octave de la Pentecôte qui nous permettait d’approfondir l’accueil du don de l’Esprit-Saint à l’Eglise. Cette octave s’achevait sur la célébration de la Sainte Trinité, qui remettait la personne de l’Esprit-Saint au sein du mystère de Dieu.

Alors cette fête est originale, car d’habitude, nous sommes habitués dans la liturgie à commémorer des évènements qui se sont déroulés entre Dieu et nous : l’Annonciation, la Naissance de Jésus, l’Institution de l’Eucharistie, la Résurrection de Jésus, le don de l’Esprit-Saint à la Pentecôte. Mais, en ce dimanche, nous ne commémorons aucun évènement particulier. Nous contemplons simplement Dieu, son mystère, son être, sa nature, son identité profonde : le mystère de la sainte Trinité. Savez-vous que l’on dit que le mystère de la Sainte Trinité est le premier mystère de la foi chrétienne ? C’est le premier mystère, parce qu’il est la source de tous les autres.

Même si nous fêtons la Sainte Trinité qu’une seule fois par an, regardez combien ce mystère est présent dans notre liturgie, dans notre manière de prier. En fait, on n’y pense pas ; mais ce mystère est très présent. D’abord dans le signe de croix que nous faisons plusieurs fois par jour : premier et dernier signe de notre vie chrétienne posé sur nous, du baptême à la célébration de notre enterrement…Pour ceux qui parmi nous prient le bréviaire, tous les psaumes se terminent par une doxologie (Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit) : on loue la Très Sainte Trinité à travers la prière de l’Ancien Testament. Mais encore, le Credo que nous disons chaque dimanche : il est construit sur le mystère de la Sainte Trinité : Je crois en Dieu le Père, puis en Jésus-Christ et enfin, en l’Esprit-Saint. La prière eucharistique encore que nous entendons à chaque messe est une prière essentiellement trinitaire ; le prêtre, au nom du Christ, offre Jésus sous les espèces consacrées du pain et du vin au Père grâce à l’Esprit-Saint qui vient actualiser ce mystère.

Et puis, il y a une autre chose qui nous lie de manière importante à la Sainte Trinité : c’est notre baptême. Nous avons été baptisés, ou nous allons être, « au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ». Notre être est marqué et habité par la Sainte Trinité. Nous sommes ainsi réellement à l’image de Dieu. Cela veut dire quoi ? Cela veut dire que nous sommes habités par cette présence trinitaire, par cette présence d’Amour au plus profond de nous-mêmes. Cette habitation de la Très Sainte Trinité en nous, nous redit que nous sommes faits pour, au terme de notre vie, rejoindre de visu la Sainte Trinité.

Alors, les textes abordent une autre dimension du mystère trinitaire : celui de l’Amour. Dans la première lecture, Dieu se nomme lui-même à Moïse en disant : « Yahvé, le Seigneur, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’Amour et de fidélité. » Dans la deuxième lecture, St Paul dit : « et le Dieu d’Amour et de paix sera avec vous. » Dans l’Evangile, St Jean écrit : « Dieu a tant aimé le monde…»Les trois textes nous disent en fait l’identité profonde de Dieu qui est l’Amour. En fait, c’est la trinité des personnes qui permet à Dieu d’être un Dieu d’Amour. Pour aimer, il faut nécessairement une altérité et une pluralité de personnes. Personne ne peut s’aimer tout seul ! On aime forcément quelqu’un d’autre que soi. Et ce que le mystère de la Sainte Trinité nous apprend, c’est que lorsque cet Amour est partagé, il est source de vie, de fécondité…Tout ce que l’on peut dire d’autre sur Dieu découle de cela. Parce qu’il est Amour, Il veut nous sauver ; Il vient nous rejoindre, il triomphe du mal par la Résurrection.

Et nous aussi, créés à l’image de Dieu, régénérés par Dieu par notre baptême, nous sommes des êtres de relations, faits pour vivre avec les autres, pour aimer et pour être aimés. Nous devenons nous-mêmes par et grâce aux autres.

St Paul, dans la deuxième lecture, aborde un autre point qui est une conséquence directe du mystère de la Sainte Trinité : le mystère de notre unité et de notre individualité. « Soyez d’accord entre vous ! » écrit St Paul. Être d’accord, cela signifie : soyez unis. Or, ce qui permet d’être unis, sans être des clones, ce qui permet d’être unis, tout en restant soi-même, c’est l’Amour. L’Amour tend à l’union, à l’unité, à la communion, mais en faisant que chacun reste soi-même, sans entrer en confusion, sans devenir l’autre. Dans l’Amour, chacun garde sa personnalité, son individualité, sa personnalité. Seul l’Amour, et donc de manière ultime Dieu, permet l’unité dans la distinction des personnes. C’est ce que Dieu est en lui-même : un seul Dieu en trois personnes qui se distinguent et ne sont pas interchangeables.

Nous faisons nous-même l’expérience de la difficulté à être unis, déjà au sein de la même confession de foi. Être unis, en respectant l’autre, sans devenir comme l’autre tout en restant soi-même n’est pas facile. Mais, à l’image des personnes divines, cela n’est possible que par Dieu et grâce à Dieu. Dans notre société aussi, nous faisons l’expérience de la difficulté de vivre unis : il est difficile de faire vivre ensemble sur un même territoire des gens de culture, de religion différente. Il me revient la remarque d’une personne malade qui découvrait Lourdes pour la première fois, et qui, voyant toutes les nationalités différentes présentes, toutes les cultures différentes, toutes les langues différentes aussi, disait : « Tout ça ne peut tenir que parce qu’il y a Dieu derrière. » Quel bon sens !

Si Dieu était plus présent dans nos vies, dans nos villes, dans nos sociétés, alors le « vivre-ensemble », thème cher à certains, serait beaucoup plus facile et moins problématique aujourd’hui. On oppose trop souvent le « religieux », avec les sphères « politiques » ou « sociales ». Nous l’avons d’ailleurs vu une nouvelle fois dernièrement non seulement dans le non-respect des droits des personnes malades ou mourantes à recevoir la visite d’un prêtre pour recevoir les derniers sacrements, mais encore dans l’interdiction absolue de tout culte public; mais dans le fond, en défendant la présence de Dieu dans notre monde, et dans nos sociétés, nous oeuvrons pour le « politique » et le « social » au vrai sens du terme, puisque seul Dieu est la cause et le fondement de toute unité.


Demandons la grâce au cours de cette messe de nous ouvrir en profondeur au mystère de la Sainte Trinité et de nous laisser transformer par cette présence habitante au plus profond de nous-mêmes. Amen !

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