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Homélie de la Solennité de la Sainte Trinité


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Solennité de la Sainte Trinité


« Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous »


Frères et sœurs,


Au terme de l’ancienne octave de la Pentecôte où l’Église approfondissait le don de l’Esprit-Saint, nous fêtons la Sainte Trinité, c’est-à-dire le mystère de Dieu lui-même. C’est assez rare dans notre calendrier liturgique de ne pas fêter un évènement qui concerne la vie de Jésus comme par exemple l’Annonciation, l’Incarnation, la Résurrection ou encore la mort d’un saint, qui correspond en fait à son entrée dans le Vie, mais de fêter Dieu lui-même. La Sainte Trinité appartient à ce type de fête, comme nous aurons dans quelques jours la Fête-Dieu où, là, nous fêterons et adorerons plus particulièrement Jésus dans le Saint-Sacrement.

La fête de la Sainte Trinité s’est imposée assez tardivement dans l’Église, au XIVème siècle, alors que le dogme de la Sainte Trinité est fixé lors du Concile de Constantinople en 381, lequel concile reconnaît l’égale divinité des trois personnes divines que sont le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Nous avons un texte codifiant l’expression de la foi en la Sainte Trinité dans le Symbole de Nicée-Constantinople que nous redisons ou chantons tous les dimanches.


La fête de la Sainte Trinité nous dit quel est l’être profond de Dieu : un seul Dieu qui existe en trois personnes, qui partagent entre elles la même divinité. C’est la trinité des personnes en Dieu qui permet à Dieu d’être une puissance d’Amour en lui-même, avant de l’être en dehors de lui-même. Pour aimer, il faut nécessairement qu’il y ait une autre personne. Et à partir de deux personnes qui s’aiment de manière réciproque, naît une ouverture, une transmission qui est le fruit de l’Amour partagé. Même s’il y a une dimension d’exclusivité dans l’amour, un amour vrai et mature est par nature ouvert et partagé. Toute la Bible nous révèle, de l’Ancien Testament au Nouveau, comment les trois personnes divines sont présentes et agissantes dans l’histoire du salut, en commençant par l’Esprit de Dieu qui planait sur les eaux au premier chapitre de la Genèse, pour arriver aux paroles de Jésus dans l’Évangile : « Allez, de toutes les nations faites des disciples, et baptisez-les au nom du Père et du Fils et du St Esprit. » en passant par le prologue de St Jean qui nous dit : « Au commencement était le Verbe et le Verbe était Dieu. » Depuis plusieurs décennies, l’Église, dans son catéchisme, met davantage l’accent sur le fait que Dieu est amour ; ceci est tout à fait vrai et c’est ce qui est permis par la trinité des personnes en Dieu.


Si l’on ne célèbre qu’une fois par an la fête de la Sainte Trinité, le mystère de la Sainte Trinité est pourtant très répandu dans la liturgie. Il est tellement répandu que nous n’y prêtons même plus attention. Par exemple, regardons le signe de croix qui est une confession de foi trinitaire. Ce signe de croix, nous le faisons au début et à la fin de toute prière. Ce même signe de croix est celui qui marque le début et la fin de notre vie chrétienne : c’est le premier signe du baptême posé sur nous et c’est le dernier signe qui sera tracé sur notre cercueil. La messe commence par le signe de croix et s’achève par le signe de croix lors de la bénédiction du prêtre. Le Credo que nous redisons ou chantons à chaque solennité est trinitaire : nous redisons notre foi en Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit. L’hymne du Gloria est trinitaire. Toutes les oraisons de la messe se concluent par une formule trinitaire : « par Jésus-Christ ton Fils notre Seigneur, qui vit et règne avec toi en l’unité du Saint Esprit, Dieu pour les siècles des siècles. » Et le summum de la messe, la prière eucharistique, qui est la prière la plus trinitaire de la messe. La prière eucharistique est toujours adressée au Père, à qui le prêtre offre le Fils, sous les espèces du Pain et du Vin, dans l’Esprit-Saint. Tout au long de la prière eucharistique, vous voyez mentionnées les trois personnes divines, exaltées dans une doxologie finale qui est trinitaire : « Par Lui, avec Lui et en Lui (Lui = Jésus sous les espèces du Pain et du Vin consacrés), à Toi Dieu le père Tout-Puissant (le sacrifice de Jésus est offert au Père) dans l’unité du Saint-Esprit (mention de la 3ème personne divine) tout honneur et toute gloire pour les siècles des siècles. », et vous répondez « Amen ».

En fait, sans nous en rendre compte, l’Église, par la liturgie, par la prière, nous éduque et nous forme à la dévotion à la Sainte Trinité.


Par la liturgie et les sacrements, nous ne sommes pas seulement marqués par la Sainte Trinité, nous sommes aussi habités par la Sainte Trinité. Et cette habitation marque notre manière de vivre et ne demande qu’à se déployer dans notre vie. Ici, il faut bien faire une distinction importante. Parce que Dieu est notre créateur à tous et que nous sommes tous créés à l’image de Dieu, nous avons tous en nous la marque de la Sainte Trinité ; il y a, peut-on dire, un espace en nous pour l’habitation de la Sainte Trinité. Mais par le sacrement du baptême, nous sommes réellement habités par le Père, le Fils et le Saint-Esprit aux noms desquels nous sommes baptisés. Il faut bien distinguer le fait que nous sommes à l’image de Dieu, faits pour être habités par la Sainte Trinité et le fait que le baptême fait habiter réellement en nous les trois personnes divines.

Le point suivant est que l’habitation des trois personnes divines en nous marque et oriente notre manière de vivre. Et je voudrais regarder avec vous deux orientations naturelles qui viennent de cette habitation. Tout d’abord, une des caractéristiques de la Sainte Trinité est qu’une seule personne ne se suffit pas à elle-même pour exister ; il y a besoin des deux autres personnes. Le père est vraiment et pleinement Père parce qu’il y a le Fils et le Saint-Esprit ; dit autrement, les deux autres personnes que sont le Fils et l’Esprit-Saint donnent pleine existence au Père. Cela se traduit chez nous par le fait que nous avons besoin des autres pour exister ou, encore dit autrement, les autres nous font devenir nous-mêmes. Là se trouve la source profonde de l’unité : personne ne peut se suffire à lui-même ; pour être lui, il a besoin des autres et en premier lieu de l’Autre qui est Dieu.

L’autre orientation qui découle de l’habitation de la Sainte Trinité en nous est que pour construire et vivre dans l’unité, dans une société, une nation, une communauté, il faut l’aide de la Sainte Trinité ; il faut Dieu. On ne peut rien construire sans Dieu ou contre Lui. Or, le catholicisme a en lui-même ce principe d’unité et d’intégration des différences. Par essence, la laïcité ne peut pas avoir en elle-même ce principe d’unité et d’intégration. Que la laïcité permette un traitement égal des personnes de religion différente, qu’elle garantisse les mêmes droits aux personnes appartenant à des religions différentes est une chose ; mais elle n’a pas en elle-même la capacité d’unité. Ça, c’est du point de vue de son essence-même ; par ce que c’est encore plus clair dans les faits, où bien souvent la laïcité est considérée comme une opposition à la religion. Un chrétien qui se laisse habiter et dynamiser par la présence trinitaire en lui-même ne peut que être ouvert en vérité à l’autre et, dans cette ouverture fondamentale, être un artisan de l’unité.


Frères et sœurs, confions au Dieu Trinitaire tous les baptisés, habités par la Sainte Trinité, et demandons-Lui que, par l’épanouissement de la vie trinitaire en nous, nous œuvrions à l’unité de l’Église et du Peuple de Dieu. Amen !

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