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  • Paroisse Saint Louis

Homélie de la Solennité de la Pentecôte 2020 et Consécration de la Paroisse à la Sainte Vierge


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Solennité de la Pentecôte 2020

Consécration de la Paroisse à la Sainte Vierge

Chers frères et sœurs,

Comme nous le disons depuis plusieurs jours, la Solennité de la Pentecôte correspond au déconfinement de l’Eglise et à la reprise officielle du culte public. Bienheureux don de l’Esprit qui a poussé l’Eglise hors des murs du Cénacle pour annoncer l’Evangile et Jésus au monde entier. Bienheureux don de l’Esprit que nous implorons pour notre Eglise et notre paroisse en vue d’un nouvel élan missionnaire !

Il se trouve, comme j’ai eu l’occasion de l’évoquer dans de précédentes homélies, que la Pentecôte coïncidera, pour nous sur la paroisse, avec la consécration mariale de notre paroisse en ce jour où nous fêtons également la Visitation de la Sainte Vierge à sa cousine Elisabeth. Il y a un lien très profond entre Marie qui reçoit la première effusion de l’Esprit-Saint lors de l’Annonciation, et qui part immédiatement porter cette Bonne nouvelle à sa cousine Elisabeth, et la Pentecôte où l’Eglise reçoit la deuxième effusion de l’Esprit-Saint qui la pousse sur les chemins du monde. Marie, première Eglise, est celle qui apprend à l’Eglise à accueillir le don de Dieu et à le donner aux autres. C’est donc vers elle, en ce jour particulier, que nos cœurs se tourneront pour qu’elle nous aide à vivre des dons de la Pentecôte.

A la lecture des textes du jour, je retiens 3 effets de l’Esprit-Saint sur l’Eglise.

Tout d’abord, l’Esprit-Saint est celui qui assure la catholicité de l’Eglise et son unité. Deux mouvements qui, pris de manière humaine pourraient s’opposer, mais qui venant de Dieu se complètent et s’appellent l’un l’autre. La première lecture se fait l’écho de l’évènement de la Pentecôte : « Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans son propre dialecte : Parthes, Mèdes et Elamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, de la Province du Pont et de celle de l’Asie, de la Phrygie et de la Pamphylie, de l’Egypte et des contrées de Lybie proches de Cyrène, Romains de passage, juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes. » Bref, c’est le monde entier qui est à Jérusalem. La Pentecôte met le don de Dieu à la portée de tous les peuples du monde. L’Eglise, déjà catholique dans son noyau, le devient dans son extension à la Pentecôte avant de l’être en plénitude à la fin des temps. Aujourd’hui aussi, nous avons besoin que l’Eglise rejoigne davantage le monde, mais sans se laisser absorber ni engloutir par lui, contrairement à ce qui s’est passé dans les années post-conciliaires, où alors que l’Eglise voulait moderniser son rapport au monde, c’est finalement le monde, avec tout ce qu’il est, qui est entré dans l’Eglise. Bien souvent l’Eglise n’est devenue qu’une caisse de résonance des idéologies qui traversent le monde. Alors le désir de rejoindre le monde s’est transformé en une assimilation au monde, puis en une dissolution dans le monde. Les moyens de rejoindre le monde nous sont donnés par l’Esprit-Saint ; que Marie nous aide à les accueillir.

A ce mouvement de la catholicité répond celui de l’unité. St Paul s’en fait l’écho dans la deuxième lecture : « Les dons de la grâce sont variés, mais c’est le même Esprit. Les services sont variés, mais c’est le même Seigneur. Les activités sont variées, mais c’est le même Dieu qui agit en tout et en tous. (…) Prenons une comparaison : le corps ne fait qu’un, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps. » L’unité dans l’Eglise est non seulement un don de Dieu, mais aussi l’œuvre de l’Esprit. Trop souvent l’unité n’est vue que sur un plan humain, dans lequel on ne la reçoit pas de Dieu, mais on la construit à partir de ce que l’on partage en commun. Une telle unité est bien fragile, car elle fait difficilement place à la légitime différence des uns et des autres, de ceux qui pensent différemment, qui prient différemment. Dans cette optique, les différences sont vues comme des dangers et des menaces. On pense alors à tort que les différentes sensibilités dans l’Eglise, dans une paroisse, sont une menace, un danger pour l’unité. Mais pas du tout ! Peut-être est-ce la Communion avec Jésus qui fait défaut ? ou l’Esprit-Saint qui manque ? Que Marie nous apprenne à ne pas construire l’unité sur des convergences d’opinions, de sensibilités, mais qu’elle nous apprenne à la recevoir de Dieu.

L’Esprit-Saint est aussi celui qui dévérouille les portes, les cœurs, les intelligences. Les Apôtres sont repliés sur leur peur, renfermés sur eux-mêmes. L’Esprit-Saint vient les libérer et convertit leurs dispositions intérieures. Le monde n’est plus une menace, un danger ; il devient un lieu à évangéliser. Aujourd’hui des peurs semblables viennent paralyser et scléroser le dynamisme missionnaire de l’Eglise : peur de ne pas être comme les autres, de se démarquer, peur d’être parfois à contre-courant des modes de pensée ambiants, peur de s’affirmer comme disciple de Jésus. Il est plus facile de mettre en avant un combat pour des valeurs qu’une fidélité à une personne Jésus-Christ. La peur est toujours le signe de l’absence de Dieu. Que Marie nous aide à accueillir l’Esprit-Saint qui dévérouille nos fermetures et nous apprend à dire « oui ».

Enfin, l’Esprit-Saint est celui qui envoie l’Eglise en mission : « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Si les Apôtres, si l’Eglise, est envoyée en mission pour donner les sacrements, pour guérir, pour enseigner, c’est aussi et avant tout pour annoncer le Salut offert en Jésus-Christ, Fils de Dieu. Demandons-nous, dans tous les projets missionnaires dont nous pouvons entendre parler, s’ils sont orientés et permettent la connaissance de Jésus ? Il me semble parfois que l’on assiste plus à une sorte de déchristianisation de la mission, au sens où, si les valeurs mises en avant sont issues ou proches de l’Evangile, Jésus n’est pas forcément la finalité des projets missionnaires. Bien sûr, il est important de concourir à faire le bien, de maintenir des principes évangéliques dans la société car, on le découvrira avec la déchristianisation de la société, les principes évangéliques protégeaient les plus faibles et les plus pauvres, mais il est premier d’annoncer Jésus. Que Marie nous aide à accueillir les impulsions de l’Esprit-Saint pour annoncer son Fils au monde.

Pour chacun des effets de l’Esprit-Saint que j’ai retenus, j’ai demandé à la Sainte Vierge, Première Eglise à recevoir la première effusion de l’Esprit-Saint, de nous aider à accueillir le don multiforme de Dieu. La vraie question ne consiste pas à implorer une nouvelle effusion de l’Esprit, mais à accueillir ce don sans cesse renouvelé de Dieu. Aujourd’hui, demandons-nous s’il y a de la place en nous pour accueillir le don de Dieu. Au milieu du déferlement d’informations, de médias, d’internet, d’écrans que nous connaissons, quelle place y a-t-il en nos cœurs pour accueillir l’Esprit de Vérité, l’Esprit de Lumière, l’Esprit de vraie connaissance ? Et si place il y a, de quelle place s’agit-il ? Un taudis quasi inaccessible, enfoui sous les ronces de nos lâchetés, ou un palais immense aux lumineuses et larges pièces ? Le choix nous revient. Si nous voulons accueillir l’Esprit, il faut chercher comment plaire à l’Esprit. Ni la télévision, ni l’internet n’édifient notre être selon l’Esprit-Saint, ni ne font fructifier en nous ses dons. Telles des herbes envahissantes, ils colonisent plutôt la place qui lui revient.

L’Esprit-Saint est l’artisan patient de toute sainteté et de toute fécondité : fécondité et sainteté de Marie, fécondité et sainteté des apôtres et de l’Église. Au jour de l’Annonciation, la joie spirituelle de l’espérance du Messie, que Marie partageait avec son peuple d’une manière particulièrement intense, s’est transformée, sous l’action du Saint-Esprit et par le « oui » de Marie, en la joie de la fécondité et de l’accomplissement de la Promesse dans la venue de Jésus. L’histoire de l’Eglise atteste que l’Eglise, les paroisses, ne meurent pas des persécutions des États ou de la pauvreté. Elles meurent des blessures contre l’amour, des divisions, des « non » qui stérilisent l’action de l’Esprit. Il en va de même de nos familles selon la chair, et aussi des nations. Alors que nous nous lamentons de la situation des chrétiens dans nos pays, souvenons-nous de cela. Pouvons-nous discerner en nos familles, dans notre paroisse, les signes de l’Esprit ? Travaillons-nous vraiment à y instaurer le règne de l’Esprit, afin que soient rénovée la face de nos familles, de nos communautés, de la terre ?

Que nos cœurs remplis d’espérance brûlent du feu que le Seigneur est venu répandre sur la terre, et dont Il n’avait de cesse qu’il soit allumé. Désirons ardemment que cet Esprit se répande. Que Marie nous aide à accueillir en plénitude l’Esprit-Saint ; qu’elle veille sur chacune de nos vies, de nos familles, sur notre paroisse. Que cette dernière grandisse dans l’amour et la paix, dans l’audace et la force. Notre-Dame, priez pour nous et protégez-nous, gardez-nous fidèles à Jésus et à l’Eglise ! Amen !

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