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Homélie de la Solennité de la Nativité de Saint Jean-Baptiste


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Solennité de la Nativité de Saint Jean-Baptiste

Fête patronale de l’église St Jean-Baptiste


Chers Frères et sœurs,


Entrons dans cette solennité qui nous fait passer des ténèbres à la pleine lumière, de l’Ancien au Nouveau Testament, au moment précis où la durée du jour est la plus longue. Les celtes avaient coutume de fêter le soleil, la lumière, lors du solstice d’été, le 24 Juin, avec un grand feu qui symbolisait le soleil, tradition que nous avons conservée avec les « feux de la Saint Jean ». Après le 24 Juin, la lumière du soleil diminuera progressivement jusqu’au solstice d’hiver, le 25 décembre, date à laquelle la croissance de l’ensoleillement reprendra. C’est d’ailleurs à cette date que l’on fixera la naissance de Jésus, « vraie Lumière qui éclaire tout homme » comme le dira St Jean dans le prologue de son Évangile.

Jean-Baptiste est le prophète qui nous fait passer de l’Ancien au Nouveau Testament. L’Evangile que nous venons d’entendre nous le dit à deux reprises. « A l’instant même, sa bouche s’ouvrit et sa langue se délia. » nous dit St Jean en parlant de Zacharie, le père de Jean-Baptiste. Je voudrais m’arrêter sur cet épisode, très symbolique. Zacharie, alors qu’il officiait au Temple, reçoit une vision d’un Ange lui annonçant qu’il allait avoir un enfant (en dépit des Lois de la nature : sa femme était stérile et en plus âgée). Mais Zacharie ne croit pas l’Ange. Il n’offre pas une pleine coopération. De ce fait, il perd l’usage de la parole. Pour un prêtre, même de l’Ancien Testament, c’est embêtant…Il ne peut plus exercer son sacerdoce. Il y a quelque chose qui s’arrête avec son manque de foi. Lorsque l’enfant naîtra et qu’il accomplira ce que l’ange lui avait annoncé, à savoir qu’il appellera son fils Jean, Zacharie retrouve l’usage de la parole. Son mutisme correspond à son manque de foi. En donnant naissance à celui qui sera la Voix (« Je suis la voix de celui qui crie dans le désert » dira de lui-même Jean-Baptiste… »), il retrouve l’usage de la parole. Avec le recouvrement de la parole, c’est une vie nouvelle qui commence. L’homme ancien de l’Ancienne alliance est mort ; un homme nouveau, celui de la Nouvelle Alliance, vient de naître par la naissance de son fils.


Il y a un deuxième élément qui suggère un passage de l’Ancienne Alliance à la Nouvelle, c’est le choix du prénom. Dans la tradition hébraïque, le prénom se transmet de père en fils, de grand-père en petit fils. Quand on demande le futur prénom de l’enfant et qu’Elisabeth répond « Jean », on lui fait remarquer que personne dans sa famille ne porte ce prénom. Cette rupture dans le choix du prénom marque un passage. Désormais, en obéissant à l’ordre de Dieu, quelque chose de nouveau commence ; il y a une rupture dans la tradition ; une ère nouvelle s’ouvre. De plus, il faut savoir que le prénom dans la tradition hébraïque dit et l’identité de la personne et sa mission. Jean, Yochanan en hébreu signifie Celui qui fait indulgence, celui qui fait miséricorde. Quel beau prénom pour celui qui baptisera et qui, en baptisant Jésus, fera passer de l’ancien rite de baptême et au nouveau sacramentel !

Les textes que nous entendons pour la Nativité de St Jean-Baptiste attirent notre attention, notamment entre la première lecture et le psaume, sur la vie in utero de Jean-Baptiste. Ils nous disent que le bébé dans le sein de sa mère est déjà une personne pleine, entière et agissante et ils nous disent que Dieu habite déjà cette personne et a un projet pour cette personne. Je reprends les paroles du prophète Isaïe : « J’étais encore dans le sein maternel quand le Seigneur m’a appelé ; j’étais encore dans les entrailles de ma mère quand il a prononcé mon nom. » Plus loin : « Maintenant le Seigneur parle, lui qui m’a façonné dès le sein de ma mère. » La Sainte Ecriture nous apprend que l’enfant pas encore né a une vie naturelle pleine mais aussi une vie surnaturelle. Dieu a un projet pour chacun de ses enfants, même ceux qui ne sont pas encore nés.


A cela, il faut ajouter avec l’épisode de la Visitation, que nous voyons que les bébés dans le ventre de leur maman agissent pleinement. Jésus dans le sein de Marie salue son cousin Jean-Baptiste dans le sein d’Elisabeth, et les deux enfants sont à l’origine, provoquent en quelque sorte l’échange qui suit entre Elisabeth et Marie. Ils agissent déjà comme des personnes complètes. Que retenir de ces réflexions ? Trois choses. Tout d’abord, qu’il faut protéger et défendre les bébés dans le ventre de leur mère parce qu’ils sont déjà vraiment des personnes qui existent, qui vivent, qui agissent. Dieu les connaît. Et ces êtres sont les plus faibles, les plus fragiles, les plus dépendants. Quelles que soient les conditions des grossesses, désirées, non désirées, accidentelles, on ne peut mettre de côté ces vies innocentes qui n’ont rien demandé. Quelles que soient les modes, les pressions idéologiques ou politiques, quelles que soient les Lois même votées, l’Eglise sera toujours du côté de la vie innocente à défendre, à protéger. Fêter la Nativité de St Jean-Baptiste, c’est aussi redire l’infinie valeur de toute vie humaine. L’enfant est toujours à accueillir comme un don et non comme un produit que l’on commande ou que l’on veut.

La Nativité de Saint Jean-Baptiste nous redit aussi que Dieu est le seul maître de la Vie. Zacharie et Elisabeth n’ont pu avoir d’enfants…mais Dieu va leur en donner. La Bible nous présente un certain nombre de naissances d’origine surnaturelle : le prophète Samuel, Samson, Jean-Baptiste, Jésus. Nous ne pouvons que nous réjouir que la science et la médecine aient fait des progrès ; mais, ultimement, Dieu reste le seul maître de la Vie. Il est la source de toute fécondité, naturelle comme surnaturelle. Seul Dieu peut agir au-dessus des lois de la nature. « Rien n’est impossible à Dieu » nous redit l’Archange Gabriel.


Enfin, j’en tire une troisième réflexion qui concerne les parents. Le rôle des parents est de coopérer à l’œuvre de Dieu pour les enfants, voire d’aider à découvrir le projet de Dieu, de les aider à y répondre ; pas de faire écran ou d’appliquer un programme personnel sur son enfant. L’Ecriture nous le rappelle : le projet de Dieu précède celui des parents. Lorsque Zacharie applique ce que l’ange préconisait dans le choix du prénom, il guérit. La coopération à l’œuvre de Dieu est source de guérison.


En ce jour où nous fêtons la Nativité de Saint Jean-Baptiste, prions pour toutes les familles, pour la mission des parents qui est de coopérer à l’œuvre de Dieu, d’aider leurs enfants à connaître Dieu ; prions pour tous les enfants dans le sein de leur mère, pour tous ceux qui n’ont pas vu le jour. Prions pour tous les couples qui désirent avoir des enfants et qui n’y arrivent pas : qu’ils se tournent avec confiance vers Dieu. Prions pour les vocations religieuses et sacerdotales dont notre Eglise a besoin. Dieu n’a jamais arrêté d’appeler. Mais sommes-nous ouverts à cet appel ? Est-ce que nous soutenons les vocations ? Aidons-nous les enfants à découvrir ce que Dieu attend d’eux ? Que Saint Jean-Baptiste intercède pour chacun de nous. Amen !

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