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Homélie de la Solennité de l’Assomption


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Solennité de l’Assomption

Chers frères et sœurs,

La fête de l’Assomption est une des fêtes préférées du peuple chrétien : certainement parce qu’elle se situe pendant les vacances, qu’il fait beau, que c’est un jour férié, parce que souvent les gens sont en famille, mais aussi et surtout parce que cette fête est belle : elle nous donne à voir la beauté de la créature telle que Dieu l’avait voulue au début de la Création; elle nous donne à voir la victoire de Dieu dans ses créatures ; elle nous donne à voir ce que Dieu nous promet. N’oublions pas non plus que la fête de l’Assomption était et est toujours la fête patronale de la France avant l’Avènement de la République, d’où les multiples processions qui, d’ordinaire, habillent notre territoire en ce jour anniversaire de la consécration de la France au Cœur Immaculé de Marie.

Si la solennité de l’Assomption est une conséquence de la solennité de l’Immaculée Conception, parce que préservée du péché originel, Marie est logiquement préservée des conséquences du péché et en particulier de la mort (c’est précisément ce que nous fêtons aujourd’hui, le fait que Marie monte au Ciel corps et âme, c’est-à-dire que la mort ne l’a pas atteinte), l’Assomption est une réponse à l’Annonciation.

Lors de l’Annonciation, Marie accueille le Fils de Dieu en son sein et lui offre l’humanité; lors de l’Assomption, Dieu accueille Marie au Ciel et lui offre la gloire divine : « Un signe grandiose apparut dans le Ciel : une Femme ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles. » Marie est alors dite « Bienheureuse » parce qu’elle entre au Ciel, à la suite de son Fils Ressuscité et elle partage en plénitude la gloire divine. Marie nous redit que nous tous sommes attendus au Ciel pour vivre pareillement de Dieu.

Arrêtons-nous justement sur l’entrée de Marie au Ciel. Qu’est-ce qui fait qu’elle entre au Ciel, outre la grâce particulière de l’Immaculée Conception dont elle jouit ? Quel chemin nous montre-t-elle ? Pour méditer sur l’entrée glorieuse de Marie au Ciel, regardons à nouveau la fête de l’Annonciation. Lors de l’Annonciation, Marie vit deux choses : elle accueille le mystère de Dieu et elle dit « oui » à Dieu.

« Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge ? » demandera la Sainte Vierge à l’Archange Gabriel. Marie accueille le mystère de Dieu sans chercher à avoir des garanties, sans poser de conditions. Elle accepte le mystère parce qu’elle vit tout dans la foi. En contemplant Marie qui entre au Ciel, nous apprenons à contempler Dieu ainsi que les mystères de Dieu ; nous apprenons à contempler les réalités divines pour en vivre. Dans une société moderne qui aujourd’hui nous invite beaucoup à consommer puis à jeter, Marie vient nous rappeler que Dieu n’est pas une vérité consommable puis jetable, mais qu’Il est une Vérité éternelle. Demandons-nous avec quelle foi nous vivons des mystères divins. Ne mettons-nous pas parfois trop de conditions pour accueillir les mystères divins ? Comment vivons-nous personnellement des principaux mystères de la foi chrétienne ? du mystère de la Sainte Trinité ? du mystère de l’Incarnation ? de celui de la Résurrection ? Comment situons-nous Dieu dans la multiplicité de nos occupations ?

A l’Annonciation aussi, Marie dit « oui » à Dieu. Ce « oui » est la porte d’entrée de Dieu dans sa vie et la porte d’entrée au Ciel. L’Assomption nous montre la promesse réservée à ceux qui disent « oui » à Dieu. Le « oui » à Dieu n’est jamais stérile; il est fécond pour les autres, pour soi-même et il ouvre le Ciel. La Sainte Vierge nous apprend à dire « oui » à Dieu et à son Eglise. Elle nous apprend à dire un vrai « oui », sans conditions ni restrictions, sans altérations ni obstructions. Nous faisons l’expérience que nos « oui » ne sont pas toujours pleinement ouverts. Parfois, s’ils sont prononcés en surface, ils ne sont pas vraiment ouverts dans le fond. Parfois aussi, ils cachent des « non ». Parfois encore, ils sont des non. Si la sainte Vierge est bienheureuse, c’est parce qu’elle dit « oui » à Dieu. Son « oui », sera marqué par la croix, comme le lui prophétise le vieillard Syméon. Il sera attaqué par le démon, par le Mal. Le « oui » est toujours le lieu d’un combat. S’il n’y a pas de combat, c’est que dans le fond, il n’y a pas de vrai « oui ». En cette fête de l’Assomption, demandons à Marie qu’elle nous apprenne à dire de vrais et beaux « oui » à Dieu et à son Eglise, au-delà des peurs que nous pouvons avoir, au-delà des restrictions ou des réserves que nous pouvons mettre parce que ce qui me sera demandé, proposé, ne correspond pas forcément à la vision que je peux avoir de telle ou telle réalité humaine ou ecclésiale. Que Marie nous apprenne également à pouvoir dire les « non » nécessaires aux « oui » que nous offrons à Dieu. Beaucoup de chrétiens, beaucoup d’hommes politiques chrétiens ou tout du moins de culture chrétienne, n’ont pas, n’ont plus, aujourd’hui la force de s’opposer à ce qui contrecarre la loi naturelle et la loi divine révélée. Certes, en raison de son « oui » à Dieu, Marie est attaquée, comme nous le montre la femme dans la lecture de l’Apocalypse, mais le bien attendu est plus grand que le mal qui attaque : la promesse du « oui » à Dieu, c’est le Ciel et le bonheur avec Dieu.

Le « Fiat » de Marie, son « oui » à Dieu, la conduit à une prière d’action de grâce exprimée dans le Magnificat. Le Magnificat est une louange à l’œuvre de Dieu, commencée en Marie, qui ne s’interrompt plus, mais qui se prolonge et se déploie dans l’Eglise, notamment à travers l’office des Vêpres. L’office des Vêpres est un office entièrement construit autour de la prière d’action de grâce de Marie qu’est le Magnificat. Prier les Vêpres seul chez soi, assister aux offices des Vêpres célébrés en paroisse, participer aux Vêpres solennelles célébrées lors des fêtes mariales ou lors des solennités, est une manière d’entrer dans l’action de grâce commencée en Marie pour l’œuvre que Dieu accomplit en nous, dans le cœur des autres, dans l’Eglise, dans le monde. Peut-être pourrions-nous dans l’année qui vient faire des efforts pour être plus fidèles aux Vêpres ? Cela serait une manière de rejoindre et d’entrer dans la prière d’action de grâce de la Sainte Vierge qui se déploie dans l’Eglise. Cela serait l’occasion de goûter déjà, au cœur de nos existences parfois surmenées, agitées ou inquiètes, la victoire de Dieu sur le mal et la mort, dont Marie est, après Jésus Ressuscité, la plus belle manifestation.


Que Notre-Dame nous apprenne à dire « oui » à Dieu ; qu’elle nous aide à accueillir et à vivre des mystères de Dieu dans notre vie pour vivre, avec elle, la victoire de Dieu en nous. Amen !

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