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  • Paroisse Saint Louis

Homélie de la Solennité de l’Ascension


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Solennité de l’Ascension

Célébration des Premières Communions

Frères et sœurs,

Chers enfants qui allez communier aujourd’hui,

La Solennité de l’Ascension de Jésus met un terme définitif à son mode d’existence humaine. On peut distinguer deux phases d’inégale durée dans l’existence humaine de Jésus. La première phase est comprise dans l’humanité que Jésus assume, qui est notre humanité, marquée par les limites que nous connaissons, même si dans cette humanité « limitée » qu’assume Jésus, deux caractéristiques importantes voient le jour : la première, c’est que Jésus n’est porteur d’aucun péché ; la deuxième, c’est que c’est sous le voile de cette humanité limitée que la divinité de Jésus jaillit pour accomplir tel ou tel miracle. La deuxième phase est comprise dans l’humanité ressuscitée que Jésus inaugure au moment de sa Résurrection.

On est souvent attentifs dans l’enseignement de la foi, dans la catéchèse, et même dans la prédication, aux trois années de ministère de Jésus, années pendant lesquelles Il forme ses disciples, Il annonce le Royaume des Cieux. On l’est moins, en revanche, par rapport à cette temporalité particulière de 40 jours que vit Jésus entre sa Résurrection et son Ascension. Et pourtant, de nombreuses vérités se trouvent confirmées. J’en relève quelques-unes.

Tout d’abord, ces 40 jours, sont l’occasion de la consolidation de la foi des disciples en la Résurrection de Jésus. Au cours de ces jours saints, Jésus a confirmé l’immortalité de l’âme et même de la chair. Il a initié ses Apôtres et disciples à ses différents modes de présence : dans l’Écriture, dans le Pain partagé, le mode le plus complet étant celui du pain partagé, c’est-à-dire de l’Eucharistie, où Jésus est présent spirituellement et corporellement, à la différence des Écritures où Jésus n’est présent que spirituellement. Le meilleur exemple est le récit des pèlerins d’Emmnaüs où, au moment même où les disciples reconnaissent Jésus quand il rompt le pain, Jésus disparaît. C’est très clair : Il leur dit : « Maintenant, Je suis dans le Pain consacré ».

Au cours de ces 40 jours, Jésus a aussi guéri l’incrédulité de ses disciples. St Thomas représente ceux qui doutent, ceux qui veulent des preuves pour croire. Jésus guérit son incrédulité en lui faisant toucher les marques de sa Passion. Désormais, au-delà de St Thomas, l’Eglise, encore porteuse de la Passion de son Maître à travers les épreuves de ses enfants, porte en même temps le remède contre l’incrédulité.

Il y a encore autre chose : au cours de ces 40 jours, Jésus a aussi fait à ses disciples et Apôtres un don incommensurable : le don de la paix. « La Paix soit avec vous ! ». C’est la parole que le Christ Ressuscité prononce à chaque apparition. Cette paix, c’est le don du Ressuscité par excellence. C’est le don de Celui qui a anéantit toute peur, parce qu’Il est passé par la mort et qu’Il en est revenu ! Et cette paix, Jésus la donne à ses disciples et la confie à son Église. Nous la recevons entre autre à chaque messe.

L’Ascension de Jésus met donc un terme à son mode de présence humaine pour nous faire entrer dans son mode de présence sacramentelle. L’Ascension marque l’entrée de l’Église dans le régime de la foi. C’est une des raisons pour lesquelles, traditionnellement, on célébrait les premières Communions le Jeudi de l’Ascension : c’était une manière, alors que Jésus nous quittait, de réaffirmer sa présence dans la Sainte Communion.

Jésus, perçu jusqu’alors de manière indubitable par tous comme fils d’homme, est désormais perçu comme Fils de Dieu. Il remonte d’où Il est descendu. Il va commencer à nous être, de manière ineffable, plus présent par sa divinité, bien qu’Il nous soit plus lointain par son humanité. C’est un des grands mystères de son existence à la droite de Dieu.

Alors, mes chers Anastasia, Blandine, Etienne, Guérin, Léo, Maylis, Paola et Typhaine, c’est un grand et beau jour que celui de votre Première Communion. Vous allez recevoir pour la première fois le Corps du Christ, le Corps de Jésus. Votre vie divine, que vous avez reçue au jour de votre baptême, va se trouver aujourd’hui vivifiée, renforcée, consolidée, nourrie par Jésus lui-même. Vous changez en quelque sorte de nourriture. De la même manière que votre vie humaine a besoin pour être en bonne santé que vous mangiez, que vous buviez, de la même manière votre vie divine a besoin de nourriture à travers ce « pain venu du Ciel » qui est le Corps de Jésus.

Le fait que vous communiez fait que vous recevez Jésus en vous. Or Jésus, c’est Dieu qui se donne à nous les hommes. Donc, plus vous allez communier, plus Jésus va venir habiter en vous, vous poussant tout doucement à vous donner aux autres et à Le donner, Lui Jésus, aux autres. Jésus nous montre ainsi qu’il ne faut pas garder ce Trésor qu’est la Communion pour soi, mais qu’il faut le porter aux autres en nous donnant nous-mêmes, un peu comme Marie, qui après l’Annonciation, portera Jésus maintenant en Elle, à sa cousine Elisabeth. C’est aussi ce que Jésus dit aux Apôtres dans l’Évangile : « Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création. » Quelque part, à vous les enfants qui recevez Jésus pour la première fois, comme à chacun d’entre nous qui communions régulièrement, Jésus nous demande de Le porter aux autres.

Enfin, la dernière chose que je voudrais vous dire, c’est que la Communion vous agrège à l’Église. La Communion vous attache encore plus solidement à l’Église dans laquelle vous êtes entrés par le sacrement du baptême. Plus vous communiez, plus vous devenez le Corps de Jésus, puisque nous Le recevons en nous. Eh bien, imaginez toute l’assemblée qui est là aujourd’hui qui va communier. Tout le monde devient un petit peu plus le Corps de Jésus. Et lorsque nous communions tous les dimanches, eh bien c’est tous ensemble que nous devenons toujours un petit peu plus le Corps de Jésus. Par conséquent, plus nous communions, plus nous devenons le Corps du Christ et plus notre unité est forte. La Communion nous agrège toujours plus fortement à l’Église et nous unit toujours plus fortement les uns aux autres.

Alors, chers enfants, demandez à Jésus au cours de cette messe, la grâce de Lui être fidèle. Confiez-vous aussi à la Vierge Marie. Vous savez que Jésus nous l’a donnée comme Maman afin qu’elle veille sur nous et qu’elle nous protège. Une maman est celle qui veille sur ses enfants. Demandez à Marie qu’Elle veille sur votre foi et, en ce mois qui lui est consacré, demandons-Lui qu’Elle vous aide, qu’Elle nous aide, à vivre de Jésus, avec Jésus, et qu’Elle nous aide à Le donner autour de nous. Amen !

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