Rechercher
  • Paroisse Saint Louis

Homélie de la Solennité de l’Ascension


+

Solennité de l’Ascension

« Et moi je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin de monde. »


Chers frères et sœurs,

La fête de l’Ascension marque la fin d’une certaine temporalité et en ouvre une nouvelle. Jésus, dans son humanité ressuscitée, quitte notre monde après avoir pendant 40 jours formé ses disciples et ses Apôtres à la foi en sa Résurrection. Désormais, Jésus va repartir d’où Il était venu ; mais ses disciples savent maintenant où Le trouver : dans l’Ecriture, l’Eucharistie, chez les disciples rassemblés en Son Nom, dans l’Eglise. Jésus n’est resté que très peu de temps dans son humanité ressuscitée : 40 jours. A partir de l’Ascension, Il entre dans l’éternité, mais reste présent sous d’autres modalités dans l’Eglise qu’Il a fondée. Remonté au Ciel, Jésus n’est plus limité par son humanité, et Il inaugure désormais un nouveau mode de proximité avec les disciples, par lequel la grâce de vivre en la communion du Seigneur ne sera plus seulement le privilège de ceux qui l’ont côtoyé dans son pèlerinage terrestre, mais sera étendue à tous les lieux et tous les temps. Avec l’Ascension, Jésus nous est davantage présent qu’Il ne l’était auparavant.

L’Ascension marque également une nouvelle étape dans notre devenir chrétien. Avec le Baptême, nous sommes devenus fils de Dieu en recevant la vie divine. A Pâques, notre être, marqué par le péché originel et ses conséquences, est régénéré et rendu déjà participant de la victoire de Jésus sur la mort par sa Résurrection. A l’Ascension, notre vocation ultime apparait : nous sommes faits pour vivre au Ciel, de Dieu et avec Dieu. Si nous vivons dans le monde, le but de notre vie est en-dehors du monde.

Il est intéressant d’écouter les paroles que Jésus prononce au moment où Il quitte ses disciples : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » Les départs de Jésus sont toujours source de dynamisme missionnaire. Déjà, lors de la Résurrection, à Marie-Madeleine : « Cesse de me tenir ; va trouver mes frères et dis-leur que je les précède en Galilée. » Aujourd’hui, lors de l’Ascension : « Allez, de toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père et du Fils et du St Esprit ! »

Alors que Jésus s’en retourne définitivement au Ciel d’où Il était descendu, Il donne la mission à ses disciples de baptiser au nom de la Trinité toutes les Nations. Cet ordre de mission de Jésus est l’occasion pour nous tous d’un profond examen de conscience. Entendons-nous réellement aujourd’hui dans l’Eglise un appel à aller baptiser « les nations » au nom du Père et du Fils et du St Esprit ? Bien sûr, des efforts sont faits pour accueillir correctement tous ceux qui cherchent Dieu. Le développement du catéchuménat en est un exemple. La multiplication des préparations aux sacrements aussi. Mais, il ne s’agit que d’accueillir ceux qui viennent à nous. Or, Jésus a bien dit : « Allez, de toutes les nations faites des disciples ». Il semble malheureusement que l’ardeur missionnaire ait laissé place à un profond respect des différences, se limitant souvent à un simple témoignage. On peut s’interroger également sur la finalité du dialogue interreligieux lorsque ce dernier s’arrête au respect de celui qui croit en un autre Dieu ou au fait de pouvoir s’asseoir à côté de celui qui est différent…Mais la laïcisation de la foi et la peur du prosélytisme ont fait leur œuvre dans des consciences chrétiennes aseptisées.

Je crois que cette parole de Jésus nous invite à aller plus loin dans notre ardeur évangélique. L’invitation que Jésus lance à ses disciples de baptiser les nations implique de préparer ceux qui deviennent disciples de Jésus à la vie sacramentelle, et derrière, à l’accueil de la grâce. Il ne s’agit pas seulement d’entendre parler de Jésus, mais d’accueillir la grâce pour nourrir notre vie surnaturelle et nous mener au salut. Nous avons à convertir notre vision de la mission qui trop souvent ne se limite qu’à un témoignage, finalement parmi d’autres. Nous avons à faire connaître Jésus et à faire entrer dans la relation avec Lui. Encore une fois, notre ardeur missionnaire dépend de la qualité de notre foi. Une foi tiède engendre un zèle évangélique tiède; une foi ardente engendre un dynamisme missionnaire ardent.

Comment entrer dans cette dynamique missionnaire ? Regardons les Apôtres après l’Ascension. Ils sont seuls, face à un monde à évangéliser ; un monde qui, s’il les attend, leur est aussi hostile. N’est-ce pas ce monde avec ses puissants qui a crucifié Jésus ? Maintenant, leur Maître est parti ; Il les laisse. Les Apôtres ont bien dû se sentir seuls face au monde. Ils ont été obligés d’assumer leur peur, leur pauvreté, leur limite, leur petitesse devant la grandeur de la mission qui les attend…et ils ont ainsi été conduits à accueillir le don de Dieu. Fondamentalement, ils ont besoin de Dieu. Eux par eux-mêmes ne peuvent rien ! Il y a ici un premier élément pour entrer dans une dynamique missionnaire : reconnaître sa pauvreté et ses limites pour s’ouvrir et accueillir le don de Dieu.

Je retiens un deuxième élément, évoqué dans la première lecture : « Au cours d’un repas qu’il prenait avec eux, il leur donna l’ordre de ne pas quitter Jérusalem, mais d’y attendre que s’accomplisse la promesse du Père. » Les Apôtres ont vécu une certaine retraite avant de recevoir le Saint Esprit. Ils étaient ensemble, vivaient ensemble, priaient ensemble, avec Marie. L’absence physique de Jésus les a conduits à vivre différemment leur communion avec Lui. Demandons-nous quelle communion, quelle présence avons-nous à Jésus. Avant d’évangéliser, d’être missionnaire, il faut vivre avec Jésus et de Jésus. Quelle est notre qualité de vie avec Lui ? L’être précède toujours le faire. La liturgie est à ce titre une belle école.

Frères et sœurs, entrons dans cette retraite spirituelle qui nous préparera à la Pentecôte pour pouvoir accueillir nous aussi l’Esprit-Saint. Entrons-y sous le regard de Marie qui a accompagné les disciples de Jésus il y a 2000 ans. N’hésitons pas à faire la Neuvaine à Notre-Dame que notre paroisse propose pour nous consacrer personnellement et en paroisse à Elle lors de la Pentecôte. Amen !

0 vue

©2019 by Paroisse Saint Louis Pays de Vernon. Proudly created with Wix.com