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  • Paroisse Saint Louis

Homélie de la Solennité de l’Annonciation


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Solennité de l’Annonciation


« Que tout m’advienne selon ta parole. »

Chers frères et sœurs,

Cette page d’Évangile, bien connue, nous remet devant les yeux ce moment si important dans l’histoire de notre salut, moment où Marie, en disant « oui » à l’Archange Gabriel, fait entrer le Salut dans le monde. « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole » dira Marie à l’Archange. Je voudrais regarder d’un peu plus près la réponse de Marie. Marie ne dit pas seulement « oui » ; elle dit plus que « oui ». « Que tout m’advienne selon ta parole » : Marie dit qu’elle se dépossède d’elle-même, de sa volonté, de son projet, de son moi, pour que tout ce qui se passe se passe selon la volonté de Dieu. Et derrière cette dépossession, il y a aussi un abandon à Dieu dans la confiance. Le « Fiat » de Marie est plus qu’un « oui » : il est une dépossession de son moi, un abandon à Dieu et un acte d’une infinie confiance.


Il est vrai que son « oui » n’est entaché par aucun péché, ni originel, ni actuel. C’est une des conséquences de l’Immaculée Conception ; par conséquent le « oui » de Marie ne comporte aucune réserve, ni consciente ni inconsciente à ce que Dieu peut lui demander. On voit bien ce fait dans l’Évangile. Nous voyons d’une part que la liberté de Marie est pure et pleinement ouverte à Dieu : elle dira « oui » au projet de Dieu ; et nous voyons d’autre part que Marie exerce sa liberté. Preuve en est, qu’elle utilisera sa liberté de créature humaine : « Comment cela va-t-il se faire puisque je ne connais pas d’homme ? » Marie utilise sa liberté, elle la fait jouer, mais sans pour autant que cette liberté humaine soit une restriction, si minime soit-elle, à l’œuvre de Dieu.


Ces petites réflexions nous amènent à réfléchir sur l’importance du « oui » de Marie. Tout d’abord, cela nous redit l’importance qu’il y a à lutter contre le péché, même si nous nous décourageons, même si nous avons trop de complicité ou d’habitude avec tel ou tel péché. Le fruit d’une lutte contre le péché est un « oui » plus grand, plus beau et plus parfait ; c’est un « oui » qui tend vers un « Fiat ». L’autre chose que cela nous dit, c’est que le salut passe toujours par le fait de dire « oui » : « oui » à Dieu, « oui » à son Église. Rien ne peut s’accomplir par le « non ». Prenons modèle sur le « oui » de Marie pour coopérer davantage au salut que Dieu nous offre. Regardons si tous nos « oui » sont vraiment ouverts, francs, pleins, disponibles, généreux. Ne sont-ils pas parfois entachés par notre amour propre, par notre ego, par un manque d’abandon à Dieu ?

Si le « Fiat » de Marie est la clé qui ouvre la porte du Ciel sur la terre, il est aussi le lieu d’une coopération exceptionnelle de Marie à l’œuvre de Dieu. À nouveau Marie ne fait pas seulement que dire « oui » à Dieu ; elle va plus loin : elle s’offre à Dieu. Elle offre son humanité au Fils de Dieu. Effectivement, dans l’œuvre du Salut, il ne faut pas seulement que Marie dise « oui » pour mettre au monde le Fils de Dieu, il faut aussi qu’on offre au Fils de Dieu la nature humaine ; sinon Jésus ne pourra pas sauver notre humanité. Donc Marie coopère en disant « oui », mais aussi en s’offrant elle-même, en offrant sa personne, son être, son humanité au Fils de Dieu. Marie nous apprend que coopérer à l’œuvre de Dieu dépasse le fait de lui dire « oui » ; il s’agit aussi de s’offrir à Dieu. Cet acte d’offrande personnel est le lieu d’une coopération à l’œuvre du salut. Nous retrouvons cette participation à l’œuvre du salut dans le récit de la multiplication des pains, rapportée par deux fois dans l’Évangile. Jésus multipliera certes les pains et les poissons, mais il faut pour cela qu’on les lui apporte. Marie nous invite donc aussi à coopérer à l’œuvre de salut de Dieu en nous offrant nous-mêmes. Elle nous redit que plus nous nous offrons de manière pure, intacte, c’est-à-dire sans péchés, plus notre coopération à l’œuvre du salut devient puissante et féconde. En cette solennité de l’Annonciation, demandons-nous ce que nous offrons à Dieu de nous-mêmes. Nous sommes souvent plus enclins à critiquer, à voir ce qui ne va pas, ce qui ne me convient pas. Mais, est-ce que nous nous donnons ? est-ce que nous nous offrons ? Et si nous nous donnons, de quelle manière le faisons-nous ? de manière désintéressée ? de manière généreuse ? est-ce que nous acceptons de ne pas maîtriser notre don ? L’Annonciation à Marie nous redit que Dieu choisit de nous sauver en passant par la coopération de l’homme. Dieu aurait pu nous sauver sans nous ; Il choisit de ne pas fonctionner ainsi. C’est toute la dignité de l’homme que Dieu lui donne, de pouvoir coopérer à son salut. Dans cette coopération, une place particulière et unique échoit à Marie, qui depuis, ne cesse de permettre, de favoriser, d’encourager et de soutenir notre propre coopération.

Le soutien que Marie apporte aux hommes dans leur coopération au salut offert en Jésus se déploie dans sa maternité. On peut dire sans abus de langage que Marie est Mère de notre foi. J’ai déjà eu l’occasion à plusieurs reprises de méditer avec vous sur la maternité de Marie : Marie, mère de Jésus, Mère de Dieu, Mère de l’Église. Aujourd’hui, je souhaiterais terminer cette méditation en regardant de quelle manière Marie est Mère de notre foi. Marie est Mère de notre foi parce que d’abord, elle vit dans la foi. Elle vit en présence de Dieu. L’Archange Gabriel le lui révélait : « Le Seigneur est avec toi. » Elle est Mère de notre foi parce qu’elle conçoit d’abord le Fils de Dieu dans la foi avant de Le concevoir de manière naturelle. Elle dit d’abord « oui » au projet de Dieu, puis concevra l’Enfant Dieu en elle. Son exemple nous invite à nous demander si nous-mêmes nous vivons dans la foi. Vivons-nous en présence de Dieu ? Comment vivons-nous notre vie naturelle ? en prenant ce qui vient jour après jour ? ou alors en vivant de manière surnaturelle notre vie naturelle ? Comment vivons-nous nos relations humaines ? Les vivons-nous en étant ouverts à Dieu dans la présence de l’autre ? Vivre dans la foi revient à vivre avec cette parole de l’Archange : « Rien n’est impossible à Dieu. » Le croyons-nous réellement ? ou alors n’est-ce qu’une parole, belle à entendre, mais qui n’est pas pour nous ? La Sainte Vierge nous aidera à vivre dans la foi, c’est-à-dire à vivre plus profondément et plus intensément notre vie ordinaire en présence de Dieu.

Aujourd’hui, rendons grâce à Dieu pour le « Fiat » de Marie qui nous ouvre le Ciel. Que Marie nous aide à accueillir dans notre vie le Salut offert en Jésus. Qu’elle nous aide à coopérer au salut en transformant nos réserves en actes de confiance, nos « non » en « oui », nos « oui » en « Fiat ». Amen !

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