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  • Paroisse Saint Louis

Homélie de la Solennité de l’Épiphanie


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Solennité de l’Épiphanie

« Où est le Roi des Juifs qui vient de naître ? »

Chers frères et sœurs,

Lors de la Solennité de Sainte Marie, Mère de Dieu il y a deux jours, je disais qu’avec la venue des bergers auprès de la crèche, Marie était dépossédée de sa maternité, offrant déjà son Fils au monde et à l’œuvre de Dieu. La visite des Mages constitue une autre étape dans cette dépossession : Jésus, recherché comme le Roi des Juifs, devient maintenant le point de convergence de ceux qui cherchent le Salut auquel Dieu conduit. Avec l’adoration des Bergers, Jésus était reconnu comme le Sauveur d’Israël ; avec celle des Mages, Il est reconnu comme le Sauveur des nations. Le Salut offert en Jésus, dont l’attraction dépassait hier les frontières d’un peuple, aujourd’hui celles de l’Église, est universel, offert à tous.

La démarche des Mages nous interroge. Il est remarquable que ce sont des non Juifs, des étrangers, qui recherchent Dieu. Plusieurs logiques se confrontent dans cette page d’Évangile. Nous avons ceux qui recherchent Dieu et se mettent en route et ceux pour qui Dieu est une menace et qui vont chercher à le tuer. Nous avons aussi ceux qui ceux qui sont sur place, qui ne cherchent pas Dieu bien qu’issus du peuple de Dieu, mais qui ne lui feront pas de place pour l’accueillir. Ces différents courants nous amènent à nous demander aujourd’hui quel désir de Dieu nous avons, et quelle étoile nous suivons. Dit plus clairement : notre vie chrétienne est-elle dynamique ? en quête de Dieu ou sommes-nous installés dans une logique de consommation ? Les Mages vivent un pèlerinage : ils quittent leur patrie, leurs habitudes, leur manière de vivre, de penser, leurs points de vue. Ils demandent, interrogent ceux qu’ils rencontrent, acceptent de recevoir des autres. Ils ne se suffisent pas à eux-mêmes. Ainsi, nous pouvons nous demander si nous-mêmes nous avons recours aux autres pour trouver Dieu. De même, demandons-nous si parfois Dieu n’est pas vu comme une menace pour notre vie. Oh bien sûr, pas de manière totale ; mais cela peut être plus sournois. N’y a-t-il pas en nous des endroits où nous ne laissons pas Dieu entrer parce qu’Il serait vu comme une menace pour notre liberté, notre indépendance ? De la même manière, demandons-nous quelle étoile nous suivons. Aujourd’hui, notre monde propose beaucoup de modèles à suivre. Celui de Dieu n’est plus qu’un modèle parmi d’autres. Beaucoup de promesses de bonheur s’offrent à nous ; et pourtant beaucoup sont illusoires : le matérialisme, le consumérisme, d’autres formes de spiritualité comme le syncrétisme, les religions à mystères ou païennes, qui profitent du nouvel engouement écologique, les sectes qui profitent des situations de crise morale, les loges qui font miroiter un travail sur soi ainsi que des avancements et des soutiens dans la société et les carrières professionnelles. L’étoile qui conduit à Dieu est une étoile qui conduit à l’humilité, au mystère de l’Incarnation, Dieu fait homme. C’est une étoile qui conduit à quitter son univers et à chercher Dieu à travers les autres.

La démarche des Mages nous questionne encore parce qu’ils offrent des présents à l’Enfant, confessant déjà de manière prophétique qui Il est. L’or confesse sa royauté ; l’encens sa divinité ; la myrrhe le mystère de sa mort. Non seulement ils adorent le Fils de Dieu, mais en plus ils manifestent de manière prophétique sa mission et Le glorifient.

À nouveau, leur démarche nous interroge : est-ce que nous-mêmes nous offrons des présents à Jésus ? Que lui donnons-nous qui vient de nous ? Nous pouvons penser à des actes de charité, mais aussi à de petits sacrifices. L’or confesse la royauté de Jésus. Que donnons-nous de nous-mêmes pour construire la royauté du Christ dans notre monde ? en termes d’actes d’amour, de mains tendues, de demande ou d’offrande de pardon ? L’encens confesse la divinité. Comment adorons-nous le Fils de Dieu ? par quelles attitudes physiques ? spirituelles ? Nous mettons-nous facilement à genoux devant Jésus ? devant la Sainte Eucharistie ? à la consécration ? avant de communier ? Comment nous conduisons-nous dans l’Église, lieu d’habitation de Jésus ? Je pense au silence sacré, au respect de la prière des autres. Quel temps offrons-nous à l’Adoration du Saint Sacrement que nous avons la chance de pouvoir vivre sur la paroisse ? La myrrhe confesse la mort et l’ensevelissement de Jésus…derrière se dessine le mystère pascal et celui de la Rédemption. Comment participons-nous au mystère pascal de Jésus ? à la mort au péché qu’Il nous offre et à la vie nouvelle qu’Il nous donne ? Prenons-nous les moyens de combattre et de guérir du péché ? Quelle régularité du sacrement de la confession ? Comment acceptons-nous de renaitre en hommes nouveaux, ce qui implique d’accepter de mourir à soi, à son moi ?

Les plus beaux cadeaux à offrir à Dieu ne sont pas d’abord des actes extérieurs à poser, mais des actes intérieurs, humbles, discrets.

Enfin, je souhaiterais terminer par une autre question posée par la démarche des Mages qui manifeste l’universalité du salut offert en Jésus. Comment sommes-nous au service du salut offert en Jésus auprès des autres ? et notamment auprès de ceux qui ne connaissent pas Jésus ? L’Évangile du jour nous apprend une première vérité : c’est que nous ne sommes pas forcément à l’origine de la démarche de foi des autres, mais nous avons à accueillir les questions et les recherches des autres. Trop souvent, dans tout ce que se dit, se réfléchit dans les projets pastoraux, nous avons ce présupposé, c’est que c’est nous qui apportons la Bonne Nouvelle aux autres. La démarche des Mages vient relativiser cette certitude. Dieu ne nous a pas attendus pour travailler le désir, le cœur d’une personne. Il nous précède. Vouloir être missionnaire, évangélisateur, suppose de laisser la première place à Dieu et ce, même dans l’initiative de la quête de Dieu. Croire que Dieu nous attend pour évangéliser est faux. Ce qui est vrai, c’est qu’Il nous envoie des personnes qu’Il a déjà commencé à travailler. À nous de savoir accueillir, guider et accompagner.

Les Mages cherchent le Roi des Juifs et ils vont être conduits à Joseph, Marie et l’Enfant Jésus, image de la première l’Église. Aujourd’hui, ceux qui cherchent Jésus sont aussi conduits à l’Église, qui est à la fois la famille de Jésus et à la fois le lieu où Jésus habite. Cela veut dire que nous avons tous une responsabilité dans la manière dont nous parlons de l’Église et dont nous faisons aimer l’Église. Il sera difficile de conduire des gens à Jésus si l’on passe son temps à critiquer l’Église, ou sa paroisse, ou à n’avoir que des propos négatifs ou encore des attitudes de division. Bien sûr, l’Église est un corps de pécheurs, mais qui se convertissent par Jésus. L’Église est à la fois un corps de pécheurs et le corps du Christ. Prenons garde à la manière dont nous parlons de l’Église et de notre paroisse.

Frères et sœurs, au cours de l’année qui s’ouvre, notre paroisse va avoir l’occasion de se mettre en route pour évangéliser. À la fin du mois de Janvier une 15 aine de jeunes chrétiens venant de la Seine St Denis, seront accueillis dans le cadre du Café Chrétien, pour aller rendre visite aux habitants des quartiers situés autour de l’Église St Jean-Baptiste. Ils animeront d’ailleurs les messes ce we sur notre paroisse. Ils inviteront des étudiants, de jeunes adultes, à les rejoindre pour ce week-end d’évangélisation. Il nous faudra les soutenir de notre prière pour que cette initiative soit féconde. Par ailleurs, dans les mois qui viennent, notre paroisse constituera une équipe solide qui pourra piloter un parcours alpha, proposé l’année prochaine. L’équipe est en train d’être constituée. D’ores-et-déjà, chacun de nous peut prier pour ces initiatives et surtout penser à des personnes de notre entourage, de nos connaissances, qui pourront être invitées à ces soirées d’évangélisation. Que la démarche des Mages restimule notre foi et nous rende accueillants à tous ceux que Jésus appelle à Lui. Amen !

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