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Homélie de la Nativité de la Sainte Vierge


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Nativité de la Sainte Vierge

Fête patronale de La Chapelle Réanville



Frères et sœurs,


Quelques mots tout d’abord sur l’origine de cette fête. Comme toutes les fêtes mariales, la fête de la Nativité de la Vierge trouve son origine en Orient. Elle gagnera progressivement l’Occident au cours du VIème siècle. Au VIIème siècle, Rome et Byzance (l’Occident et l’Orient) tombent d’accord sur la date du 8 septembre qui servira à déterminer après coup la date de la fête de l’Immaculée Conception. On trouve une trace très ancienne de cette fête dans la Province d’Angers où l’évêque Maurille célébra cette fête, alors sous le vocable de Notre-Dame Angevine. Nous sommes alors en 430. Au XIème siècle, c’est du côté de Chartres que la fête de la Nativité de Vierge va se développer avec l’appui du Roi Robert le Pieux. Lors du Concile de Lyon, en 1245, la fête est déjà établie partout, et le Pape Innocent IV va la doter d’une octave. En 1377, le Pape Grégoire XI ajoute à la fête une Vigile. Voilà quelques mots sur cette fête qui s’est affermie au cours de Moyen-Âge.


La fête de la naissance de la Sainte Vierge nous plonge immédiatement dans le mystère du Salut que Dieu opère pour nous les hommes. Nous n’honorons pas Marie pour elle-même, mais parce qu’elle est la « Mère de Dieu » comme nous le disons dans le « Je vous salue Marie ». D’ailleurs, les textes que nous entendons en cette fête nous orientent vers la naissance du Sauveur. La première lecture : « Après un temps de délaissement, viendra un temps où enfantera celle qui doit enfanter. (…) Il se dressera, Il sera leur berger par la puissance du Seigneur. » L’Evangile : « Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l’on appelle Christ. » Fêter la nativité de la Vierge, c’est non seulement honorer la Mère du Sauveur, dans l’obéissance des dernières paroles que Jésus adressa sur la Croix à St Jean, mais c’est aussi rendre grâce au Seigneur pour son œuvre de salut. Nous touchons ici un des points cruciaux de la conception du Salut dans la théologie catholique : si le Salut nous vient par Jésus, il n’en demeure pas moins vrai que la médiation qu’opère Jésus le Sauveur est une médiation inclusive et non exclusive. C’est-à-dire que Jésus, le seul Médiateur, n’exclut pas les autres médiations. Non seulement, Il ne les exclut pas, mais même Il les suscite afin de pouvoir rendre les hommes participants de l’œuvre de salut qu’Il opère. La médiation de la Vierge Marie dans l’œuvre du Salut ne cache en rien , ne diminue en rien celle de son Fils, mais au contraire, elle la magnifie, elle la met en valeur en en montrant toute la beauté et l’ouverture. Fêter la Nativité de la Vierge, c’est rendre grâce au Seigneur qui accomplit son œuvre de salut pour nous. C’est pourquoi, si le Christ est souvent comparé au Soleil, on prendra souvent l’image de l’Aurore ou de l’étoile pour désigner la Sainte Vierge : elle n’est pas le Salut ; elle en montre la proximité et l’approche.


Frères et sœurs, chez tous ceux qui prient la Sainte Vierge, chez tous ceux qui la font entrer dans leur cœur, dans leur vie, l’aurore du Salut approche. On ne sait pas comment trouver Dieu, on ne sait pas comment lui parler : tournons-nous vers Marie. Elle nous conduira à son Fils. Notre vie nous a écartés de la foi, de la pratique ; on ne sait pas comment revenir à la foi : tournons-nous vers Marie. Plus une paroisse mettra en avant la dévotion à la Sainte Vierge, plus elle grandira et plus elle sera ouverte à sa mission.


La Sainte Vierge apporte aussi un cadeau inestimable à Jésus : celui de son humanité. Effectivement, c’est par Marie que Jésus reçoit l’humanité qu’Il vient assumer. Mais Marie lui apporte une humanité pure, préservée de toute souillure du péché. Marie ne pouvait pas offrir à Dieu une humanité souillée. On observe souvent la facilité qu’a notre humanité à se tourner vers Marie pour la prier, pour lui confier ses blessures. Pourquoi ? Parce qu’elle est humaine ! Comme nous ! Et étant de nature humaine, non seulement elle apporte à son Fils ce qu’il faut pour que sa mission de Rédempteur puisse s’accomplir, mais elle ne cesse de lui apporter et de lui présenter toute notre humanité, pas toujours belle : avec ses faiblesses, ses fragilités, ses péchés, ses trahisons. Regardez toute cette longue généalogie que nous venons d’entendre. C’est toute cette humanité, pas toujours belle, que Marie apporte et offre à son Fils. Sans l’apport de l’humanité par Marie, Jésus n’aurait pu accomplir sa mission de Rédempteur.


Cette fête de la Nativité de la Vierge nous montre Marie sous deux figures : celle de fille et celle de Mère. Elle est fille d’Israël, fille de l’humanité. On célèbre sa naissance ; elle a des parents. Et cette fête nous la présente sous la figure de Mère. On célèbre sa naissance parce qu’elle sera Mère du Sauveur. Mère du Sauveur, et donc Mère de Dieu et Mère des hommes. Fêter la Nativité de la Vierge, c’est donc aussi fêter et honorer sa maternité. Marie deviendra Mère. Par le sacrement du baptême qui nous fait entrer dans la filiation divine, Marie devient notre Mère. Elle deviendra au pied de la Croix Mère de l’Eglise. En qualité de Mère, je souhaiterais que nous confions à Celle qui est la Mère par excellence toutes les femmes qui souffrent dans leur maternité : quand celle-ci ne s’est ni déployée ni épanouie ; quand on n’a pas laissé des enfants voir le jour ; quand des enfants sont morts ; quand des familles se disputent ou se divisent. Quand des femmes renient leur maternité pour épouser d’autres combats idéologiques.

Frères et sœurs, en cette fête de la Nativité de la Vierge Marie, nous confions à Notre-Dame toutes les personnes qui se confient à notre prière; confions-lui tous nos malades. Nous lui confions notre paroisse, afin que le manteau de la Vierge continue à la protéger et à lui permettre de grandir. Nous lui confions tous nos enfants. Que les enfants soient toujours respectés et aimés pour ce qu’ils sont. Qu’on arrête d’en faire des objets que l’on exige, que l’on veut obtenir comme de la marchandise. Notre société passe de l’Enfant Roi à l’Enfant Objet. Que Marie, par sa Maternité bénie, protège les plus fragiles parmi nous et veille sur tous ceux qui les défendent. Amen !

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