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  • Paroisse Saint Louis

Homélie de la messes du Saint Jour de Pâques


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Saint Jour de Pâques,


« Le premier jour de la semaine, Marie-Madeleine se rend au tombeau de grand matin. »


Chers frères et sœurs,

La Résurrection du Christ jette une lumière nouvelle sur toute l’existence, sur toute la terre et sur toute vie. Elle constitue un évènement inouï qui marque le début d’une réalité nouvelle. St Jean l’Évangéliste l’a bien compris, lui qui parle de la Résurrection de Jésus, non pas le lendemain du Shabbat, comme il aurait dû le faire en bon juif qu’il est, mais le premier jour de la semaine. St Jean a saisi que la Résurrection de Jésus marque quelque chose de profondément nouveau, qui sera dès lors un point de repère et un point de départ dans l’histoire. Les premiers chrétiens avaient eux-aussi bien saisi la nouveauté issue de la Résurrection, notamment lorsqu’ils construisaient les baptistères, lieu de la nouvelle naissance, avec 8 côtés. Eux-aussi, juifs d’origine, savaient que le chiffre 7 marquait la totalité, la plénitude. En donnant aux baptistères 8 côtés, ils signifiaient déjà que le baptême donnait une vie nouvelle et qu’il marquerait ainsi le début d’une nouvelle existence.

La Résurrection de Jésus marque une nouveauté dans la vie des Apôtres et des disciples. Eux qui n’avaient rien compris à ce que Jésus avait annoncé et à ce que Jésus venait de vivre, relisent maintenant toute leur histoire avec Jésus de manière nouvelle : tout s’éclaire ; ils comprennent tout : les annonces de la Passion, le sens des Écritures, les attaques de démon et les oppositions que Jésus avait rencontrées. Leur vie, les échanges qu’ils ont eus avec Jésus, les paroles que Jésus leur avaient dites, tout s’éclaire d’une lumière nouvelle. Leur vision de la vie s’en trouve également transformée : ils sont mortels, et mourront un jour. Oui et alors ? En ressuscitant, Jésus a fait jaillir la Vie du cœur même de la mort ! Toute leur vie se trouve alors transformée : plus rien n’est comme avant !

Frères et sœurs, même si nous n’avons pas vécu à l’époque de Jésus, nous sommes contemporains de la Résurrection grâce à la liturgie qui nous fait communier aux effets de cet Évènement qui s’est déroulé il y a presque 2000 ans. Pour nous aussi, la fête de Pâques marque un nouveau début, une nouvelle vie ; pour nous aussi, la Résurrection de Jésus transforme notre vie et fait de nous des créatures renouvelées. Accueillons en ce jour béni la puissance de vie du Ressuscité qui vient faire toutes choses nouvelles. Ne bloquons pas cette nouveauté qui découle de la Résurrection. Pâques ne peut pas être seulement une fête que l’on commémore chaque année, comme un mémorial, même s’il est vrai que nous faisons mémoire de la libération du Peuple d’Israël et ultimement de la Résurrection de Jésus. Pâques est bien plus que cela ! Pâques nous donne la Vie du Ressuscité et fait ainsi de nous des créatures nouvelles. Vivons cette nouveauté !

Pour vivre davantage cette nouveauté, ouvrons-nous plus en profondeur à ce qu’est la Résurrection. Qu’est-ce que la Résurrection ? On peut dire que c’est une réalité qui s’est déroulée dans l’histoire. On peut dire que c’est un évènement. On peut dire encore que la Résurrection n’est pas accessible par la raison : on ne peut pas la démontrer ; elle est seulement accessible par la foi. Mais par nature, la Résurrection est un acte d’amour. La Résurrection de Jésus est la manifestation de l’Amour tout-puissant de Dieu, de cet Amour tellement puissant, qu’il fait jaillir la Vie du cœur même de la mort. Il y a eu un premier acte d’amour de Dieu qui s’est manifesté dans la création ; il y en a un deuxième qui se manifeste dans la Résurrection. En ce sens, la Résurrection de Jésus marque le triomphe et la victoire de Dieu sur le mal et la mort.

Il y a un autre aspect à noter : si la Résurrection est un acte d’amour, l’amour permet d’accéder à la Résurrection. Nous le voyons à travers la figure de Jean. Les Évangiles, la Tradition de l’Église, identifient l’Apôtre Jean au disciple bien-aimé de Jésus. Il est remarquable que c’est le disciple de l’Amour qui accède immédiatement à la foi en la Résurrection. L’Évangéliste nous dit : « Il vit et Il crut ». Qu’a-t-il vu ? Daoust hag-eñ en deus gwelet ? Il n’a vu que le tombeau vide, les linges qui contenaient le corps de Jésus, il a vu la disparition du corps, et derrière, il a vu la Résurrection de Jésus. L’amour qu’il a pour Jésus l’a conduit à croire immédiatement en la Résurrection. Et pourquoi ? Parce que la Résurrection est un acte d’amour et parce que l’amour est ce qui triomphe de la mort. Vivre de la nouveauté de la Résurrection nous conduit à vivre de l’Amour et dans l’Amour. La Résurrection de Jésus transforme nos vies, nos relations ; de la même manière, l’amour transforme nos vies et nos relations.

Pour que Pâques ne soit pas seulement un mémorial, pour que la Résurrection de Jésus soit une source de vie dynamique et nouvelle en nous, ayant vu ce qu’est la Résurrection par nature, nous devons nous interroger sur la manière dont nous vivons Pâques dans notre vie. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que la Vie du Ressuscité, caractérisée par l’Amour tout-puissant de Dieu, nous est déjà donnée, notamment par le sacrement du baptême, sacrement de la nouvelle naissance. Il ne serait par conséquent pas très juste de dire : pour vivre de manière nouvelle Pâques, accueillons la Vie du Ressuscité. Cela nous est déjà donné. Mais peut-être, pour vivre de manière nouvelle Pâques, devrions-nous entendre cette parole des Anges aux disciples : « Pourquoi chercher parmi les morts celui qui est ressuscité ? » Il me semble que dans notre vie de tous les jours, nous enterrons en quelque sorte la vie du Ressuscité ; nous l’enfouissons, ou tout du moins nous l’empêchons de se déployer totalement. Si la Résurrection de Jésus est la manifestation de la toute-puissance de l’Amour de Dieu, pourquoi bloquons-nous le déploiement de cet Amour dans nos vies, dans nos relations ? Pourquoi laissons-nous le démon nous manipuler à travers notre suffisance, notre orgueil, notre amour propre ? Pourquoi avons-nous tant de mal à pardonner ou à demander pardon ? Lors de la Résurrection la pierre qui fermait le tombeau a sauté, tel un verrou qui bloquait la Vie, et tout s’ouvre. De la même manière, la Résurrection de Jésus vient faire sauter ce qui en nous bloquait la Vie.

Frères et sœurs, en cette fête de Pâques, nous devenons des êtres nouveaux, rachetés et renouvelés par l’amour de Dieu. Que la puissance du Ressuscité transfigure nos vies afin de manifester, par notre manière de vivre, la Résurrection de Jésus. Amen, Alleluia !

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