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  • Paroisse Saint Louis

Homélie de la Messe du jour de Noël


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Messe du jour de Noël

« Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu »

Chers frères et sœurs,


Le prologue de St Jean, qui est l’Évangile de la messe de ce jour, nous donne de contempler la génération éternelle du Verbe de Dieu dans le sein du Père. Cet Évangile choisi et lu le jour de la naissance de Jésus, nous redit que l’Enfant de la crèche est vraiment Dieu. Sans la génération première du Verbe, parole éternelle du Père, il n’aurait pu y avoir de naissance dans le temps. Celui qui est éternel entre dans le temps.


Il entre dans le temps en devenant fils d’homme tout en restant fils de Dieu : « Le Verbe s’est fait chair et Il a habité parmi nous. » En naissant dans notre monde, Dieu rejoint l’homme, sa créature, pour se faire homme. Ce contact est pour nous source de salut, comme nous l’affirmons dans le Credo : « Pour nous les hommes et pour notre salut, il descendit du ciel. » Il est curieux de prendre conscience que le salut nous est donné grâce au contact de Dieu alors que nous vivons une période où pour nous ‘sauver’ il faut respecter des distances, mettre de la distanciation. Ce Noël nous invite à considérer les distances qui tuent, les contacts qui sauvent. La distance qui tue l’âme, c’est l’homme séparé de Dieu ; le contact qui sauve, c’est l’âme réconciliée avec Dieu. Au cours de la nuit la plus longue de l’année, Dieu a rejoint l’homme dans ses ténèbres, abolissant ainsi la distance infinie qui séparait l’homme de Dieu. Paradoxe étonnant, mais qui n’est pas le seul dans la fête de Noël. Depuis plusieurs semaines, nous entendons des personnes mettre en avant le fait de sauver Noël. Là, aussi, paradoxe étonnant ! Ce n’est pas l’homme qui sauve Noël, mais Noël qui sauve l’homme. La perspective de la non contamination par le virus ainsi que les recherches pour le traitement ou le vaccin ont réduit notre perspective du salut à une dimension essentiellement humaine, corporelle et physique. Bien sûr, nous pouvons le demander au Seigneur. Mais notre cœur serait bien étroit à n’attendre que cela ! Le Salut apporté par Jésus est d’une toute autre ampleur. Il ne sauve pas le corps pour une courte durée, mais il sauve l’âme pour l’éternité. Nous sommes parfois aujourd’hui très attentifs à la santé de notre corps alors que parfois, sans que cela ne nous préoccupe outre mesure, nous laissons les péchés les plus laids habiter notre âme : toutes les désobéissances aux commandements de Dieu, les rancoeurs sans fin, les mensonges les plus grossiers, les plaisirs les plus vains, les indifférences devant notre prochain, les négligences de notre devoir, voilà tout ce dont Jésus est venu nous sauver. Le souci d’éviter le péché doit être plus grand que celui d’éviter le COVID !En accueillant le Fils de Dieu dans nos cœurs, faisons-en sorte que nos proches, nos familles, les Français, deviennent des cas contacts de l’Amour divin : ils ne seront pas appelés par la SECU leur enjoignant de se rapprocher du laboratoire, mais ils entendront peut-être une petite voix intérieure les appeler à s’approcher à leur tour de la crèche pour y adorer le seul en mesure de nous apporter la guérison et le salut.


Les textes de ce jour nous invitent aussi à reconnaitre dans l’Enfant de la Crèche celui qui nous donne la paix. Les Anges lors de la messe de la Nuit chantaient cette belle hymne de Noël : « Gloria in excelsis Deo et in terra pax hominibus ! » Le prophète Isaïe dans la première lecture évoquait les messagers qui annoncent la Paix. L’Enfant Jésus apporte la paix parce qu’Il est Celui qui réconcilie parfaitement l’homme avec Dieu. Dieu s’étant fait homme en Jésus, Jésus devient le Réconciliateur parfait. Alors en ouvrant nos cœurs à Jésus, nous accueillons le Réconciliateur dans nos vies, dans nos relations. Comment laissons-nous Jésus renouveler nos relations marquées par le péché, nos limites ? Celui qui restaure notre relation avec Dieu, ne peut-il pas non plus restaurer les relations des hommes entre eux ? Avec Dieu, tout peut être restauré, renouvelé. En ce jour de Noël, redécouvrons que nos relations ne sont pas à vivre que sur un plan humain, mais aussi en Dieu. Laissons Jésus venir guérir nos relations parfois compliquées, abîmées, marquées par la rancœur, l’indifférence, les négligences. C’est ainsi qu’Il nous apporte la paix et qu’Il renouvelle toute chose.


Enfin, l’Évangile du jour nous redit le cadeau que Dieu nous fait à Noël en son Fils Jésus : c’est que nous devenons fils de Dieu. St Jean est clair : « Mais à tous ceux qui l’ont reçu, Il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu ». Devenir enfant de Dieu est la conséquence directe de la Nativité de Jésus et de la Réconciliation qu’Il est venu nous offrir. Dieu devient ainsi non plus seulement notre créateur, mais aussi notre Père. Nous communions à la nature divine par participation. Telle est l’identité profonde du chrétien : c’est un disciple de Jésus qui croit que Jésus est le Fils de Dieu venu nous sauver à travers sa naissance, sa mort et sa Résurrection. Aujourd’hui, on réduit trop souvent le chrétien à un homme bon, miséricordieux, charitable, bienveillant. Oui, bien sûr, tout cela est juste, mais incomplet. Il faut cependant rappeler que cela n’a rien de spécifique au chrétien : tout homme est appelé à faire le bien et à éviter le mal. Mais la relation première à Dieu, notre filiation divine donnée par le baptême, fait souvent défaut. Elle s’est manifestée dernièrement lors des protestations de fidèles réclamant le droit de participer à la messe. Était-ce une manifestation de catholiques ultras comme on aime à le dire aujourd’hui, dès qu’on pense différemment du monde ? Était-ce une manifestation de catholiques traditionnalistes ou intégristes ? Non, pas du tout. C’était simplement dans le fond des catholiques de base qui réclamaient de pouvoir nourrir sacramentellement leur filiation divine. Ces derniers mois nous ont montré qu’il devient difficile pour les chrétiens de tenir tête à une société qui ne prête attention qu’à la violence ou à ce qui touche aux intérêts économiques. Il est urgent que les chrétiens, aujourd’hui devenus une minorité, se regroupent et se forment, qu’ils connaissent et acceptent les affirmations de la foi et qu’ils ne laissent pas le message du Christ être caricaturé, récupéré ou tronqué. Notre monde a besoin de Dieu ; plus que jamais, il a besoin de Sa Lumière pour nous éclairer, éclairer nos consciences, nos actions, nos vies, pour accueillir le salut.


Frères et sœurs, soyons porteurs autour de nous de la Bonne Nouvelle que nous fêtons en ce jour. N’ayons pas peur, car une protection nous est donnée à Noël : celle d’un amour infini qui vient du Ciel, qui abolit toute distance. Dans ce contexte de distance et de distanciation, gardons-nous de regarder l’autre comme un danger potentiel ; soyons des cas contacts de l’Amour de Dieu auprès de ceux qui sont isolés, abandonnés ou repliés dans la peur. Soyons une petite étoile supplémentaire dans l’obscurité de notre monde qui fera reculer la nuit jusqu’à ce que se lève le nouveau soleil du matin. Amen !

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