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  • Paroisse Saint Louis

Homélie de la Messe de la Nuit de Noël


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Messe de la Nuit de Noël

« Aujourd’hui vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. »

Chers frères et sœurs,


Ce soir, nous sommes heureux, car Noël a été sauvé ! Quelle chance ! Notre monde a sauvé Noël ! Merci notre monde ! Pourtant, lorsque nous écoutons ceux qui disent cela, il apparaît que nous ne parlons pas forcément du même Noël. En écoutant bien, on comprend que le Noël des achats, des cadeaux, des dépenses, le Noël du commerce a été sauvé. Le Noël des familles est limité, quant au Noël religieux, il est quasi inexistant. Pour ceux qui vivent religieusement la fête de Noël, le malaise surgit quand nous réfléchissons à ce Noël sauvé…car, tout est inversé, sous les apparences de la charité, qui est certainement sincère chez un certain nombre de personnes. Le malaise profond c’est que ce n’est pas nous qui sauvons Noël, et qui plus est, un Noël consumériste, mais c’est Noël qui nous sauve. En remettant les choses à l’endroit, on se rend compte que derrière cette inversion, l’homme se met une nouvelle fois à la place de Dieu. Bientôt l’homme sauvera Dieu !

La parole de l’Évangile « Elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune » résonne d’une manière particulière ce soir à nos oreilles. Pas de place pour Dieu ; pas de place pour le Sauveur ! Il nous revient ces situations ambigües que nous avons vécues au moins à deux reprises cette année : plus d’accès au culte ! Pas de place pour Dieu, au moins lors du premier confinement, dans la patrie qui revendique haut et fort le droit à la liberté de culte. Bien sûr, c’est le sacrifice charitable que nous étions tous appelés à offrir pour nous sauver les uns les autres…mais c’est la première fois que lors d’une épidémie, on interdit le culte public rendu à Celui qui nous offre le Salut et la Vie ! Situation irréaliste ! Et je passe sur les mourants qui n’ont pu avoir un prêtre à leur côté lors des confinements, alors même qu’ils le demandaient pour le salut de leur âme ou pour atténuer la peur et l’angoisse de la mort seuls ! Les crises qui ont toujours été dans l’Histoire Sainte des occasions de revenir à Dieu, ont été pour les chrétiens l’occasion de se battre pour avoir le droit d’aller à Dieu ! Pas de place pour Dieu dans la maison commune !

Alors frères et sœurs, ce n’est pas glorieux ! Mais mon propos n’est pas d’accuser tel ou tel. La plupart des dirigeants ont souhaité bien faire, ou faire pour le mieux. Mon propos est de montrer que l’on pense à l’envers et que l’on pense à l’envers quand Dieu n’est plus accueilli et que l’homme devient sa propre référence. Mais la réalité est là : il n’y avait pas de place pour l’Enfant Dieu il y a 2000 ans ; il en est de même aujourd’hui. Les portes fermées de Bethléem annonçaient déjà que bien des cœurs se fermeront. Mais finalement, notre période n’est pas pire qu’il y a 2000 ans, et je dirais même, la Bonne Nouvelle de Noël réside précisément en ceci : rien n’empêche Dieu de nous rejoindre. Voilà la Bonne Nouvelle par excellence de cette nuit de Noël ! Il n’y a plus de place dans notre monde pour le Sauveur ? alors pourquoi nos cœurs ne deviendraient-ils pas sa crèche ? Ouvrons-Lui résolument la porte. Notre monde a besoin de témoins authentiques et cohérents du Christ, témoins de l’amour de Dieu. Il en sera ainsi si Dieu est accueilli chez nous. La perspective de la non contamination par le virus ainsi que les recherches pour le traitement ou le vaccin ont réduit notre perspective du salut à une dimension essentiellement humaine, corporelle et physique. Bien sûr, nous pouvons le demander au Seigneur. Mais notre cœur serait bien étroit à n’attendre que cela ! Le Salut apporté par Jésus est d’une toute autre ampleur. Il ne sauve pas le corps pour une courte durée, mais il sauve l’âme pour l’éternité. Nous sommes parfois aujourd’hui très attentifs à la santé de notre corps alors que parfois, sans que cela ne nous préoccupe outre mesure, nous laissons les péchés les plus laids habiter notre âme : toutes les désobéissances aux commandements de Dieu, les rancoeurs sans fin, les mensonges les plus grossiers, les plaisirs les plus vains, les indifférences devant notre prochain, les négligences de notre devoir, voilà tout ce dont Jésus est venu nous sauver. Le souci d’éviter le péché doit être plus grand que celui d’éviter le COVID !

Notre monde va mal parce que Dieu est cantonné à la porte de nos cœurs. En accueillant Dieu dans nos vies, nous accueillons son regard sur chacune de nos vies et sur notre humanité appelée à participer à la divinité. Dans ce monde de la distance et de la distanciation, à Noël, c’est au contraire le contact avec Dieu qui nous sauve. Ce Noël nous invite à considérer les distances qui tuent, les contacts qui sauvent. La distance qui tue l’âme, c’est l’homme séparé de Dieu ; le contact qui sauve, c’est l’âme réconciliée avec Dieu. Au cours de la nuit la plus longue de l’année, Dieu rejoint l’homme dans ses ténèbres, et, dans la pauvreté d’une crèche, comble l’homme des richesses de son Amour. Faisons-en sorte que nos proches, nos familles, les Français, deviennent des cas contacts de l’Amour divin : ils ne seront pas appelés par la SECU leur enjoignant de se rapprocher du laboratoire, mais ils entendront peut-être une petite voix intérieure les appeler à s’approcher à leur tour de la crèche pour y adorer le seul en mesure de nous apporter la guérison et le salut. Amen !

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