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Homélie de la Messe de la Nuit de Noël


« Aujourd’hui vous est né un Sauveur, c’est le Christ, le Seigneur ! »


Chers frères et sœurs,


Nous nous retrouvons en cette nuit pour fêter la nativité du Fils de Dieu. Ce soir, tant de personnes vont vivre Noël ou bien dans une abondance de nourriture et de cadeaux ou bien dans une réelle pauvreté et solitude. Peu nombreux sont aujourd’hui ceux qui vont construire et vivre leur fête de Noël autour des messes de la Nativité, qui pourtant, nous redonnent le vrai sens de Noël : Dieu naît parmi nous et sollicite notre accueil.

Deux fois dans l’année, nous nous retrouvons dans la nuit : à Noël et à Pâques. C’est dans la nuit que le Seigneur accomplit ses plus grandes œuvres, lorsque l’homme ne maîtrise pas, lorsqu’il ne voit pas clair. Mais c’est aussi lorsque l’homme est seul, perdu, que Dieu vient le rejoindre. La fête de Noël nous redit que toute nuit est destinée à être éclairée et habitée par Dieu.

Ce soir, en naissant parmi nous, Dieu se donne à nous ; Il s’abandonne aux mains des hommes. Beaucoup de choses sont dites par sa naissance. Il ne s’impose pas, mais se fait mendiant. Il sollicite notre hospitalité. Alors que bon nombre de nos contemporains se font une fausse image de Dieu ou s’enferment dans une dépréciation culpabilisante à cause de leur péché et de ce fait préfèrent s’éloigner de Dieu, Dieu nous rejoint en se faisant petit ; Il vient sous les traits d’un enfant. Quelle délicatesse pour celui qui est souvent vu comme une menace pour l’homme ! Dieu ne peut pas se faire plus petit.

Son don ne s’impose pas, mais demande à être accueilli. Avec la naissance de Jésus commence un grand pèlerinage dont les bergers prendront la tête. Ils quittent leur lieu de veille nocturne, ils quittent leur brebis pour se rendre à la crèche auprès de Jésus. Ils quittent les ténèbres de leurs misères pour se laisser baigner de la vraie Lumière. Ce pèlerinage se poursuit et bientôt arriveront des Mages. Puis les Évangiles relateront toutes ces marches vers Jésus et nous permettront nous aussi de marcher vers Lui. A nouveau ce soir, nous est donné d’entendre cette Bonne Nouvelle transmise jadis par les Anges : « Aujourd’hui vous est né un Sauveur, c’est le Christ, le Seigneur ! » Mais est-ce que nos vies sont bien orientées vers Jésus ? Sommes-nous bien en pèlerinage ? ne sommes-nous pas parfois statiques ? Est-ce que nous acceptons de quitter nos misères, nos habitudes, nos relations pour marcher vers Jésus ? Le don de Dieu est attractif : alors que nous l’accueillons dans nos vies, c’est en fait Lui qui nous accueille dans la sienne. Sommes-nous réellement attirés vers Dieu ?

Le pèlerinage intérieur est une réponse au don de Dieu. Les bergers qui ont entendu le message des Anges se mettent en route vers la crèche. Ce soir, nous qui fêtons la naissance du Fils de Dieu, demandons-nous comment nous répercutons cette annonce autour de nous : « Voici que je vous annonce une Bonne Nouvelle. Aujourd’hui vous est né un Sauveur, c’est le Christ, le Seigneur ! » Aujourd’hui, notre monde va mal ; la nature va mal ; les gens vont mal. Notre monde vit de plus en plus sans Dieu, quand ce n’est pas contre Dieu. Lorsque Dieu est toléré, IL l’est dans un espace exclusivement privé. Une conception intégriste de la laïcité a gagné un grand nombre d’organes de notre société. Les multiples abus de l’homme qui n’accepte plus de recevoir la création du Créateur, mais qui s’auto-proclame le sauveur de la création introduisent un désordre profond dans notre monde et notre société. Il est paradoxal de vouloir un respect de la nature et de la création quand on passe son temps à s’affranchir de Dieu, à se mettre à la place de Dieu, décidant de ce qui est bien, de ce qui est mal, de l’origine de la vie ou de son terme, ou de sa transmission. L’égoïsme de l’homme et son désir de toute puissance ont pris le pas sur la Création qui nous est donnée et confiée. Quant à notre société, nous voyons malheureusement que l’on monte les uns contre les autres les hommes selon des catégories : pauvres, riches ; retraités, travailleurs ; jeunes, vieux ; grévistes, non grévistes etc…La foi chrétienne porte en elle-même un principe de cohésion et d’unité, un principe de communion. C’est dans ce monde-ci que nous sommes appelés à faire retentir le message des Anges : « Voici que je vous annonce une Bonne Nouvelle. Aujourd’hui vous est né un Sauveur, c’est le Christ, le Seigneur ! »

Nous qui ce soir célébrons la naissance du Fils de Dieu sous les traits d’un Nouveau-Né, nous qui adorons cette vie toute fragile et dépendante, nous qui voyons le Fils de Dieu vouloir avoir un papa et une maman, témoignons avec charité de notre foi en ce que Dieu a fait et révélé qui est bon pour l’homme. La venue de Dieu chez nous n’est pas une chose qu’il faut taire et cacher. Il faut Lui en rendre grâce et l’annoncer. Dieu nous offre le salut ; offrons-Lui notre amour. Amen !

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