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  • Paroisse Saint Louis

Homélie de la fête de Saint Tugdual


Fête de Saint Tugdual

Fondateur de l’évêché de Tréguier

Mardi 1er Décembre

Chers frères et sœurs,

Ce soir, je vous remmène en Bretagne auprès du fondateur de l’évêché de Tréguier, Saint Tugdual ou encore Saint Tual ou Saint Pabu, l’un de sept saints fondateurs des évêchés bretons, prié dans le cadre du Tro Breizh, le pèlerinage des 7 saints fondateurs de la Bretagne catholique.


Saint Tugdual, dont le nom signifie, homme valeureux en vieux breton, est issu d’une famille royale comme St Maudez fêté dernièrement. Il est le neveu du Roi Riwal qui règne sur la Domnonée, la Domnonée étant le royaume nord de l’Armorique qui s’étend du Couesnon jusqu’au Finistère. À l’époque, il y a beaucoup d’échanges entre la Bretagne insulaire (Grande-Bretagne) et l’Armorique ; notre saint nait donc dans les dernières années du Vème siècle au Pays de Galles. Comme beaucoup d’enfants à l’époque, il est confié à un monastère chargé de son éducation pour devenir prêtre. Il va passer un certain temps de sa formation monastique en Irlande et revient vers 515, avec beaucoup de Bretons de l’époque, en Armorique où il débarquera avec sa parenté au Conquet. On sait qu’il arrive avec ses moines (il devait déjà par conséquent être Père Abbé), avec sa mère Koupaïa, sœur du Roi Riwal, sa propre sœur qui deviendra Sainte Seva. Il fonde à proximité du Conquet un monastère à Trebabu, financé par son cousin Derok, fils du Roi Riwal. Mais il n’y restera pas longtemps. Il sent un appel profond enseigner aux Bretons les vérités de la foi chrétienne. Il laisse donc son monastère à 12 de ses disciples et évangélise la Cornouaille, une partie du pays Bigouden, la région de Quimper puis traverse le Léon, puis toute la Domnonée. Il fonde tellement d’églises, de monastères, il accomplit tellement de miracles, qu’on peut le considérer comme le Grand Apôtre de la Basse Bretagne.

Parmi ses confrères avec qui il travaillera, on connaît Laouennan, patron de Treflaouenna dans le Léon, Saint Guirec, patron de Perros-Guirrec et de Locquirec.


Afin de protéger ses monastères, il va chercher le secours de Saint Aubin, évêque d’Angers et du Roi Childebert qui l’aurait convaincu d’accepter l’épiscopat en 532. L’histoire rapporte que lors de son entrevue avec le Roi Childebert, une colombe se posa sur son épaule, ce qui fit dire au Roi qu’il était en présence d’un saint homme. Sa famille lui ayant fait don d’une terre entre le Guindy et le Jaudy, il va fonder le monastère de Tréguier vers 550. Il meurt vers 564 et son corps est enterré dans l’église de son monastère à Tréguier. Devant les incursions et pillages normands, ses reliques seront emportées à Laval, puis à Chartres, avant de revenir à Tréguier où elles ont pu être sauvées des Révolutionnaires.


Religieux, moine, devenu Père Abbé, il acceptera l’épiscopat. Les textes choisis par l’Église pour sa fête évoquent le souci de la charge pastorale : veiller sur le troupeau, le rassembler dans l’unité, le défendre contre les attaques du démon, donner sa vie pour ses brebis.


À nouveau, avec St Tugdual, nous retrouvons comme chez St Iltud, St Maudez, le désir de faire connaître Dieu aux peuples et le désir profond de s’éloigner du monde pour se consacrer à la prière. Ces hommes, tous religieux, moines, sont pour la plupart devenus des pasteurs qui ont évangélisé nos terres et nos peuples. Pour beaucoup, ils sont devenus fondateurs d’évêchés ou saints patrons d’une ou plusieurs paroisses.

À plus de 16 siècles d’écart, ce qui frappe, c’est la fécondité de leur apostolat. Leur vie nous redit deux choses importantes pour aujourd’hui : la première, c’est qu’on attend des pasteurs (prêtres, évêques) qu’ils soient des hommes de Dieu, de prière, des Pères (la plupart ont été des Pères Abbés) avant d’être des administrateurs. La deuxième c’est qu’ils se sont donnés au monde tout en sachant prendre de la distance avec le monde et ses manières. Depuis plusieurs décennies, on a l’impression que l’Église en crise de transmission, ne sachant plus trop comment être missionnaire aujourd’hui, ne gérant que des effectifs en chute libre (baptême, catéchisme, mariage, pratiquants) court après le monde cherchant à montrer la convergence de son message avec le monde. Le témoignage de nos saints abbés-évêques nous montre l’inverse. Pour être à Dieu, pour pouvoir donner Dieu aux autres, il faut pouvoir avoir une juste distance avec le monde et il faut pouvoir se mettre en retrait du monde. Beau programme en ce temps de l’Avent.


Prions pour nos pasteurs, qu’ils demeurent des hommes de Dieu, qu’ils deviennent des Pères. Amen !

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