Rechercher
  • Paroisse Saint Louis

Homélie de la fête de Saint Maudez


+

Fête de Saint Maudez

Frères et sœurs,

Dans ses mémoires facultatives, l’Église nous permet aujourd’hui de prier St Maudez, un de ses saints les plus populaires de Bretagne, après St Yves, dont la renommée arriva jusqu’en région parisienne, puisque ses reliques, dispersées en raison des raids normands, arrivèrent dans ce qui deviendra Saint Mandez dans le Val de Marne.


Saint Maudez est originaire d’Irlande. Il naquit dans la 2ème moitié du Vème siècle. Fils d’un roi irlandais, il est promis à prendre la suite de son père. Comme cela se faisait beaucoup en Irlande à l’époque, il est confié à l’âge de 7 ans à un monastère, chargé de son éducation tant humaine que culturelle et spirituelle. Il est ordonné prêtre à l’âge de 25 ans ; sa famille veut qu’il devienne roi, mais, à travers un miracle, le Seigneur montre à tous qu’il n’est pas fait pour vivre dans le monde. La peste qui arrivé en Irlande à cette époque va emporter ses parents, ses frères et sœurs : seul survivant, il embarque avec deux amis St Tudi et St Botmaël sur un petit bateau pour là où le Seigneur voudra et il accoste en Bretagne armoricaine. Il vivra un certain temps au Yaudet (aujourd’hui paroisse de Ploulec’h dans les Côtes d’Armor) avec St Tugdual, disciple de St Iltud dont j’ai parlé l’autre fois, St Tugdual, fondateur de l’évêché de Tréguier. Comme c’est la coutume pour ces moines irlandais, il quitte cet ermitage et va en fonder un autre entre le Jaudy et le Trieux qui portera son nom Lanmodez.


Sa réputation de sainteté lui amène beaucoup de disciples qui veulent apprendre de lui le chemin du paradis, mais souhaitant entièrement se consacrer à la prière et au jeûne, il quitte son ermitage et s’établit sur une des îles de l’archipel de Bréhat qui portera désormais son nom : l’île Maudez. Là, il fonde un oratoire et une petite maison, une cellule circulaire à la manière des irlandais. Il reste aujourd’hui sur l’île des restes de sa cellule : un mur, un bout de toit. La construction s’élevait à 6 mètres de hauteur ! Il achève sa vie sur l’île et son corps est enterré sous l’église de l’époque. Il eut deux disciples promis à une haute réputation : St Tugdual, celui-là même avec qui il avait vécu au Yaudet, fondateur de ce qui deviendra le siège épiscopal de Tréguier, et St Budoc qui formera St Gwénolé, futur fondateur et Abbé de Landevennec.

C’est un topos de la littérature hagiographique, mais qui doit avoir un fondement de vérité puisque la liturgie a retenu cet aspect dans le choix des lectures pour sa fête : on rapporte que St Maudez, en arrivant sur son île dans l’archipel de Bréhat, chassa les serpents présents. On rapporta la même chose de St Paul Aurélien sur l’île de Batz. Ce fait veut surtout dire que par leur ministère et leur prédication, ces saints abbés mirent en fuite le démon. Ces hommes étaient des hommes de combat, des hommes au caractère trempé, qui n’avaient pas peur de l’aventure, mais qui aspiraient à la paix, à la solitude et à la prière.

Puisse l’exemple de leur vie nous redonner le goût de la radicalité du don à Dieu, le goût de la prière et de l’aventure. Amen !

13 vues

©2019 by Paroisse Saint Louis Pays de Vernon. Proudly created with Wix.com