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Homélie de la Fête de la Sainte Famille


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Fête de la Sainte Famille

« Tu as voulu Seigneur que la sainte famille nous sout donnée en exemple… »


Frères et sœurs,


En cette octave de Noël, la liturgie de l’Église nous invite à tourner nos regards vers la Sainte Famille, vers Joseph, Marie et Jésus. On appelle la Famille de Jésus la Sainte Famille parce que toutes les personnes qui la composent sont saintes : à commencer par Jésus, Fils de Dieu, mais aussi avec Marie qui jouit d’une sainteté particulière par la grâce de l’Immaculée Conception et enfin avec Joseph, l’homme juste et saint qui a accomplit la volonté de Dieu. Au-delà de la sainteté personnelle de ces trois personnes, qu’est-ce qui caractérise la Sainte Famille ? En quoi, est-elle un exemple pour chacun de nous ?


La première caractéristique que je retiendrais est que chacune des personnes qui la composent se reçoit de Dieu pour être donnée aux autres. Même si Marie et Joseph sont promis en mariage l’un à l’autre avant que l’Archange Gabriel n’entre en scène, Dieu les redonne l’un à l’autre, les amenant à se recevoir à nouveau de Dieu. Ainsi, l’Archange Gabriel annoncera à Marie la naissance de Jésus dans le cadre de son mariage avec Joseph. Le même Archange dira à Joseph : « Ne crains pas de prendre chez toi Marie ton Épouse, car l’Enfant qui est engendré en elle, vient de l’Esprit-Saint. » Enfin les deux, Marie et Joseph, accueilleront Celui que Dieu leur confiera. Chacune des personnes est un don de Dieu aux autres et se reçoit de Dieu. Frères et sœurs, il y a ici une donnée importante : dans une famille chrétienne, même si les époux se sont choisis par amour, ils sont invités plus profondément à se recevoir de la part de Dieu. C’est un des aspects du sacrement du mariage qui ne fait pas que consacrer l’amour de l’homme et de la femme, mais qui fait que l’homme reçoit sa femme de Dieu qui la lui confie et que la femme reçoit son mari de Dieu qui le lui confie. Aujourd’hui dans nos mentalités actuelles, on insiste beaucoup plus sur l’Amour dans la construction d’un foyer; mais dans le temps, l’Amour n’était pas toujours à la source d’un couple. L’amour naissait aussi parfois au fur et à mesure du temps parce que l’on apprenait à se recevoir de la part de Dieu. Il ne faut pas perdre de vue cette réalité surtout lorsque le couple traverse des périodes de crise ou qu’avec l’avancée en âge, la lassitude et la routine paraissent gagner le climat intérieur du couple : Dieu a donné les époux l’un à l’autre. Il faut revenir à la source de ce don qui peut renouveler intérieurement un couple.

De la même manière que les époux se reçoivent de Dieu, l’enfant se reçoit de Dieu. Sur ce point-là, toute la Bible nous enseigne cette vérité. La première lecture s’en fait l’échos avec l’annonce de la naissance d’une descendance de son sang à Abraham ; les Évangiles nous redisent, avec l’épisode des différentes Annonciations à Marie, à Joseph, cette réalité. L’Enfant est un don de Dieu. Aujourd’hui, cette réalité a tendance à être oubliée : ou bien l’enfant n’est vu que comme une personne, parfois un objet, que l’on veut ou que l’on exige, ou que l’on est en droit d’avoir, ou bien il est vu comme une charge que l’on voudrait s’épargner ou tout du moins éviter. On a d’un côté des Lois qui permettent l’obtention d’un enfant au-delà des Lois de la nature et d’un autre côté des mentalités contraceptives qui permettent d’éviter l’enfant, quand il ne s’agit pas de l’éliminer. L’enfant se reçoit de Dieu comme les époux, et il est confié aux parents.


Le fait que dans la Sainte Famille, chacune des personnes se reçoit de Dieu, confère une place particulière à Dieu au sein de la famille. Dans l’Évangile que nous venons d’entendre, il est manifeste que Joseph et Marie cherchent en tout point à faire la volonté de Dieu en se conformant aux impératifs de la Loi. D’ailleurs en fondant leur foyer, ils cherchaient également à faire la volonté de Dieu et non plus seulement la leur. Cette première remarque nous invite à réfléchir sur notre propre docilité à la volonté de Dieu : est-ce que nous cherchons nous-aussi au sein de nos familles à faire la volonté de Dieu ? Ne cherchons-nous pas plutôt à faire la nôtre ? Bien des conflits seraient aujourd’hui évités si dans les familles les uns et les autres ne cherchaient pas d’abord à faire leur volonté, avec le risque de vouloir imposer sa volonté à l’autre, mais si tous cherchaient à faire la volonté de Dieu. Il y a certainement ici un premier point de conversion auquel nous pouvons penser lors que nous disons cette demande du Notre-Père : « Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. » Chercher à faire la volonté de Dieu nous amènera à vivre dans la Foi. À ce sujet, l’auteur de la Lettre aux Hébreux prend bien le soin de nous montrer dans la deuxième lecture combien la foi a été nécessaire à Abraham, à Sarah ainsi qu’à l’accomplissement de l’œuvre de Dieu. Pour vivre dans la foi, il faut mettre Dieu en premier et cela implique une vraie relation avec Lui qui passe par la prière. Alors se pose à nous la question de la prière en famille. Une famille chrétienne est une famille où l’on prie ensemble : les parents avec les enfants, les conjoints entre eux. Dans cette prière familiale, en plus du « Merci, S’il vous plaît, pardon » (c’est-à-dire : en plus de nos actions de grâce, de nos demandes ou de nos demandes de pardons), le principal est de remettre l’autre (ou les autres) qui nous est donné dans les mains de Dieu pour le recevoir à nouveau. La prière en famille est fondamentale et très puissante : « Là où deux ou trois sont réunis en mon Nom, je suis là au milieu d’eux » nous dit Jésus. Que ceux qui n’ont pas l’habitude de prier en famille profitent de la crèche dans les maisons pour s’y exercer.

La place offerte à Dieu dans la famille, manifestée dans la prière, permettra le développement d’une fécondité importante, naturelle ou surnaturelle. Les Écritures nous enseignent que Dieu, source de toute fécondité, permet la fécondité naturelle : Abraham et Sarah nous sont donnés en exemple dans la première lecture. Mais la fécondité divine ne se limite pas à la fécondité naturelle ou biologique, elle se déploie aussi de manière surnaturelle dans l’accomplissement de l’œuvre de Dieu. À nouveau, les textes entendus ce dimanche nous éduquent : Joseph et Marie ne cherchent pas à faire des choses extraordinaires, non. C’est en accomplissement simplement leur devoir, en se conformant à la Loi, qu’ils accomplissement l’œuvre de Dieu et permettent à celle-ci de se révéler. C’est en allant au Temple pour que Marie soit purifiée, pour que Jésus soit présenté, que le vieillard Syméon et que la prophétesse Anne, vont prophétiser et annoncer la mission de Jésus. L’extra-ordinaire peut surgir de l’ordinaire, le surnaturel du naturel, parce que Joseph et Marie cherchent à faire la volonté de Dieu. C’est en mettant Dieu au centre de nos familles, que l’extra-ordinaire peut surgir de l’ordinaire de nos vies.


Voici quelques aspects qui caractérisent la Sainte Famille. Au-delà de la contemplation de ce que nous enseigne la Sainte Famille, il importe aux chrétiens d’estimer, de défendre et de promouvoir l’institution de la famille, parce que Dieu l’a consacrée en y faisant naître son Fils. Et pourtant la famille dans laquelle Jésus va naître est une famille bien particulière. Celui qui va être chargé de l’éduquer n’est pas son père biologique. Mais il va accepter la mission que Dieu lui confie d’éduquer Jésus. La naissance de Jésus dans le foyer de Joseph et de Marie nous dit deux choses : tout d’abord que Dieu nous donne le modèle le plus complet de la structure familiale, composée d’un homme et d’une femme ; mais elle nous dit aussi que Dieu peut sanctifier d’autres réalités familiales. Et il faut tenir les deux. Une vraie politique familiale que les chrétiens sont en droit d’exiger doit tenir compte de ces deux réalités. Or depuis plusieurs décennies, on assiste surtout à l’accompagnement de nouvelles formes de structures familiales, les mettant au même niveau que la structure familiale traditionnelle qui, elle, se sent abandonnée dans le soutien et les aides qu’elle est en droit de recevoir. Les chrétiens doivent être convaincus du modèle familial promu par l’Église et ils doivent l’estimer, le défendre et le promouvoir car il est celui qui est conforme au droit naturel et orienté vers le bien commun et non vers des biens particuliers. Ceci-dit, le soutien et la promotion du modèle familial traditionnel ne doit pas laisser de côté les personnes qui sont dans d’autres situations familiales (monoparentales, familles recomposées) : Dieu se rend présent à chacun et il appartient aux chrétiens de le manifester.


Frères et sœurs, en ce dimanche de la Sainte Famille, confions à l’Enfant Jésus chacune de nos familles : celles qui sont heureuses, celles qui connaissent des difficultés, celles qui sont désunies ou déchirées. Prions pour que dans les jeunes générations qui composent l’Église, des chrétiens se lèvent et s’engagent pour montrer et faire aimer la famille telle que Dieu nous l’a consacré à travers la naissance de son Fils. Amen !

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