Rechercher
  • Paroisse Saint Louis

Homélie de la Fête de la Sainte Famille


+

Fête de la Sainte Famille


Frères et Sœurs,

Aujourd’hui nous prolongeons la Fête de la Nativité du Fils de Dieu en contemplant la famille dans laquelle Dieu a voulu naître. La naissance de Jésus dans une famille d’Israël est voulue par Dieu. Dieu, qui est tout-puissant, aurait pu procéder différemment. Mais il n’en a pas été ainsi. Il en va comme pour l’Institution de l’Eucharistie par Jésus. L’Institution de l’Eucharistie aurait pu ne pas avoir lieu au soir du Jeudi Saint, cela ne changeait rien au mystère pascal. Mais, il n’en a pas été ainsi. Donc, à travers ces faits, ces actes, Dieu nous dit quelque chose. Que nous dit-Il ?

Le premier enseignement que l’on peut en tirer est qu’en naissant dans une famille, Dieu sanctifie la famille et en fait un modèle. Il nous révèle ainsi que la meilleure cellule, la meilleure structure, pour aimer et pour accueillir la vie est la famille composée d’un homme et d’une femme. C’est dans cette structure que Dieu a voulu naître. Nous pouvons même aller plus loin. Les Écritures ne disent pas grand-chose de Joseph, si ce n’est qu’il est le protecteur de la Sainte Famille, comme nous le voyons dans l’Évangile du jour. On ne sait pas par conséquent à partir de quand il disparaitra ; mais on sait qu’il vivra suffisamment longtemps pour apprendre un métier à Jésus et l’on sait que, suite à sa mort, Jésus connaîtra la situation d’une famille éprouvée par le deuil. On peut dire avec un certain sourire que Jésus va sanctifier aussi bien un modèle familial traditionnel (homme-femme) qu’un modèle monoparental (après la mort de Joseph). Il est bon de rappeler aux baptisés qui ont pour mission de s’engager en politique pour défendre et promouvoir les valeurs de l’Évangile, que s’il est louable d’aider les familles en difficulté, il ne faut pas oublier de travailler à la solidification de la structure familiale naturelle qui, elle aussi connaît des difficultés, des épreuves, et qui, aujourd’hui, devient minoritaire et est délaissée dans notre monde actuel.

En quoi la Sainte Famille est-elle pour nous un exemple ? Eh bien, je dirais, parce que chacun se reçoit de Dieu. Vous savez, on entend souvent cette phrase : « Ses amis, on les choisit ; sa famille pas. » D’ailleurs bien souvent, derrière cette maxime se cache l’idée qu’on subit sa famille. Dans la Sainte Famille, c’est encore différent. On ne peut pas dire qu’on ne choisit pas sa famille. On la reçoit de Dieu. Chacun est un don de Dieu pour l’autre et pour les autres. Marie est donnée en mariage à Joseph. Joseph est donné à Marie. Jésus est donné par Dieu à Joseph et Marie, et à travers eux à Israël et aux nations. Dans la Sainte Famille, personne ne s’approprie l’autre ; personne ne met la main sur l’autre ; tous se reçoivent de Dieu. Alors, regardons un peu dans nos familles. Est-ce que nous considérons les autres comme un don de Dieu ? Vous les couples ici présents, comment vous regardez-vous ? Regardez-vous l’autre comme celui que vous aimez, que vous avez choisi ? ou bien comme celui ou celle que Dieu vous a donné ? Parfois, de reprendre conscience que nous sommes les uns les autres des dons de Dieu aux autres permet de dégonfler bien des problèmes. Il en va de même pour les enfants. Comment regardez-vous vos enfants ? Comme le produit de votre amour ? ou comme un don de Dieu ? Cette perspective a bien des incidences sur le devenir des enfants. Par exemple, est-ce que j’accepte qu’ils prennent telle ou telle orientation plutôt que celle que je pensais être le mieux pour lui ou pour elle ? Est-ce que j’accepte qu’il ou elle rencontre une femme ou un homme qui ne correspond pas forcément à ce que j’aurais pensé ?

Dans cette perspective, il me parait très important et même fondamental de redire haut et fort que l’enfant est un don de Dieu, que l’on reçoit de Dieu, que l’on accueille et non un objet que l’on réclame ou que l’on exige. Dans notre société paradoxale, nous passons d’un extrême à un autre. Nous passons de l’Enfant Roi et à l’Enfant Droit ! A nouveau de graves menaces pèsent non seulement sur l’institution familiale, mais surtout sur l’enfant et sa liberté fondamentale. Un enfant se reçoit ; il ne se commande pas. Un enfant est appelé à exister pour lui-même et non pour ses parents ou pour ses acheteurs ! Les funestes lois bioéthiques qui se réfléchissent asservissent les enfants au rang d’objet, tout en instituant de plus dans la Loi la disparition du Père ! Cette dernière idéologie est contraire non seulement à l’ordre naturel des choses, mais aussi à ce que Dieu a réalisé : qui, mieux que Jésus, peut nous dire que l’Enfant est un don de Dieu et que l’enfant a besoin d’un papa et d’une maman ? La loi ne peut permettre ce que la nature ne permet pas !

Je terminerai cette méditation sur la Sainte Famille par une autre caractéristique : c’est que, accueillant Dieu en elle-même, la sainte famille grandit aussi selon la fécondité divine. Lorsqu’une famille se reçoit de Dieu, lorsqu’elle laisse toute sa place à Dieu, alors elle s’ouvre aussi à une fécondité surnaturelle, à une fécondité spirituelle, qui dépasse la simple fécondité biologique. C’est le Trésor qu’apporte Dieu à toutes les familles, mais qu’assez peu de familles finalement exploitent ou vivent. La fécondité surnaturelle de la famille de Joseph et de Marie s’ouvre naturellement sur l’Église. Enfin, Jésus va ouvrir ses parents à cette fécondité qui dépasse les liens du sang. La fécondité surnaturelle des familles chrétiennes s’ouvre elle aussi naturellement sur l’Église, enfin normalement. C’est le signe qu’il s’agit justement d’une fécondité surnaturelle.

Prions frères et sœurs en ce dimanche pour toutes les familles qui essayent de vivre le mieux possible l’idéal chrétien, quelles que soient leur structure. Prions pour que les familles chrétiennes approfondissent leur origine en Dieu, pour qu’elles apprennent à laisser davantage de place à Dieu en leur sein, et pour qu’elles s’ouvrent à une véritable fécondité divine. Et prions pour que tous les législateurs, et en particulier tous les législateurs chrétiens, aient le courage de voter selon leur conviction profonde en demeurant fidèle à l’Évangile et à l’enseignement de l’Église. Amen !

0 vue

©2019 by Paroisse Saint Louis Pays de Vernon. Proudly created with Wix.com