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Homélie de la Fête de la conversion de Saint Paul

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Fête de la conversion de St Paul

Clôture de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens

Samedi 25 janvier 2020


Frères et sœurs,

Il se trouve que nous fêtons aujourd’hui la conversion de St Paul et que nous achevons la semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Ce n’est pas un hasard si la semaine de prière pour l’unité des chrétiens s’achève sur la fête de conversion de St Paul. Cela nous redit que la question de l’unité est profondément liée à la question de la conversion et qu’elle est une œuvre de réconciliation. En effet, lorsque Jésus est venu sur terre, il n’a institué qu’une seule église. Aujourd’hui, nous nous retrouvons avec plusieurs églises, plusieurs confessions chrétiennes au sein de la même religion chrétienne. Jésus n’a pas fondé plusieurs églises, mais une. Le travail de l’unité des chrétiens doit donc être une œuvre de réconciliation suite aux différentes divisions qui ont abîmé l’unique Eglise du Christ.

Il y a au moins un point commun entre la conversion de St Paul et la question de l’unité. C’est que tous deux sont l’œuvre de Dieu. C’est Dieu qui terrasse Saul sur le chemin de Damas, qui met à mort le vieil homme pour relever un homme nouveau, qui verra d’une manière nouvelle le monde et ses créatures. Saul terrassé est marqué par la mort. Il est aveuglé par la lumière parfaite de Dieu, il perd ses repères, il devient dépendant. Et recouvrant la vue, il est conduit par un homme religieux, Ananie, à recevoir le baptême. Il passe de la mort à la vie, de l’homme ancien à l’homme nouveau. C’est la puissance du Ressuscité qui le terrasse puis le convertit.

De même, la question de l’unité est, il ne faut pas l’oublier, le fruit de l’œuvre de Dieu. C’est Dieu qui est l’origine de l’unité, principe d’unité, Lui qui est UN en trois personnes. Il ne faut pas penser l’unité à partir de nous, mais à partir de Dieu. Nous n’en sommes pas à l’origine, même si nous sommes appelés à y collaborer. Ceci dit, ce qui est vrai, c’est que nous avons la faculté de la favoriser ou de la bloquer. Et c’est à cette place que nous pouvons intervenir et que nous devons travailler. La conversion de St Paul nous redit que rien n’est impossible à Dieu. Donc, l’unité n’est pas non plus impossible.

Aujourd’hui, une conception pas très juste de l’unité se répand, parfois même au sein de l’Église, conception qui consiste à ne penser l’unité que selon des principes et des critères humains, ce qui constitue une impasse. L’unité ne peut se réduire qu’au seul dénominateur commun de ce que nous partageons. Certes, ce qui nous rassemble, ce que nous partageons en commun est premier, mais pas suffisant. L’unité se construit aussi sur l’acceptation des différences des autres. C’est dans le refus de cette acceptation que se trouve la source du véritable intégrisme. Le véritable intégrisme réside dans l’absolutisation de points de vus personnels que l’on impose aux autres, contestant et niant de ce fait la différence qu’apporte l’autre. Un couple qui ne construirait son unité que sur ce qu’il partage en commun sera un couple en danger et fragile. L’unité de l’Eglise ou d’une paroisse est en danger lorsqu’elle n’est construite qu’à partir de ce sur quoi tout le monde est d’accord en excluant ce qui ne plaira pas à tel ou tel. Dans de tels cas, l’unité n’est pas vraie. L’unité vient de Dieu et appelle une nécessaire diversité.

Un deuxième écueil vient abîmer l’unité : c’est la réalité de notre péché qui vient altérer, parfois briser, notre communion personnelle avec Jésus, qui, elle, réalise notre communion ecclésiale. Travailler à l’unité appelle une attitude de conversion par rapport à son propre péché. Quelle pratique avons-nous du sacrement de la confession ? L’unité est aussi une œuvre de réconciliation au risque de n’en rester qu’à une conception utopique ou idéologique. Posons-nous encore ce matin cette question : comment est-ce que nous vivons cette dimension de réconciliation au sein de notre paroisse ? Est-ce que nous savons demander pardon lorsqu’il y a eu des blessures, des paroles blessantes ou déplacées de prononcées ? Est-ce que nous demandons dans notre prière de progresser dans l’estime de ceux que nous avons du mal à apprécier ? Est-ce que nous avons une attitude humble qui permet d’éviter que nous prenions nos propres projets, nos propres points de vue, pour la norme de ce qu’il faut penser, dire ou faire ?

Enfin, je souhaiterais terminer cette méditation sur un principe de réalité. Vous comprenez bien qu’il sera difficile d’œuvrer à l’unité des chrétiens, si déjà au sein de notre Église, nous ne sommes pas dans l’unité. Et, il nous sera difficile d’être unis dans l’Église, si déjà dans nos paroisses nous ne le sommes pas. La question de l’unité commence d’abord par là où nous sommes et en premier lieu par notre cœur. Si une paroisse vit dans la communion, dans le respect des uns et des autres, qui ne pensent pas pareil, qui ne prient pas de la même manière, alors non seulement tout le monde trouvera sa place, mais aussi la paroisse deviendra attractive, et on aura envie d’y venir, de la rejoindre.

Tout cela est certainement plus facile à dire qu’à faire…Demandons au Seigneur, par l’intercession de St Paul dont nous fêtons aujourd’hui la conversion, qu’Il nous aide à nous convertir toujours davantage pour que le Christ vive toujours plus en nous. Puisse notre communion avec le Christ, notre communion ecclésiale, devenir un signe éloquent et crédible de notre foi. Amen !

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