Rechercher
  • Paroisse Saint Louis

Homélie du 24 mars



+

3ème Dimanche de Carême


Frères et sœurs,

D’ordinaire, en temps de Carême, nous méditons sur le sens du carême, sur son origine, sur ce qu’il nous apporte et nous puisons des forces pour nourrir et soutenir notre conversion. Pour une fois, je voudrais vous proposer d’inverser les choses et de partir de Dieu, de ce que fait Dieu. Les textes que nous méditons ce dimanche nous révèlent 3 aspects de la miséricorde de Dieu. Nous voyons que Dieu a pitié de notre souffrance ; nous voyons qu’Il entre dans notre histoire et qu’Il agit et nous voyons qu’Il nous laisse le temps de nous convertir. Je voudrais vous proposer de méditer sur chacune de ces expressions de la miséricorde de Dieu.

Dieu a pitié de notre souffrance. Le livre de l’Exode le redit à plusieurs reprises : « J’ai vu, oui, j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Egypte et j’ai entendu ses cris sous les coups des surveillants. » La compassion de Dieu n’est pas réservée seulement au Peuple Hébreu. Le Seigneur voit aussi et connait notre souffrance. Si chaque personne qui souffre et se croit abandonnée de Dieu ou doute de l’intérêt que Dieu lui porte, pouva it avoir conscience que Dieu souffre de sa souffrance, alors l’espérance renaîtrait ! Profitons de ce temps du Carême pour découvrir que Dieu ne reste pas insensible à notre souffrance, à nos malheurs. Trop souvent Dieu est pensé comme indifférent, infiniment distant : tel n’est pas le Dieu auquel nous croyons. Puissions-nous corriger et purifier nos visions de Dieu.

Le deuxième aspect de la miséricorde de Dieu, c’est qu’Il entre dans notre histoire et qu’Il va agir en vue de notre bien. A nouveau le livre de l’Exode nous le dit : « Je suis descendu pour le délivrer de la main des Egyptiens. » Cet agir de Dieu qui entre dans notre histoire, dans notre temps, nous le confessons tous les dimanches dans le Credo lorsque nous affirmons : « Pour nous les hommes et pour notre salut, Il descendit du ciel. » Nous pouvons distinguer plusieurs modes d’action de Dieu dans notre vie. Le premier mode consiste dans le fait que Dieu EST. Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire qu’Il est pleinement présent, partout en tout, sauf là où il est refusé. C’est le sens du Nom que Dieu révèle à Moïse : « Je suis qui je suis. » Nous avons une conversion à vivre lorsque par exemple, pris dans des difficultés, nous souhaiterions que Dieu agisse. Tout d’abord, nous devons penser qu’Il EST là, et par conséquent nous devrions nous ouvrir à sa présence. Dieu nous précède toujours.

Le deuxième mode d’action de Dieu réside dans le fait qu’Il agit à travers les événements du monde, dans nos rencontres, dans nos épreuves, dans notre histoire. Une nouvelle fois, nous sommes appelés à convertir notre vision de Dieu et de son agir. Trop souvent, nous voudrions que Dieu agisse de manière immédiate, miraculeuse presque, mettant sa toute-puissance au service de nos désirs. Mais le mode ordinaire d’action de Dieu réside dans l’enchaînement, l’enchevêtrement pourrions-nous dire, des libertés des uns et des autres. C’est à travers nos libertés, nos pauvretés, malgré notre péché, à travers nos qualités aussi que Dieu trace son chemin parmi nous et nous conduit. Heureusement que Dieu n’attend pas la perfection pour nous conduire !

Le troisième aspect de la miséricorde de Dieu à notre endroit réside dans le fait que Dieu nous laisse le temps de la conversion. Sa patience est l’expression de sa miséricorde. C’est un des sens que l’on peut donner à la parabole du figuier qui ne porte pas de fruit. Deux logiques s’opposent. Une logique utilitariste : « Coupe-le ! A quoi bon le laisser épuiser le sol ! » Et une logique de miséricorde et de patience : « Laisse-le encore cette année. Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir ! » La réaction du vigneron, la 2ème réaction, est l’image de celle de Dieu qui patiente, qui essaye par ses moyens de nous faire porter du fruit. Frères et sœurs, le Carême est le temps propice à la conversion. Il nous permet de méditer sur la patience de Dieu, sur l’expression de sa miséricorde à notre endroit. Laissons-nous toucher par la miséricorde de Dieu qui souffre de notre souffrance, qui entre dans notre vie, dans notre temps pour agir en vue de notre Bien ; rendons-lui grâce pour la patience dont il fait usage à notre endroit, et ne passons pas à côté du sacrement de la miséricorde, proposé en ce temps de Carême, pour purifier et préparer notre cœur à la fête de Pâques, fête du triomphe de l’Amour sur le mal et la mort. Amen !

0 vue

©2019 by Paroisse Saint Louis Pays de Vernon. Proudly created with Wix.com